Nantes, autopsie d'un terrible fiasco

Les 27 et 30 mai prochains, le FC Nantes va jouer sa survie en Ligue 1 Uber Eats lors des traditionnels barrages. Opposés à Toulouse, les Canaris vont devoir gérer au mieux ces matches de la peur et éviter une relégation en deuxième division. Ce qui serait le coup de grâce pour des Nantais qui ont vécu une année dramatique.

Waldemar Kita avant un match du FC Nantes
Waldemar Kita avant un match du FC Nantes ©Maxppp
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Le patient nantais est en salle d'attente. Entre la Ligue 1 Uber Eats et la Ligue 2 BKT, les Canaris retiennent leur souffle avant de jouer leur survie les 27 et 30 mai prochains lors des barrages face à Toulouse. Des matches de la peur qui viendront conclure une saison 2020-21 terrible pour les pensionnaires de la Beaujoire. Une de plus pour des supporters qui, malgré leur bonne volonté, sont clairement déçus et désabusés par la gestion du clan Kita et les résultats sportifs. Pourtant, comme à chaque début de saison, l'espoir était encore présent chez certains. L'exercice commençait par un nul à Bordeaux (0-0) puis un succès face à Nîmes (2-1).

L'erreur de casting Domenech

Ensuite, les choses ont commencé à se gâter pour des Canaris dirigés à l'époque par Christian Gourcuff. En effet, ils ont enchaîné une série de mauvais résultats. Et le 8 décembre dernier, Nantes officialisait son départ après treize journées et un terrible bilan de 3 victoires, 4 nuls et 6 défaites (14ème place au classement). Le dernier revers contre Strasbourg (6 décembre, 0-4) lui avait été fatal. Dans la foulée, Patrick Collot avait assuré l'intérim jusqu'à la trêve. Là aussi, le bilan n'a pas été fameux avec deux nuls et deux défaites. Quinzième du championnat, l'écurie française voulait repartir du bon pied en 2021.

Plusieurs entraîneurs étaient donc approchés pour relancer la machine nantaise à l'image de Laurent Blanc, Patrick Vieira, Sabri Lamouchi et Franck Passi. Mais Waldemar et Franck Kita optaient pour une piste osée et surprenante. En effet, ils décidaient de miser sur Raymond Domenech, qui reprenait donc du service le 26 décembre dernier lui qui n'avait plus entraîné depuis son expérience en équipe de France. Un choix qui n'a pas du tout fait l'unanimité auprès des supporters. Lassés voire agacés, ces derniers matérialisaient leur mécontentement en perturbant le premier entraînement de Domenech à la Jonelière le 30 décembre.

Le "Kita Circus" continue

Avec ironie, les fans dénonçaient le "Kita Circus" le tout avec une musique de cirque. Quelques semaines plus tard, le 14 janviers, 5000 affiches avaient été placardées dans la ville et aux alentours pour pointer une nouvelle fois du doigt le président nantais. Car sur le terrain, les choses ne s'arrangeaient pas vraiment. Après sept matches toutes compétitions confondues (4 nuls et 3 défaites), Domenech était remercié le 10 février dernier, à quelques heures d'une rencontre de Coupe de France face à Lens, perdue. Une nouvelle erreur de casting de la part de Nantes, 17ème de L1 à ce moment-là et qui restait sur 16 matches sans succès.

Pour redonner un coup de fouet à un effectif au plus mal, les Canaris décidaient de confier les clés du camion à Antoine Kombouaré, un coach expérimenté en L1. Dès sa première, il faisait mieux que Domenech, ce n'était pas difficile en même temps, avec une victoire 3 à 1 à Angers. Lancé dans une mission commando, Nantes alternait entre le bon et le moins bon, avec notamment une série de 3 défaites de suite entre la 31ème et 33ème journée. L'espoir revenait ensuite avec une série positive de quatre succès entre les 34ème et 37ème journée.

Deux matches pour se sauver

Malgré cela, les Canaris étaient toujours présents en bas du classement, passant régulièrement de la 19ème à la 18ème place. Dix-huitième avant la 38ème et dernière journée, Nantes pouvait y croire. Pour cela, il fallait prendre le meilleur sur Montpellier et compter sur un faux-pas d'un concurrent direct. Battus 2 à 1 à domicile par le Montpellier de Michel Der Zakarian, qui a eu un échange musclé avec Waldemar Kita après la rencontre, les Nantais ont terminé à la 18ème position avec 40 points, soit un de moins que Brest (17ème). Barragiste, le club français a achevé cette saison dramatique par une nouvelle désillusion.

Ce jeudi à Toulouse puis le 30 mai à Nantes, ils joueront donc très gros, eux qui ont déjà vécu des moments difficiles. Antoine Kombouaré devra trouver les mots justes pour remettre les joueurs d'aplomb et finir le travail. Sur les réseaux sociaux, les troupes nantaises ne cachaient pas leur déception mais se montraient conquérantes avant deux matches capitaux. C'était le cas d'Alban Lafont, qui a dû renoncer à l'Euro Espoirs tout comme Randal Kolo Muani. L'heure est donc à l'union sacrée. Ensuite, que le club se maintienne en L1 ou descende en L2, il sera temps de faire le bilan et un grand ménage après une année infernale.

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