Coupe du Monde

De la National avec Dijon à la Coupe du Monde en 2 ans, la fabuleuse trajectoire de Robin Risser

Robin Risser va découvrir la Coupe du Monde 2026 avec l’équipe de France après une ascension fulgurante. Passé la National avec Dijon en 2024 avant de confirmer en Ligue 2 avec le Red Star l’an passé. Désormais titulaire indiscutable en Ligue 1 avec le RC Lens, le gardien de 21 ans a franchi tous les paliers à une vitesse impressionnante jusqu’à intégrer la liste de Didier Deschamps.

Par Allan Brevi
7 min.

Il y a des histoires qui dépassent le simple cadre du football, des trajectoires qui font et feront rêver les plus jeunes. Celle de Robin Risser en fait clairement partie. À seulement 21 ans, le gardien du RC Lens s’apprête à vivre une bascule totale dans sa jeune carrière : une convocation en équipe de France pour la Coupe du Monde 2026. Le natif de Colmar fait partie de la liste de Didier Deschamps en tant que troisième gardien et s’envolera pour l’Amérique du Nord (États-Unis, Canada, Mexique). Une ascension fulgurante, presque irréelle, pour un joueur qui, il y a encore peu, évoluait bien loin des projecteurs et du très haut niveau international…

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Son parcours des deux dernières saisons donne la mesure de ce qu’il vient de réaliser. En 2023-2024, Robin Risser défendait encore les buts de Dijon en National, avec 30 matchs disputés comme titulaire dans un championnat exigeant et sans concession. La saison suivante, il franchissait un premier palier en rejoignant le Red Star en Ligue 2, poursuivant son apprentissage dans un contexte plus structuré, mais encore assez éloigné de l’élite. Entre ces étapes, son passage par la réserve de Strasbourg n’avait pas permis de le retenir durablement, Liam Rosenior estimant notamment que ses limites dans le jeu au pied ne correspondaient pas aux attentes du club. Une décision qui, aujourd’hui, apparaît presque comme un détour dans une trajectoire qui a fini par s’écrire ailleurs.

Le rêve s’est réalisé à Lens

C’est au RC Lens que tout s’est accéléré. Sous les ordres de Pierre Sage, Robin Risser s’est imposé dès sa première saison comme un titulaire indiscutable dans une équipe pourtant ambitieuse, engagée sur plusieurs tableaux et qualifiée pour la Ligue des Champions et également pour la finale de la Coupe de France, qui se disputera face à Nice au Stade de France. Match après match, il a gagné en assurance, en maturité, jusqu’à devenir l’un des éléments les plus réguliers de l’effectif lensois. Sa montée en puissance a été couronnée par une distinction forte : le titre de meilleur gardien de Ligue 1 aux Trophées UNFP. Une reconnaissance symbolique qui vient valider une saison de très haut niveau, construite dans la constance et l’humilité.

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Face à ce changement de dimension, le principal intéressé peine encore à mesurer ce qui lui arrive. « C’est bon ! », a-t-il simplement lâché au moment où Didier Deschamps a prononcé son nom, comme si les mots ne suffisaient pas à traduire l’ampleur de l’instant. Quelques minutes plus tard, il laissait entrevoir l’émotion brute de ce moment suspendu : « j’ai l’impression qu’il y a une vibration dans tout mon corps. Il se passe trop de choses en ce moment ». Un sentiment d’irréalité renforcé par son parcours récent, lui qui évoquait aussi l’impact émotionnel de sa saison, jusqu’à confier son émotion en entendant l’hymne de la Ligue des Champions à Bollaert, comme un symbole de tout ce qu’il n’osait pas encore imaginer.

Un choix loin d’être anodin pour Deschamps

Conscient de la concurrence et de la hiérarchie à son poste, Risser replace aussi sa convocation dans un contexte plus large. « La situation des gardiens français fait que j’étais dans les petits papiers depuis 3 ou 4 mois », a-t-il expliqué en conférence de presse, tout en affichant une pensée pour les absents de la liste : « je suis déçu pour Lucas Chevalier et Alphonse Areola, mais comme on dit, le bonheur des uns fait le malheur des autres ». Une phrase lucide, presque froide dans sa justesse, qui rappelle la dure réalité du très haut niveau et la rareté des places en équipe nationale. Dans la continuité, le jeune gardien assume aussi son regard posé sur cette consécration. « Si j’avais en tête d’être appelé pour la Coupe du Monde en début de saison ? C’était difficile d’y croire, honnêtement, mais je ne me suis jamais interdit de le penser », a-t-il ajouté, tout en insistant sur le collectif lensois qui l’a porté : « ce qui me permet d’être là, c’est la performance de l’équipe, sinon je n’aurais jamais été dans cette liste ».

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Désormais intégré au groupe des Bleus, il s’apprête à occuper un rôle de troisième gardien avec une ambition simple : apprendre et se préparer au plus haut niveau. Avant de vivre ce premier Mondial, Risser devra encore boucler sa saison avec le RC Lens, notamment un dernier rendez-vous important face à l’Olympique Lyonnais ce dimanche soir. Quoi qu’il arrive, son histoire est déjà marquée par une accélération spectaculaire : du National avec Dijon, à la Ligue 2 avec le Red Star, jusqu’à la Ligue 1 et une Coupe du Monde en seulement deux ans. Une trajectoire rare, presque déroutante, qui illustre à quel point le football peut parfois bouleverser toutes les logiques et transformer un destin en quelques mois à peine.

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