Ligue 1

La revanche spéciale d’Anthony Lopes, le vilain petit canard de l’OL devenu Canari à Nantes

Placardisé la saison dernière à l’Olympique Lyonnais, Anthony Lopes s’apprête à retrouver son club de coeur et le Groupama Stadium dimanche soir. Un moment forcément particulier pour le natif de Givors, qui s’est bien intégré au FC Nantes.

Par Dahbia Hattabi
5 min.
Anthony Lopes @Maxppp

En un an, la vie d’Anthony Lopes a bien changé. Revenons un peu en arrière. Fin novembre 2024, le Portugais était dans une situation particulièrement pénible à l’Olympique Lyonnais. Quelques mois plus tôt, le club de sa vie lui avait brisé le cœur en lui montrant la porte de sortie lors du mercato d’été, après une ultime saison dans la peau d’un titulaire. Les pensionnaires du Groupama Stadium avaient décidé de propulser Lucas Perri au poste de numéro 1. Un gardien arrivé en provenance de Botafogo quelques mois plus tôt et chaudement recommandé par John Textor. Anthony Lopes ne pouvait pas lutter. Pour l’enfant du club et l’ex-membre des Bad Gones, le coup était rude. D’autant que la direction lyonnaise lui a envoyé un message plutôt clair en recrutant Rémy Descamps pour occuper le rôle de doublure du Brésilien.

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Le vilain petit canard de Lyon

Longtemps fermé à un départ, le Portugais a finalement accepté les avances du FC Nantes en fin de mercato. Un accord de principe avait même été trouvé entre le joueur et les pensionnaires du stade de La Beaujoire. Mais le transfert avorté d’Alban Lafont a tout fait capoter. Lopes est finalement resté entre Rhône et Saône, sachant pertinemment qu’il serait très compliqué voire impossible d’avoir sa chance. Cela s’est confirmé puisque Pierre Sage, en poste à l’époque, a accordé sa totale confiance à Perri, qui le lui a bien rendu sur le terrain. Mis au placard, Anthony Lopes, dont l’important salaire était une épine dans le pied des Lyonnais et qui s’est senti exclu comme le vilain petit canard, a continué à s’entraîner avec les pros. Il suivait des séances individualisées les jours de match, puisqu’il n’était pas convié.

En marge du groupe, il a vécu une situation peu évidente en attendant une opportunité. Celle-ci n’est pas venue. Résigné, il a ouvert la porte à un départ lors du mercato d’hiver 2025. Et c’est au FC Nantes qu’il a décidé de poursuivre sa carrière. Les Canaris ont officialisé son arrivée le 30 décembre, après la résiliation du contrat du gardien à Lyon. « Le FC Nantes et Anthony Lopes sont parvenus à un accord pour l’arrivée du gardien de but pour les six prochains mois plus deux ans en option», pouvait-on lire sur le communiqué de presse. Prêt à enfiler les gants, le natif de Givors avait des fourmis dans les jambes après avoir vécu le moment le plus dur de sa carrière. C’est ce qu’il avait avoué lors de sa présentation.

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Un Canari épanoui à Nantes

«Revanchard, c’est le bon mot. Je ne peux pas revenir sur le passé, c’est comme ça, mais je ne suis pas là pour faire des choses qui dépassent ma fonction, je suis là pour être le plus performant possible. J’ai digéré déjà avant, il a fallu switcher, ça m’a permis de me connaître encore plus après onze ans à 45 matches de moyenne par saison. Ne plus jouer du jour au lendemain, c’était tout nouveau et aujourd’hui, je suis prêt. On en a discuté mais le FCN attend surtout que je sois performant, ce que je veux à tout prix. Après, j’ai un leadership naturel, donc je le ferai avec grand plaisir mais je viens d’abord pour enchaîner, travailler pour donner le meilleur de nous-mêmes.» La mission a été accomplie puisque Nantes a fini en 13e position au classement.

De son côté, Lopes a participé à 18 rencontres toutes compétitions confondues sous ses nouvelles couleurs. Dans une équipe plus exposée, il a encaissé 26 buts et réalisé 3 clean sheets. Au-delà des chiffres, il a apporté son expérience et son caractère à l’équipe. C’est toujours le cas cette saison sous les ordres de Luis Castro où il est considéré comme un «leader» nous assure-t-on. Pour le moment, l’ancien de l’OL, qui a refusé les avances de Brest durant l’été, a pris part à 12 rencontres de Ligue 1, toutes en tant que titulaire (1079 minutes de jeu). Il n’a manqué qu’un match en raison d’un souci à la hanche. C’était face au HAC le 11 novembre dernier. Mis à part cela, il est un élément important du groupe nantais, lui qui a encaissé 18 buts et réalisé 2 clean sheets.

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Un avenir qui pose question

Comme toujours, il fait aussi entendre sa voix. C’était le cas récemment après le nul (1-1) contre Lorient. Le joueur de 35 ans a poussé un coup de gueule contre l’arbitrage. Nul doute qu’il en fera de même si une situation du genre se produit dimanche à l’occasion du déplacement de Nantes au Groupama Stadium. Un stade que connaît parfaitement Lopes, qui s’installera pour la première fois dans le vestiaire visiteur. En effet, la seule fois qu’il a croisé la route des Gones la saison dernière c’était le 26 janvier dernier à La Beaujoire (1-1). Inutile de dire que son come-back dimanche sera particulier. Même si un accueil chaleureux de son ancien public lui ferait chaud au cœur, Lopes restera concentré et professionnel. En effet, Nantes, 15e au classement, reste sur 3 défaites.

Malgré cette situation difficile et les problèmes qu’il peut y avoir, Lopes, véritable guerrier, ne veut rien lâcher nous a-t-on fait savoir. Impliqué, il arrive aussi à un tournant de son aventure nantaise dans les prochains mois puisqu’il est en fin de contrat. Interrogé le mois dernier par L’Equipe, il avait confié : « j’ai un an en option, activé en cas de maintien et selon un nombre de matches effectués. Tout est ouvert. Moi, j’ai besoin de jouer dans des stades pleins. Donc la Beaujoire me plaît plutôt bien, il y a toujours une belle ambiance. Je savais qu’en venant ici, ça allait être un point positif. Tant que mon corps répond favorablement à l’exigence du haut niveau, je ne me fixe aucune limite. Je suis toujours en mission.» Aller voir ailleurs n’est pas exclu en fin de saison nous a-t-on fait savoir le concernant. Pour le moment, ça ne se bouscule pas vraiment au portillon. Mais Anthony Lopes a d’autres chats à fouetter. Dimanche à 21 heures, ce sont des Lyonnais qu’il espère envoyer pour une fois au tapis.

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