Eliminatoires CM - Afrique

RDC, Sunderland : l’ascension fulgurante de Noah Sadiki

Déjà essentiel à Sunderland, Noah Sadiki s’installe dans le milieu de la République démocratique du Congo, un an seulement après son arrivée en A. Une belle ascension pour le natif de Bruxelles, longtemps destiné à briller avec la Belgique.

Par Kevin Massampu
3 min.
Sadiki à Sunderland @Maxppp

Semaine après semaine, il s’impose comme l’une des meilleures recrues estivales en Premier League. Arrivé à Sunderland contre 17 millions d’euros, Noah Sadiki s’est imposé comme l’un des hommes de base de Régis Le Bris. Titulaire à chaque journée de Premier League depuis le début de saison, il figure parmi le top 5 du championnat anglais en terme d’interceptions (16) et en kilomètres parcourus (100,14km). Aux côtés de Granit Xhaka, le milieu d’1,73 m s’est rapidement adapté au jeu des Black Cats et à l’intensité du football anglais.

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Avant de rejoindre l’actuel 4e de PL, Sadiki avait déjà fait bonne impression en Belgique. Passé par le centre de formation d’Anderlecht, le Bruxellois s’est révélé à l’USG où il a disputé 108 matchs en trois saisons. Sa belle ascension avec le club belge s’est conclue par un titre de champion de Belgique en 2024-2025, sous la houlette de Sébastien Pocognoli, une place dans le XI type de la Jupiler Pro League et une nomination pour le trophée CAF du meilleur jeune joueur africain de l’année. Cette progression en club laissait entrevoir une carrière internationale sous le maillot des Diables Rouges, dont il avait déjà porté les couleurs en U16, U18, U19 et U20. Mais finalement, Sadiki a pris tout le monde à contrepied.

Un choix qui ouvre la voie à d’autres arrivées

À l’automne 2023, il rejoint la sélection des moins de 20 ans de la République démocratique du Congo. Un an plus tard, il intègre l’équipe A à 19 ans. Une décision qu’il a toujours assumée, malgré les réticences initiales de son entourage. « Mes parents n’étaient pas d’accord avec mon choix de la RDC, confiait-il en début d’année pour le média La 90èmeJ’avais envie de vivre la Coupe d’Afrique des Nations 2023. Malheureusement, je n’ai pas été sélectionné. » Une décision guidée par la foi au projet collectif congolais. « Cette équipe a beaucoup de potentiel. Si les joueurs d’origine congolaise commencent à se conscientiser sur la grandeur de ce que l’on peut réaliser avec cette nation, on peut devenir une des plus grandes nations d’Afrique », expliquait Sadiki, dans un entretien à Canal+ Afrique, le 4 novembre dernier.

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Un choix qui en a inspiré d’autres. Depuis sa sélection, plusieurs jeunes joueurs belgo-congolais ont suivi ses pas : Ngal’ayel Mukau (21 ans, Lille) a été appelé en équipe première deux mois après son coéquipier chez les U20 congolais. Également convoités par les Diables Rouges, Matthieu Epolo (20 ans, Standard de Liège) et Mario Stroeykens (21 ans, Anderlecht) ont été convoqués par Sébastien Desabre lors de ce rassemblement de novembre. En attendant peut-être l’arrivée d’autres talents francophones… « C’est un long chemin qui a déjà commencé, poursuit Sadiki, devenu un titulaire régulier dans l’entrejeu congolais. Il y aura de la casse dans le parcours, mais il faut serrer les dents et aller jusqu’au bout. C’est pour ça que je suis l’un des premiers de ma génération à avoir ouvertement choisi le Congo, parce que je sais que ça pourrait ouvrir des portes aux autres. »

Une initiative qui rappelle celle de Cédric Bakambu, actuel deuxième meilleur buteur des Léopards (20 buts), qui avait su convaincre plusieurs binationaux de rejoindre la RDC au fil des années (Masuaku, Kakuta, Bongonda, Mpasi, Wissa). À l’image de son aîné, Noah Sadiki s’impose comme le nouveau visage de cette génération congolaise. Deuxième de son groupe de qualification derrière le Sénégal, la RDC disputera un barrage décisif face au Cameroun, jeudi, à Rabat (Maroc). Avec en ligne de mire, une finale contre le vainqueur du duel Gabon–Nigéria, dimanche, et le tournoi intercontinental en mars 2026. Pour participer à leur deuxième Mondial (après 1974), les Léopards s’appuieront sur l’expérience des cadres comme Bakambu et Chancel Mbemba. Mais aussi sur la fraîcheur de l’étoile montante congolaise, Noah Sadiki.

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