La LFP répond fermement à l’Assemblée nationale
Réunie en Conseil d’administration, la Ligue de Football Professionnel a formalisé une réponse ferme à la proposition de loi relative à l’organisation et au financement du sport professionnel, telle qu’examinée à l’Assemblée nationale. Dans son communiqué, l’instance indique avoir « acté à l’unanimité plusieurs points de préoccupation majeurs » et surtout adopté « une résolution unanime visant à rejeter le texte en l’état ». Elle met en avant en premier lieu la fragilisation du modèle économique des droits audiovisuels, estimant que « l’obligation de diffuser un match en clair fait peser un risque direct sur la valorisation des droits audiovisuels » et pourrait « mécaniquement en réduire la valeur », dans un contexte déjà jugé instable pour les appels d’offres. La LFP insiste également sur une faiblesse majeure du texte concernant le piratage IPTV, dénonçant « l’absence de réponse à la menace majeure du piratage IPTV », alors même que « près de 9 millions d’accès » illégaux seraient en circulation en France, ce qui constitue selon elle « la principale menace pour les revenus du football professionnel ». Elle critique aussi l’impact financier lié aux paris sportifs, estimant que le transfert des recettes de la LFP vers la FFF entraînerait « une perte très importante pour les clubs professionnels », aggravant une situation économique déjà sous tension.
Au-delà des enjeux économiques immédiats, la LFP développe également une critique structurelle de la réforme de gouvernance proposée. Elle considère que le texte « organise un transfert progressif du pouvoir au profit du football amateur », ce qui irait « à rebours des standards internationaux », en réduisant notamment la représentation des clubs professionnels à 25 %, limitant ainsi leur capacité à piloter leur développement. Elle pointe aussi une «complexification accrue de la gouvernance », liée à l’introduction de mécanismes de consultation des supporters sur des sujets opérationnels, susceptibles d’« alourdir les processus de décision sans apporter de réponse aux enjeux structurels ». En conclusion, le Conseil d’administration appelle explicitement à « une révision en profondeur du texte afin de garantir un cadre équilibré, protecteur du modèle économique du football professionnel et conforme aux exigences de compétitivité de la filière », tout en affirmant rester « pleinement mobilisé pour contribuer à l’élaboration d’un dispositif plus pertinent et opérationnel », marquant ainsi une volonté de dialogue malgré un rejet clair de la version actuelle du projet.
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