CAN 2025 : pourquoi le Cameroun de David Pagou fait trembler le Maroc
Ce vendredi soir, le Cameroun aura à coeur de faire tomber le Maroc, pays hôte, lors des quarts de finale de cette CAN 2025. Et les Lions Indomptables ont de sérieux arguments.
7 fois. À sept reprises, le Cameroun a éliminé le pays hôte d’une CAN. Et le Maroc le sait mieux que quiconque. En 1988, pour la seule et unique CAN organisée au Maroc, les Lions de l’Atlas avaient échoué en demi-finale après une défaite face aux Lions Indomptables grâce à Cyrille Makanaky. Ce vendredi, ce même Cameroun aura à cœur de poursuivre sa série en s’offrant à nouveau un pays organisateur. Et cette année encore, les Camerounais ont de sérieux arguments, grâce notamment à l’excellent travail de David Pagou.
Le Cameroun, bête noire du Maroc
Le sélectionneur camerounais a repris la tête de l’équipe il y a quelques semaines à peine, dans des conditions compliquées. Au cœur de la guerre entre la FECAFOOT et le ministère des Sports, il avait été nommé par Samuel Eto’o alors que le sélectionneur sortant Marc Brys était soutenu par le ministère et ne voulait pas quitter son poste malgré un échec lors des qualifications au Mondial 2026 en novembre et un limogeage dans la foulée. Preuve de cette improbable situation, Marc Brys et David Pagou avaient chacun dévoilé leur liste pour la CAN avec des joueurs différents. Et c’est finalement Pagou qui a obtenu gain de cause.
Le coach de 56 ans, qui a fait ses armes dans le championnat camerounais, avait décidé de faire un premier choix fort : se passer des cadres comme André Onana et Vincent Aboubakar et repartir avec un groupe plus solidaire. Un choix risqué mais qui a porté ses fruits depuis le début de la compétition puisque le Cameroun est presque méconnaissable. Après avoir tenu tête au tenant du titre, la Côte d’Ivoire, la formation camerounaise emmenée par Bryan Mbeumo a battu l’Afrique du Sud en 8e de finale, en plus de s’être imposée face au Gabon et au Mozambique.
Un style qui fait mal
Ce vendredi, le Cameroun aura de sérieux arguments pour tenter de faire tomber une équipe du Maroc devant son public mais qui a montré des failles. Et pour poursuivre dans la série des statistiques, la dernière défaite du Maroc à domicile en compétition officielle date de 2009 face au… Cameroun. « Nous sommes fiers d’être là. Nous sommes focalisés. Le Maroc est au top, c’est une immense équipe. Le challenge ne sera pas facile, mais nous sommes prêts à le relever. Mes joueurs sont jeunes et veulent inscrire leurs noms dans les pages du football. Soyons patients avec eux. C’est un quart de finale face au pays organisateur, qui a des individualités très fortes et un collectif performant. Le Maroc n’a pas perdu depuis très longtemps à domicile. C’est une motivation supplémentaire. Ce sera au mental », expliquait Pagou en conférence de presse, estimant aussi que les statistiques du passé n’étaient pas toujours pertinentes.
« Le passé ne garantit pas l’avenir. Surtout en football. Vous pouvez être très performant hier et être un flop aujourd’hui. Les confrontations entre les deux nations font partie du passé. Le Maroc, ce pays ami et frère, est le favori naturel. Demi-finaliste d’une Coupe du monde. Ce sera un match très difficile contre une très bonne équipe. On va essayer de les challenger. Le Maroc va mieux se préparer pour nous damer le pion. Nous sommes dans notre bulle et tous nos joueurs sont jeunes. Ils n’étaient pas nés en 1988. Le Maroc a de très grands footballeurs, le Ballon d’Or 2025 est Achraf Hakimi. Le stade sera plein, mais nous entendrons plus les cris des Camerounais. » Toujours est-il que le Cameroun a les armes pour faire mal à cette équipe du Maroc, avec notamment un milieu de terrain solide qui pourrait bousculer celui du Maroc, décimé par les blessures. Réponse ce vendredi soir à 20h au stade Moulay Abdellah. Mais le Maroc peut craindre le Cameroun, qui semble avoir tout ce qu’il faut pour mettre fin au rêve de tout un pays, aussi bien sur l’aspect mental que sur l’aspect footballistique.