Ligue 1

«C’est la course au mensonge dans ce métier» : Habib Beye sort la sulfateuse et détruit les journalistes

Après la victoire au Havre, Habib Beye a vivement dénoncé le traitement médiatique autour de l’OM. Agacé par les révélations sorties cette semaine sur la mise au vert à la Commanderie, le coach marseillais a fustigé une course au mensonge et réglé ses comptes avec la presse.

Par Valentin Feuillette
6 min.
Habib Beye @Maxppp

L’Olympique de Marseille a enfin remis la tête à l’endroit. Sur la pelouse du Havre, les Marseillais ont mis fin à une série noire qui plombait totalement leur fin de saison et leurs ambitions européennes. Rien n’a pourtant été simple pour les hommes d’Habib Beye, longtemps bousculés par une équipe havraise plus entreprenante dans le jeu et portée par l’urgence du maintien. L’OM a finalement fait la différence grâce à un penalty accordé après intervention du VAR pour une main de Lucas Gournath-Douath sur un coup franc de Mason Greenwood. L’Anglais s’est chargé de transformer la sanction avec réussite, son tir heurtant le poteau avant de finir au fond. Derrière, Marseille a encore tremblé lorsque Sofiane Boufal a obtenu lui aussi un penalty après un contact avec Facundo Medina. Le Marocain a trouvé la barre avant qu’Issa Soumaré ne voie sa reprise stoppée par un immense Geronimo Rulli. Sans être flamboyant, l’OM a au moins retrouvé ce qu’il avait totalement perdu depuis plusieurs semaines, un résultat, un soupçon de solidité et l’espoir d’une qualification européenne qui semblait encore compromise il y a quelques jours. Cette victoire intervient pourtant dans un contexte particulièrement explosif autour du club phocéen. Toute la semaine, l’environnement marseillais a encore été secoué par des révélations inquiétantes sur l’état d’esprit du groupe.

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Pour tenter de remobiliser son vestiaire après la déroute à Nantes et une série de prestations catastrophiques, le staff olympien avait décidé d’imposer une mise au vert de quatre jours à la Commanderie. Une décision forte censée resserrer les liens avant le sprint final. Mais selon plusieurs indiscrétions sorties ces derniers jours, la fin du stage aurait viré à la scène surréaliste. Plusieurs joueurs auraient totalement retourné leurs chambres lors d’une soirée improvisée. Des lits déplacés, des chambres sens dessus dessous et même un extincteur vidé dans la chambre d’un dirigeant auraient provoqué la stupéfaction en interne. Certains témoins auraient décrit une ambiance de colonie de vacances, très loin de la tension censée entourer un groupe encore engagé dans la course à l’Europe. Ces révélations ont renforcé le climat pesant autour de l’OM et alimenté les critiques sur un vestiaire jugé incontrôlable depuis plusieurs mois. Forcément, Habib Beye s’est retrouvé au centre de toutes les discussions. Arrivé dans une période de crise institutionnelle majeure, l’ancien coach de Rennes peine encore à stabiliser sportivement et mentalement un groupe fragilisé par les résultats, les changements internes et la pression permanente qui entoure le club marseillais.

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Beye n’en croit pas ses yeux

Mais au-delà du terrain, le technicien olympien semble surtout de plus en plus agacé par le traitement médiatique réservé à son équipe et à sa gestion. Depuis plusieurs semaines, chaque épisode de la vie du vestiaire fuit dans la presse, chaque tension est amplifiée et chaque contre-performance donne lieu à de nouvelles révélations. Une atmosphère qui commence clairement à exaspérer l’entraîneur marseillais, convaincu qu’une partie du récit autour de l’OM dépasse désormais largement le simple cadre de l’information sportive. Après la victoire au Havre, Habib Beye n’a d’ailleurs pas caché son irritation au moment d’évoquer tout ce qui circule autour de son groupe depuis plusieurs jours. Face aux micros de Ligue 1+, le coach olympien a alors lâché une sortie particulièrement musclée qui risque encore de faire parler dans les prochaines heures. Visiblement marqué par les révélations autour de la mise au vert et les nombreuses rumeurs sorties ces derniers jours, il a dénoncé un climat qu’il juge toxique autour du football français et de l’OM en particulier. «Il n’y a rien à expliquer… L’image est belle parce qu’elle est peut-être nécessaire de la part de Mason avec tout ce qui s’est dit… Quand je vois les mensonges racontés à mon sujet et au sujet de certains de mes joueurs, que j’entends que j’ai eu un clash, que j’ai arrêté l’entraînement à cause de Mason Greenwood, c’est ça qui me désole aujourd’hui dans le métier, où plus rien n’est vérifié. C’est la course à la mauvaise info et au mensonge. C’est symbolique ce qu’a fait Mason, je le remercie pour ça, il n’avait pas à le faire. C’est quelqu’un avec qui j’ai une très, très bonne relation, que je respecte énormément en tant que joueur. Ce soir il s’est donné, il est récompensé, l’équipe est récompensée, et c’est le plus important». En conférence de presse, l’entraîneur sénégalais en a rajouté une couche.

«Je vais être très honnête. Quand on parle de tout ça… J’ai arrêté l’entraînement cette semaine à 2 minutes 30 secondes de la fin de la séance… et pas du tout à cause d’une perte de balle de Greenwood. J’avais ressenti que ça ne servait à rien d’aller plus loin. Un coach doit ressentir les choses. Quand la qualité de l’entraînement baisse, ça ne sert à rien d’insister pour 3 minutes supplémentaires. La suite a été romancée. Ce qui me dérange, ce sont ces mensonges vis-à-vis de moi, de ma personne. On va être très clair maintenant, ce sont des mensonges qui ne visent pas l’OM, mais des mensonges mis sur la place publique vis-à-vis d’Habib Beye. On ne parle pas de l’entraîneur de l’OM, mais de l’homme Habib Beye. Sur tous les autres coaches de Ligue 1, on parle de Bruno Génésio, l’entraîneur de Lille. Avec moi, il y a écrit Habib Beye a eu un problème avec Mason Greenwood. On entre dans la course à l’info, à la mauvaise info et au mensonge. Rien n’est vérifié. Quand je parle de déontologie journalistique… il faut vérifier les informations. Ce que fait Mason ce soir… Quand l’info est sortie, il est venu dans mon bureau pour savoir si je l’avais vue passer. "Est-ce que vous voulez que je fasse ou dise quelque chose ?" "Non Mason, ça ne sert à rien…" Tout cela n’est pas écrit contre l’OM, mais contre Habib Beye, la personne Habib Beye et non plus l’entraîneur de l’OM. C’est ce qui me désole aujourd’hui. J’estime être assez ouvert et j’aimerais que tout ce qui sort sur moi, mon groupe, soit vérifié. Si c’est vrai, je n’aurais aucun problème à l’assumer. Cela me dérange quand ce sont des mensonges qui sont posés là pour nuire à je ne sais pas qui… sans doute moi. Ce n’est pas quelqu’un qui m’en veut en particulier, c’est simplement devenu un défouloir à ciel ouvert. Ça ne me dérange pas que l’on me critique sur la manière de jouer ou les résultats. J’ai rarement vu un tel acharnement sur une personne, mais je suis solide. Quand on parle de l’entraîneur, je n’ai pas de problème. Mais on ne mentionne plus l’entraîneur de l’OM, contrairement à mes collègues de L1. Je ne suis pas à plaindre, ce qui m’importe c’est l’OM et mes joueurs. Comme vous me posez la question, j’y réponds avec honnêteté». Voilà qui est dit.

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