Argentine - Algérie : les notes du match
Pour ses débuts dans la compétition, l’Argentine a corrigé l’Algérie avec un triplé exceptionnel de Lionel Messi (3-0). Voici les notes du match.
Dans cette nuit de mardi à mercredi, nous avons eu le droit à l’une des plus grosses affiches de cette phase de poules de la Coupe du Monde 2026. Championne en titre, l’Argentine lançait sa compétition face à une équipe d’Algérie de retour après douze ans d’attente. Un duel fort intéressant avec d’un côté l’Albiceleste qui s’articulait dans un 4-4-2 assez classique avec notamment le duo Lionel Messi - Lautaro Martinez en attaque.
De leur côté, les Verts faisaient des choix forts dans leur 4-2-3-1 puisque Riyad Mahrez et Mohamed Amoura débutaient sur le banc au profit d’Anis Hadj Moussa et Farés Chaïbi. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne fallait pas arriver en retard. Dés les premières minutes, Lautaro Martinez remisait vers la droite de la surface pour Lionel Messi qui marquait déjà. Son but était cependant refusé pour hors-jeu (5e). Quelques secondes plus tard arrivait la réaction algérienne. Sur un sublime ballon glissé par Ibrahim Maza vers la gauche de la surface, Farès Chaïbi allait ajuster Emiliano Martínez avant d’être également signalé hors-jeu (8e). Un début de match fou qui a laissé place ensuite à un monologue argentin.
Lionel Messi historique !
Délivrant une excellente passe plein axe vers l’entrée de la surface pour Lionel Messi, Rodrigo De Paul était aux avant-postes pour voir le missile de La Pulga terminer au fond des filets (1-0, 17e). Par la suite, l’Argentine était davantage en gestion et arrivait à calmer les initiatives adverses. Au point d’arriver fort logiquement en tête à la pause. Au retour des vestiaires, l’Argentine continuait de dominer son sujet. Bien trouvé sur la droite de la surface par Lionel Messi, Lautaro Martinez voyait son tir croisé être repoussé par Luca Zidane (54e). Puis sur un centre venu de la gauche de Nicolás González, Alexis Mac Allister voyait son tir être repoussé par Luca Zidane. Bien placé à l’affût, Lionel Messi sortait de l’ombre pour s’offrir un doublé (2-0, 60e).
Mieux, il était proche du triplé mais son tir plein axe était repoussé de justesse par Luca Zidane (66e). Ce n’était que partie remise pour lui. Trouvé devant la surface algérienne par Nicolas Gonzalez, il catapultait sa frappe sur la gauche du but de Luca Zidane (3-0, 76e). Un triplé historique qui lui permet de devenir le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du Monde avec 16 buts, à égalité avec Miroslav Klose. Par la suite, l’Argentine s’est contentée de gérer et débute au mieux la compétition avec cette victoire 3-0. L’Algérie est dos au mur et jouera son destin dans la nuit de lundi à mardi contre la Jordanie.
- l’homme du match : Lionel Messi (9) : que dire de lui ? Le GOAT a encore de la magie en lui et heureusement car il nous a permis de rester éveiller cette nuit. Le capitaine a encore parlé au meilleur moment. Auteur d’un triplé qui permet à l’Argentine de débuter sa Coupe du Monde par une large victoire, il a alterné entre phases de gestion et accélérations décisives. Malgré une faute sur Mandi qui aurait pu mériter un carton rouge, sa classe a fait la différence dans ce match. Il a bien aidé par l’attentisme assez étonnant de l’Algérie en défense qui lui a permis d’avoir largement le temps d’ajuster Zidane à chaque fois. «Mais les Algériens ne savaient pas qu’ils jouaient Messi ou quoi ?» lançait Omar Da Fonseca sur beIN Sports. Une phrase qui illustre aussi les manquements algériens. Pour le reste, comme d’habitude, il n’a pas beaucoup couru sans ballons, mais son apport avec, encore plus dans ce match ou l’Algérie n’a pas souhaité presser, a été exceptionnel. Il égale le record de Klose en tant que meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du Monde. Et on espère profiter de lui encore longtemps. Remplacé à la 80e par Nico Paz qui n’a pas eu l’occasion de faire la différence.
Argentine
- Emiliano Martinez (6) : le gardien argentin a vécu une rencontre relativement tranquille. Jamais sollicité par des Algériens prudents, il s’est montré serein dans ses sorties et propre dans ses relances au pied. Une soirée qui ressemblait davantage à une séance de remise en forme qu’à un véritable test pour lui qui revient tout juute d’une blessure à la main.
- Gonzalo Montiel (6) : appliqué dans son couloir droit, le latéral a surtout cherché à apporter des solutions offensives tout en verrouillant son secteur. Peu mis en danger par les offensives adverses, il a livré une prestation sérieuse sans coup d’éclat. Remplacé par Molina à la 45e (6) . Le défenseur de l’Atlético de Madrid a été moins à l’aise avec le ballon notamment dans la relance mais il a fait le job.
- Cristian Romero (6,5) : toujours aussi agressif dans les duels, le défenseur central a rapidement imposé sa loi. Précieux dans l’anticipation et dominateur dans les airs, il a parfaitement contenu les rares tentatives algériennes dans l’axe. Dans les duels, il a répondu présent avec beaucoup d’intensité pour bousculer les attaquants algériens. En revanche, il a semblé parfois un peu léger niveau vitesse. Remplacé par Otamendi à la 80e.
- Lisandro Martinez (6,5): complémentaire de Romero, le Mancunien a assuré les premières relances avec beaucoup de justesse. Solide dans les interventions et rarement pris de vitesse, il a participé à la maîtrise collective de l’Albiceleste. Comme ses coéquipiers de la défense, il n’a quasiment jamais été mis en difficulté par l’attaque algérienne et forcément cela aide.
- Facundo Medina (6,5) : très actif sur son côté gauche, il n’a pas hésité à se projeter pour apporter du surnombre. Défensivement, il a répondu présent face aux accélérations des Fennecs. Une rencontre convaincante car son adversaire du soir Anis Hadj-Moussa, réputé pour son talent technique, a été complèement transparent. Preuve de son sérieux à un poste qui n’est pas le sien de base.
- Rodrigo De Paul (7) : comme souvent, il a été le moteur du pressing argentin. Omniprésent dans l’entrejeu, il a récupéré de nombreux ballons et donné le tempo. Son activité incessante a permis à l’Argentine d’étouffer son adversaire. Et en prime, il débloque la situation d’une passe lumineuse pour Léo Messi alors que son équipe peinait à percer le bloc. Son activité incessante au pressing et ses nombreux appels ont été essentiel pour son équipe. Un match encore très impressionnant de sa part où il a compensé aussi les espaces laissés par Messi.
- Alexis Mac Allister (7,5): élégant techniquement, le milieu de Liverpool a multiplié les transmissions justes entre les lignes. Sans être décisif directement, il a largement participé à la domination territoriale de son équipe au milieu de terrain. Bien aidé par le pressing quasi inexistant du milieu algérien et le manque de vitesse de ses opposants notamment sur les seconds ballons, Mac Allister s’est regalé dans cette rencontre.
- Enzo Fernandez (7) : positionné un cran plus bas, il a assuré la fluidité du jeu argentin. Très propre dans ses choix, il a constamment offert des solutions à ses partenaires. Une prestation essentielle pour son équipe et surtout sa qualité technique est toujours aussi impressionnante. Il a rapidement décourage les timides tentatives de pressing algérien en ayant une justesse bluffante dans la relance. Et puis il a toujours cette capacité à parfois faire cette faute utile.
- Thiago Almada (6): mobile et inspiré entre les lignes, il a cherché à accélérer le jeu dès qu’il en avait l’occasion. Sa qualité technique a posé plusieurs problèmes au bloc algérien, même s’il lui a parfois manqué le dernier geste. Comme ses coéquipiers du milieu de terrain, il a surtout été un joueur de devoir dans ce match avec de nombreuses courses. Remplacé par Nico Gonzalez à la 55e. L’attaquant des Colchoneros ne s’est pas beaucoup illustré dans ce match mais il est tout de même passeur décisif, si on peut dire ça, sur le troisième et dernier but de Messi.
- Lionel Messi (9): voir ci-dessous.
- Lautaro Martinez (6): très généreux dans ses appels et son travail de fixation, l’avant-centre a constamment pesé sur la défense algérienne. Il s’est notamment illustré sur un duel aérien remporté face à Bensebaini mais sa tête a terminé dans les bras de Zidane. Même sans trouver le chemin des filets, il a grandement contribué aux espaces créés pour Messi. Un match de sacrifice finalement. Remplacé par Julian Alvarez à la 55e. Son entrée a fait du bien notamment pour les courses et les appels mais il n’a pas pu s’illustrer réellement avec le cuir.
Algérie
- Zidane (2) : sollicité rapidement, il a répondu présent avec une parade d’entrée. Problème : il s’est totalement troué sur la frappe de Lionel Messi sur laquelle il doit faire beaucoup mieux. Par la suite, il s’est réveillé légèrement en seconde période avec une parade sur Lautaro Martinez, avant de faire une autre erreur fatale sur une frappe puissante de Mac Allister qui a profité à Messi. Il ne peut rien faire sur le troisième but de la Pulga. Un match horrible qui a coûté la défaite à l’Algérie.
- Belghali (3,5) : face à la maîtrise argentine, il a souvent été dépassé et a manqué de tranchant. Volontaire, il a avalé les kilomètres sur son côté et il a cherché à apporter des solutions à Hadj-Moussa. Pourtant, il a été trop bousculé et a perdu un nombre incalculable de ballons qui viennent clairement ternir son bilan.
- Mandi (4) : face au génie de Messi et aux assauts argentins, son sens du placement, ses tacles salvateurs et son leadership ont évité un score bien plus lourd pour les Fennecs. On pourra toutefois lui reprocher un léger manque de vitesse sur les transitions éclairs de l’Albiceleste, mais son expérience a été essentielle pour maintenir le bloc algérien à flot. Malgré sa prestation globalement frustrante, il n’est pas celui à blâmer ce soir.
- Bensebaïni (3) : auteur d’un début de match compliqué entre pertes de balles stupides et absences totales de rugosité sur les duels. Il a fait parler son agressivité dans les duels pour couper plusieurs trajectoires chaudes. Solide dans les airs, le défenseur de Dortmund a cependant été mis en difficulté par la vitesse de déplacement et l’intelligence des attaquants argentins. Comme s’il jouait avec une balle brûlante par moment, quelques relances un peu précipitées sous pression viennent gâcher sa prestation.
- Aït-Nouri (4,5) : le joueur de Manchester City a souffert défensivement face aux vagues argentines, mais il a été l’un des rares Fennecs à tenter d’apporter du danger offensivement par ses projections et ses centres. S’il a affiché une belle activité et beaucoup de personnalité balle au pied, son audace l’a parfois exposé aux transitions rapides de l’Albiceleste, qui a su exploiter les espaces laissés dans son dos. Pour autant, il a été l’une des grandes menaces offensives des Algériens. Aussi timides soient elles…
- Bentaleb (3) : le Lillois a vécu une soirée compliquée au milieu de terrain face à la vitesse d’exécution de l’Argentine. S’il a tenté d’apporter son calme et son expérience pour structurer la relance algérienne, son manque de rythme face au pressing asphyxiant d’Enzo Fernández et De Paul l’a mis en grande difficulté. Souvent pris à revers dans les transitions défensives, il a manqué d’impact physique pour stopper les offensives de l’Albiceleste. Sa faculté à laisser de l’espace à Messi et à ses adversaires pouvait donner de quoi casser sa télévision aux supporters algériens. Remplacé par Boulbina (82e), qui n’a pas eu le temps de s’exprimer.
- Boudaoui (2,5) : aligné pour densifier l’entrejeu face à l’Albiceleste, Hicham Boudaoui a été agaçant ce mercredi. Très peu volontaire au pressing et hésitant à aller au duel, le Niçois n’a pas eu l’abattage habituel. A l’image du collectif algérien, le Niçois a subi la supériorité technique et le rythme imposés par les champions du monde en titre, courant beaucoup après le ballon au détriment de ses projections vers l’avant. Émoussé par cette grosse débauche d’énergie défensive, il a logiquement cédé sa place à la 63e minute pour un profil plus offensif avec l’entrée de Houssem Aouar. Le joueur formé à l’OL a apporté plus de danger et a été intéressant dans ses prises d’initiative.
- Hadj-Moussa (2,5) : titularisé sur l’aile droite à la place de Riyad Mahrez, l’ailier de Feyenoord a été sevré de ballons pendant la première demi-heure. Mais le problème, c’est que quand il a touché le ballon, Hadj-Moussa n’a pas montré les promesses qu’esquissent ses entrées en jeu. Très prévisible et souvent pris à deux, il n’a pas existé et n’a eu qu’une seule munition en fin de première période. Pour le reste, il n’a pas apporté grand-chose et a été l’auteur d’une prestatio très soporifique. Remplacé par Mahrez (64e). La légende a essayé des choses mais n’a pas été plus en réussite que son jeune compatriote.
- Maza (4,5) : le jeune prodige a affiché une personnalité rafraîchissante, n’hésitant pas à demander le ballon dans les petits espaces et à tenter d’orienter le jeu avec sa qualité technique malgré la première demi-heure cataclysmique des Fennecs. C’est lui qui distille un superbe ballon sur le but refusé à Chaïbi (9e). Cependant, l’impact physique et l’intensité imposés par le milieu argentin l’ont étouffé au fil des minutes, limitant son influence dans les trente derniers mètres adverses. L’Algérie peut compter sur lui pour la suite mais il était trop esseulé ce soir pour faire plus de différences. Remplacé par Zerrouki (83e), qui n’a pas changé grand-chose.
- Chaïbi (4) : malgré un déficit technique qui peut rendre dingue par moments, le joueur formé à Toulouse ne démérite pas. Toujours le premier à courir, il a avalé les kilomètres tel un marathonien et n’a pas existé offensivement. Obligé de beaucoup défendre pour bloquer les montées de son couloir, le joueur de l’Eintracht Francfort a manqué de fraîcheur et de munitions pour faire la différence offensivement. Malgré quelques rares tentatives de combinaisons, il n’a jamais réussi à prendre le dessus sur son vis-à-vis argentin ni à alimenter Gouiri.
- Gouiri (2,5) : quelqu’un a-t-il des nouvelles de l’attaquant de l’OM ? Sevré de ballons en raison de la domination argentine, l’attaquant de 26 ans n’a fait aucun pressing en début de rencontre et a été plus dévoué sur la suite. Malgré son profil technique, il a manqué de soutien pour pouvoir s’exprimer dans la zone de vérité et n’a jamais eu l’occasion de solliciter le gardien de l’Albiceleste, illustrant l’impuissance offensive de l’Algérie lors de cette rencontre. Quelques bonnes combinaisons pour celui qui a traversé la rencontre comme un fantôme. Remplacé par Amoura (64e). L’attaquant de poche s’est fait museler par la défense argentine malgré de l’envie.
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