OM : Roberto De Zerbi a commis le fiasco humiliant de trop
Humilié au Parc des Princes (5-0), l’Olympique de Marseille a livré l’une des prestations les plus inquiétantes de sa saison. Dépassé tactiquement et mentalement, le groupe de Roberto De Zerbi a sombré dans le Classique, au point de faire de cette débâcle un possible point de rupture pour l’entraîneur italien.
C’est un Roberto De Zerbi marqué qui s’est présenté après la claque reçue au Parc des Princes. Totalement dépassé dans ce Classique, l’Olympique de Marseille n’a jamais su entrer dans son match et a subi la loi d’un Paris Saint-Germain largement supérieur dans tous les secteurs. Déjà en difficulté lors du premier acte, les Phocéens ont été punis par un Ousmane Dembélé intenable, avant de sombrer totalement après la pause. Incapable de réagir, l’OM a concédé une défaite historique (5-0), la plus lourde jamais enregistrée face au rival parisien, laissant une impression de résignation inquiétante. Si la supériorité parisienne ne souffre aucune contestation, l’ampleur du naufrage marseillais interroge profondément.
Mal organisés, dépassés dans l’impact, incapables de ressortir le ballon ou de contenir les vagues adverses, les joueurs de De Zerbi ont semblé livrés à eux-mêmes. Le système à trois derrière, censé sécuriser l’axe et permettre des transitions rapides, a explosé face à la mobilité et au pressing parisien. Cette humiliation, bien plus qu’un simple accident, pose désormais une question centrale. Ce Classique n’est-il pas le fiasco de trop pour un entraîneur déjà fragilisé par le manque de constance de son équipe depuis l’élimination en Ligue des Champions ? Si la qualification en quart de finale de la Coupe de France semblait avoir calmé l’incendie, cette gifle pourrait relancer le débat sur l’avenir de l’ancien coach de Brighton. Lui-même a tendu une perche au micro de Ligue 1+ : «je demande pardon aux supporters et j’en parlerai avec Pablo Longoria et Mehdi Benatia pour comprendre ce qu’on peut faire. Il faut comprendre pourquoi, pourquoi on fait un match comme ça quand on vient ici et un différent à Lens ou Rennes»
Un départ inévitable ?
Car au-delà du score, c’est l’absence totale de réponse collective qui inquiète. Incapable de s’adapter en cours de rencontre, De Zerbi a vu son plan de jeu se déliter sans trouver de solutions, ni sur le banc ni sur le terrain. Le milieu, dominé, n’a jamais contrôlé le tempo, la défense a multiplié les erreurs de placement. L’attaque, elle, est restée fantomatique. En conférence de presse, l’entraîneur italien ne trouvait pas les mots, au point de remettre son avenir en question. «Je n’ai pas d’explication, je n’ai pas d’explication. C’est le plus grand problème du moment. Avant le coup d’envoi, je ne sais toujours pas quelle équipe je vais voir. Comme après Bruges, on va devoir demander pardon… Si j’avais la solution, pour trouver cette régularité, je ne m’en priverai pas. C’est la première fois de ma carrière que j’ai sous mes ordres une équipe qui fait à ce point les montagnes russes. Je ne suis pas découragé, je suis triste. On ne doit pas jouer de cette manière, ni perdre de cette manière contre le PSG. On parle toujours avec les dirigeants, des solutions à trouver… ce sera la même chose qu’après Bruges, ou Nantes. On a perdu le match dans tous les secteurs, on a manqué d’ordre, on n’a pas suivi le plan de jeu. Il y avait des joueurs éparpillés qui ne respectaient pas le plan. On sait que le PSG est trop fort, mais il y a perdre et perdre». Une nouvelle fois, l’OM a affiché deux visages radicalement opposés à quelques semaines d’intervalle, confirmant un mal récurrent, celui d’une équipe capable de performances solides face à certains adversaires, mais qui s’effondre dès que le contexte devient hostile.
Ce manque de constance, assumé mais toujours inexpliqué, finit par peser lourd dans le bilan de l’entraîneur italien. L’OM n’a pas seulement perdu un match de prestige, mais a perdu la bataille mentale, tactique et symbolique face à son rival historique. Toujours en conférence de presse, De Zerbi n’a pas voulu remettre en question ses choix malgré un sentiment d’incompréhension. «J’ai toujours huit, neuf joueurs qui sont les mêmes, je fais juste deux, trois changements en fonction des blessures. Ce soir Aguerd aurait dû jouer s’il n’était pas blessé. Non, je ne trouve pas mon équipe déstabilisée par les changements. Emerson joue tout le temps, Balerdi joue tout le temps, Hojbjerg joue tout le temps, Paixao joue tout le temps, Weah joue tout le temps, quand il n’est pas blessé Gouiri joue tout le temps. Les seuls nouveaux sur le terrain sont Nwaneri et Timber, qui sont des joueurs forts et qui nous apportent quelque chose de différent. Pourquoi cet OM ne me ressemble pas ? Bonne question, je ne sais pas.». Dans un club où la patience est rarement de mise, cette débâcle pourrait laisser des traces profondes, tant dans le vestiaire que dans les bureaux de la direction. Avant la réception de Strasbourg, la semaine s’annonce électrique sur la Canebière, et une question brûle désormais toutes les lèvres. Après une telle humiliation, jusqu’où Roberto De Zerbi peut-il encore aller sans que sa position ne soit remise en cause ?
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