Un ancien président de l’OM détruit Roberto De Zerbi et Pablo Longoria
Au micro de La Provence, l’ancien président de l’Olympique de Marseille (2002-2004), Christophe Bouchet, a sorti la sulfateuse, alors que les Phocéens traversent une crise à tous les étages. «Premièrement, arrêtons avec ces entraîneurs apprentis sorciers qui, depuis Bielsa, croient qu’ils sont plus forts que le football, qu’ils peuvent changer de composition d’équipe dans tous les sens et qu’il y a une espèce de magie de leur personne qui fera que le club va gagner. C’est bullshit, c’est de la merde. Luis Enrique a bien plus de moyens à disposition mais il ne réinvente pas la poudre, c’est un jeu classique avec un effectif stable. Le deuxième point, c’est l’accumulation de joueurs. Tout ça n’a plus de sens et ce qui faisait la force de l’OM, c’est la puissance du blason et du maillot. Quel impact ça peut avoir si, au bout de six mois, un Norvégien remplace un Croate qui lui-même laissera sa place à un Suédois six mois plus tard ? Ce que j’aimerais pour l’OM, et je ne pense pas être le seul, c’est qu’on cesse d’être une équipe et devienne un club. Structuré depuis la base avec une équipe première comme finalité d’un projet plus grand. Un centre de formation avec une identité, une force reconnue, une bonne équipe féminine… des structures qui soient plus fortes que les hommes. On ne peut pas me faire croire que les bons joueurs ne sortent que d’Île-de-France ou de la banlieue de Barcelone… Avec une restructuration par la base, un retour à des choses simples, peut-être que l’environnement serait plus sain, apaisé.»
Il poursuit en apostrophant Pablo Longoria sur une possible démission. «Pour plein de raisons qui lui appartiennent et d’autres moins, il a dilapidé son capital confiance. Il en avait acquis un dont personne ne jouissait à son poste depuis Pape Diouf. Maintenant, ça tient sur un fil et je ne vois pas aujourd’hui, les voies pour recouvrer ce capital. Pablo est un homme intelligent, très fin, et son grand problème, c’est que les supporters ont bonne mémoire. Néanmoins, ce n’est pas la stratégie de Pablo qui m’interroge mais celle de Frank Mc Court. Plutôt que de me demander ce que va faire Longoria dans l’avenir, je m’interroge sur ce que lui, fait à Marseille depuis ce temps. Demander son départ maintenant après les centaines de millions dépensées serait une grosse erreur. Par contre, il faut qu’il s’exprime avec un peu de transparence sur ses idées, son projet. C’est une énigme. On comprend pourquoi Kita est à Nantes, pourquoi le Qatar est au PSG, mais McCourt, on ne comprend pas en fait. Et surtout, pourquoi il accepte aussi ce qui s’y passe ? Le collectif, finalement, tout le monde. C’est un club avec lequel la nuance n’existe pas et c’est lié à la question de l’instabilité, ce contexte volcanique ne fait qu’entraîner des décisions hâtives et ce turn-over permanent. À chaque fois on additionne une tension exacerbée, une farandole de joueurs, et le syndrome de l’homme providentiel avec l’entraîneur et on arrive à peu près toujours au même résultat. La question qui se pose, c’est pourquoi on continue ?». Au moins, c’est dit.