Exclu FM Ligue 1

Bradley Locko, Brest : « regarder la Ligue des Champions plutôt que la jouer, c’est frustrant »

À 23 ans, le Brestois Bradley Locko a fait son retour sur les pelouses du championnat de France après quasiment un an d’arrêt suite à une blessure au tendon d’Achille la saison dernière lors de la pré saison. Son coach, Éric Roy, lui a redonné la confiance qu’il avait et l’a fait participer à chaque rencontre de championnat depuis août. Avant de recevoir le PSG, le latéral Brestois a accepté de se livrer à Foot Mercato afin de revenir sur sa longue période de convalescence, son club et ses ambitions. Entretien.

Par Alexandre Chaillol
7 min.
bradley locko brest @Maxppp

Foot Mercato : lors de la pré-saison l’an dernier, tu te blesses au niveau du tendon d’Achille, ce qui t’éloigne des terrains toute la saison. Comment as-tu vécu ta longue période de convalescence ?

La suite après cette publicité

Bradley Locko : un peu compliqué. Tu sors d’une saison où tu finis dans l’équipe type et tu décroches la Ligue des Champions avec ton club, que ce soit collectivement ou individuellement, c’était une saison top. Et au final, je me blesse en revenant des Jeux olympiques, j’étais dégoûté. Après, il y avait ma famille qui venait me voir, le coach qui m’envoyait des messages tous les jours, les joueurs qui étaient derrière moi, les kinés qui me faisaient rire pour essayer de me remonter le moral. C’est ça qui a fait que je suis très bien revenu. Même si un an, c’est long, ça a été rapide dans ma tête.

Foot Mercato : c’est quoi le quotidien d’un joueur qui se remet d’une aussi longue blessure ? Comment le club t’a accompagné dans ta rééducation ?

La suite après cette publicité

BL : le quotidien d’un gars blessé, c’est Clairefontaine, le club, Clairefontaine, le club. J’essayais d’être au club pendant deux mois et après, j’essayais d’aller à Clairefontaine pendant un mois. J’ai alterné les deux durant toute ma convalescence. Le club m’a surtout accompagné, au niveau mental, je pense. On me disait “Bradley le tendon, c’est dur, mais on sait très bien que tu as la force pour revenir, mentalement, tu es costaud”. Les kinés essayaient de me faire rire un peu tous les jours. L’entente était au top. Les joueurs étaient derrière moi. Je pense que j’avais vraiment besoin de ça comme soutien.

« Se qualifier en Ligue des Champions pour au final ne pas la jouer, c’est quand même rageant »

Foot Mercato : est-ce que tu te sentais à l’écart du groupe ?

BL : non, car j’étais quand même proche du groupe. Quand je faisais mes soins, quand j’étais en salle de kiné, quand j’étais en salle de musculation, ils étaient toujours là. Ils essaient de mettre les mêmes horaires pour que je sois toujours concerné par rapport au groupe. Mais d’un côté, tu regardes les résultats, tu n’es pas dans l’effectif. Tu sais très bien que tu es quand même un petit peu à l’écart.

Foot Mercato : tu as été un grand artisan de la qualification de Brest en Ligue des Champions et malheureusement, tu n’as pas pu la jouer. Ça a été douloureux de regarder ses coéquipiers jouer sans toi ?

La suite après cette publicité

BL : se qualifier pour au final ne pas la jouer, c’est quand même rageant. Mais moi, j’aime énormément le football, que je joue ou que je ne joue pas, je regarde souvent les matchs. Quand je venais au stade, je prenais énormément de plaisir, même si je n’étais pas sur le terrain. Mais bon d’un côté, se qualifier et regarder plutôt que jouer, c’est frustrant.

Foot Mercato : est-ce que tu t’es dit, 'je ne vais jamais revenir à mon meilleur niveau’ ?

La suite après cette publicité

BL : non, parce que dans ma tête, je suis très solide. Moi, cette blessure au tendon d’Achille, je ne la connaissais pas du tout. Je l’ai connue quand je me suis blessé. Je connaissais juste les ligaments croisés et les autres blessures récurrentes. Donc quand j’ai demandé c’était combien de temps, on m’a dit directement : '9 mois ou un an’. Donc c’était compliqué, mais je savais que j’allais revenir.

Foot Mercato : depuis ton retour sur le terrain, quelles sont tes sensations ?

BL : je dirais que je suis à 95 %. Parce qu’au niveau du cardio, au début, c’était compliqué. Les efforts que je faisais, quand je n’étais pas blessé, je n’avais pas tout regagné. Là, ça commence à revenir petit à petit et je commence à me sentir très très bien.

« J’avais vraiment besoin d’un coach comme Éric Roy pour m’épanouir et jouer mon meilleur football »

Foot Mercato : depuis que tu es arrivé à Brest, comment Éric Roy t’a fait passer un cap sportivement ? Quelle est ta relation avec lui ?

BL : quand je jouais, j’étais un peu réticent, je n’allais pas vraiment vers l’avant. Ce qu’il me disait, c’est de prendre confiance en moi et de jouer mon football. Il me disait que j’avais énormément de qualités que ce soit offensivement ou défensivement. Je pense que j’avais réellement besoin d’un coach comme lui pour m’épanouir et jouer mon meilleur football. On a une relation de joueur-coach, mais il est vraiment derrière moi. Il me donne énormément de conseils. Que ce soit un mauvais match ou un bon match, il m’envoie souvent des messages. Il me dit 'bravo Bradley pour ton match’ ou 'Bradley, ce n’est pas grave, la prochaine fois, tu vas faire mieux’. C’est un coach qui est derrière toi et qui te soutient énormément aussi.

Foot Mercato : tu as la chance d’avoir sur le couloir droit le latéral expérimenté, Kenny Lala, quelle relation entretiens-tu avec lui ?

BL : c’est celui qui me parle le plus, je pense, parce qu’il est latéral comme moi. Ça veut dire qu’il me donne énormément de conseils par rapport à mon positionnement, comment défendre, où il faut se placer, c’est vraiment quelqu’un qui apporte que du positif au niveau de mon jeu et dans ma vie aussi.

Foot Mercato : ce samedi à 17h, vous recevez le PSG à la maison, comment appréhendes-tu ce genre de rendez-vous d’un point de vue personnel ?

BL : pour moi, que ce soit le PSG ou une autre équipe, je prends toujours le match de la meilleure des manières. On est tous concernés. On sait que c’est le PSG, qu’ils ont d’énormes qualités, tant offensivement que défensivement. C’est à nous de faire le boulot et on va donner le meilleur de nous-mêmes pour faire un très bon résultat.

Foot Mercato : depuis ton retour dans l’effectif cette année, certains cadres ont quitté le club comme Lees-Melou ou Mahdi Camara, certaines choses ont changé dans le vestiaire ?

BL : ça n’a pas du tout changé. Il y a des joueurs qui sont venus, qui ont pris leur place. Ils sont tous très motivés, ils savent que l’ADN de Brest, c’est d’être bon défensivement et d’être l’équipe la plus dure à battre. Ils font très bien et on essaye de tout faire pour que ça continue ainsi.

« Zhegrova c’est un duel de mental avec lui »

Foot Mercato : quel est l’adversaire le plus dur contre qui tu as joué en Ligue 1 ?

BL : Edon Zhegrova. En fait, il pouvait aller à droite comme à gauche. Moi, les gauchers, je sais qu’ils rentrent souvent à gauche, donc j’anticipe. Mais lui des fois, il se met sur son pied-droit et va à droite. Ça te met un peu dans le flou. Et puis c’est un gros dribbleur, même s’il rate, il va te refixer. Tu peux gagner un duel, au final, il te refixe. C’est un duel de mental avec lui. En affrontant des joueurs comme ça, tu progresses énormément.

Foot Mercato : quelles sont tes ambitions personnelles, tes axes de progression de la saison ?

BL : moi, le plus important, c’est d’enchaîner les matchs, reprendre confiance en moi et de m’améliorer de jour en jour, je dirais. Si j’ai un axe de progression, c’est d’être plus concentré de la première minute jusqu’à la 90e minute, je pense.

Foot Mercato : quel souvenir gardes-tu des Jeux olympiques de Paris avec l’Équipe de France ?

BL : j’ai gardé que des bons souvenirs, l’ambiance qu’on avait était folle, c’était des moments incroyables et la qualité des joueurs était tout aussi incroyable. Il y a plein de personnes qui rêvent de faire les Jeux, je les ai faits à Paris, dans ma ville, il y a toute la famille qui est venue, c’est une chance incroyable et en plus, je suis reparti avec une médaille d’argent. La défaite en finale, c’est sûr que sur le moment, c’est des regrets, mais tu aurais pu repartir sans rien, t’es reparti avec la médaille d’argent, c’est déjà très bien.

La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Copié dans le presse-papier