Ligue Europa : quand Manchester United terrassait la Roma

Avant la demi-finale aller de League Europa entre Manchester United et la Roma, retour 14 ans en arrière quand le club anglais, emmené par Cristiano Ronaldo, infligeait l'une des plus grandes défaites de son histoire à la Louve.

Ronaldo prend le dessus sur Mancini
Ronaldo prend le dessus sur Mancini ©Maxppp

Reculer pour mieux sauter. Éliminé de la Ligue des Champions au début de l'hiver, Manchester United a su se remettre la tête à l'endroit. 2e de Premier League, le club anglais peut même vivre une fin de saison excitante avec une demi-finale de Ligue Europa dont la première manche se jouera dès jeudi à Old Trafford, à suivre en direct sur notre site. La Louve aura là l'occasion de sauver un exercice moribond. Jamais dans le coup en Serie A où ils occupent actuellement la 7e place, les Italiens peuvent encore soulever la première Coupe d'Europe de leur histoire (Coupe des villes de foire exceptée).

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Souvent malheureuse par le passé sur la scène européene, la Roma devra mettre un autre mauvais souvenir de côté avant d'affronter les Red Devils. Deux années de suite, ces derniers avaient éliminé la Roma en quart de finale de Ligue des Champions. Si la seconde fois, la double confrontation s'était montrée plutôt équilibrée à défaut d'être serrée (succès 2-0 et 1-0 pour le futur vainqueur de la compétition), en 2007, l'épisode avait tourné à la correction. Un vilain 7-1 infligé par les troupes de Sir Alex Ferguson qui représente la plus lourde défaite de l'histoire moderne du club sur la scène continentale.

La tornade MU

Ce souvenir est aussi douloureux pour les clubs français. Pour se hisser en quart de finale, la Roma a dû disposer de l'OL dans un Gerland encore médusé par les passements de jambes de Mancini sur Reveillère. MU s'était lui offert le scalp du LOSC, qui n'a toujours pas digéré le coup-franc de Giggs tiré sans le coup de sifflet de l'arbitre, mais avec son consentement. À l'aller à Rome, avec Solskjaer titulaire, les Anglais souffrent et s'inclinent 2-1 après avoir joué plus d'une mi-temps à dix contre onze après l'expulsion de Scholes. Le retour s'annonce indécis et, pourtant, le suspense a duré vingt minutes.

La charnière Chivu-Mexès, De Rossi ou encore Totti ne peuvent rien face à un Manchester United des très grands soirs. Carrick (11e), le revenant Smith (17e) et Rooney (19e) donnent déjà une large avance. Le jeune mais déjà indispensable Ronaldo corse l'addition avant la pause (44e) avant d'y aller de son doublé (49e). En réussite totale, Carrick envoie missile dans la lucarne du pauvre Doni (60e), qui s'écroule de dépit sur les genoux. La magnifique réduction de l'écart de De Rossi sur un centre de Totti (69e) passe presque inaperçue puisque Evra participe à la fête en marquant son premier but européen (81e). Score final (7-1).

Totti : «Ce fut la nuit la plus triste de ma carrière...»

«Je n'ai jamais vu une telle performance. Ce n'est pas que la Roma a mal joué, nous étions juste très bons,» rapportait Edwin van der Sar, le portier mancunien, après le match. «Ce fut une performance fantastique de chacun de nos joueurs. La vitesse de notre jeu et notre construction étaient absolument superbes... C'est la meilleure soirée de football européen que nous avons eue ici,» osa même Ferguson. Le légendaire entraîneur écossais a de quoi être heureux. Pour la première fois depuis 1984, Manchester United a retourné une situation en coupe d'Europe.

Au tour suivant, le club anglais chutera face à l'AC Milan, le futur vainqueur, de l'irrésistible Kaka, lauréat du Ballon d'Or cette année. Sorti douloureusement de la C1, la Roma s'en remettra même si Totti confiera plus tard avoir vécu ce soir-là «la nuit la plus triste de sa [ma] carrière.» Sous les ordres de Luciano Spalletti, elle s'affirme comme le troisième club phare d'Italie derrière les deux ténors milanais. Elle termine d'ailleurs trois fois de suite à la 2e place de Serie A en 2006, 2007 et 2008. La Louve soulèvera surtout la Coupe d'Italie un mois plus tard. Comme quoi, d'une grande défaite peut aussi naître le succès.

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