Super League : Le Real Madrid, le Barça et la Juventus contre-attaquent l'UEFA

Après les sanctions infligées hier soir par l'UEFA, les trois meneurs de la Super League, le Real Madrid, le FC Barcelone et la Juventus ont publié un communiqué commun dans lequel ils expliquent leur position et préparent leur riposte.

Joan Laporta au centre, en compagnie de Florentino Pérez à sa gauche
Joan Laporta au centre, en compagnie de Florentino Pérez à sa gauche ©Maxppp
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Le bras de fer se poursuit entre l'UEFA et les frondeurs de la Super League. L'instance dirigeante du football européen a publié hier ses sanctions à l'encontre des 12 clubs fondateurs de cette compétition éphémère. 9 d'entre eux (les 6 clubs anglais, les 2 de Milan et l'Atlético de Madrid) ont reçu des petites condamnations : 5% de leurs recettes sur les compétitions européennes leur ont été retirés. Ils ont également reçu une amende de 15 M€ qu'ils devront se partager à parts égales, soit 1,6 million d'euros chacun. Ils s'en acquitteront sous la forme de dons en faveur d'écoles de football.

«Ces clubs ont rapidement reconnu leurs erreurs et ont pris des mesures pour démontrer leur contribution et leur engagement futur envers le football européen. On ne peut pas en dire autant des clubs qui restent impliqués dans la soi-disant" Super League, et l'UEFA traitera le sort de ces clubs par la suite» expliquait le communiqué de l'UEFA hier soir. Le Real Madrid, le Barça et la Juventus, les trois clubs leaders, risquent des sanctions bien plus lourdes que leurs anciens compagnons d'échappée. L'UEFA réfléchit carrément à les bannir de toutes compétitions européennes durant une période de deux ans.

Le Real, le Barça et la Juve en veulent à l'UEFA et à la FIFA

Une décision sera prise lors du prochain comité exécutif, qui aura lieu après la finale de Ligue des Champions le 29 mai prochain. Pendant que Florentino Pérez en veut toujours aux "déserteurs", tentant même de leur réclamer des dommages et intérêts pour avoir abandonné le navire en route, seulement 48 heures après l'annonce de la création du projet de Super League, et donc cassé le contrat qui les liait, il essaye en parallèle d'organiser la contre-attaque envers l'UEFA. Ce samedi, les trois vilains petits canards ont publié un communiqué commun dans lequel ils expliquent leur démarche de vouloir réformer le football.

Ils en profitent pour dénoncer les pressions de l'instance européenne mais aussi de la FIFA, affirmant qu'ils sont dans leur bon droit, et parlent d'un manque de respect. Le 20 avril dernier, le Tribunal de commerce de Madrid avait en effet interdit à l’UEFA de prendre des sanctions à l'encontre des sécessionnistes tant que ce conflit n'était pas jugé sur le fond. Aussi, les trois clubs ne supportent pas la menace de sanctions qui planent au-dessus de leurs têtes. Enfin, ils n'hésitent pas à tirer en direction de leurs anciens acolytes qu'ils accusent d'avoir changé d'avis rendant leur position complètement incohérente.

Communiqué complet du Real Madrid, du Barça et de la Juventus :

«(I) Les clubs fondateurs ont reçu et continuent de recevoir des pressions inacceptables, des menaces et des sanctions de la part de tiers afin de retirer le projet proposé et, par conséquent, renoncent à leur droit / devoir de fournir des solutions à l'écosystème du football à travers des propositions concrètes et un dialogue constructif. C'est intolérable d'un point de vue juridique et la justice s'est déjà prononcée en faveur de la proposition de la Super League, ordonnant à la FIFA et à l'UEFA de s'abstenir, à la fois directement, et par l'intermédiaire de leurs membres, de prendre toutes mesures qui pourraient compromettre l'initiative de quelque manière que ce soit en attendant la procédure.

(II) Le projet Super League a été conçu conjointement par les douze clubs fondateurs:

a. Dans le but de fournir des solutions à la situation actuelle insoutenable dans le secteur du football. Les douze clubs fondateurs partageaient la même préoccupation - comme l'ont fait d'autres acteurs du football européen - en particulier dans le contexte socio-économique actuel, à savoir que des réformes structurelles sont indispensables pour garantir que notre sport reste intéressant et survit sur le long terme. Pour y répondre, ils ont annoncé le 18 avril leur volonté de créer la Super League et d'établir un canal de communication avec l'UEFA et la FIFA, dans un esprit constructif de collaboration entre les parties, comme annoncé à chacune d'elles à la même date.

b. Dans le plus grand respect des installations actuelles et de l'écosystème footballistique. Les clubs fondateurs ont expressément convenu que la Super League aura lieu lorsqu'elle sera reconnue par l'UEFA, la FIFA ou les deux, ou lorsque, conformément aux lois et règlements applicables, elle sera considérée comme une compétition compatible à tous égards avec le maintien des clubs fondateurs dans les compétitions nationales respectives. Cependant, malgré ces circonstances, l'UEFA et la FIFA ont jusqu'à présent refusé d'établir un canal de communication adéquat.

c. Afin d'apporter la stabilité financière à toute la famille du football européen, actuellement touchée par une crise profonde qui menace la survie de nombreux clubs. Preuve en est, les engagements annoncés d'allouer annuellement des fonds de solidarité d'un montant garanti, par rapport à ceux distribués par l'UEFA, et de renforcer les règles de viabilité financière, à travers la création d'un système de contrôle clair, transparent et efficace, soumis à des contrôles par fait partie des experts.

(III) Les douze clubs fondateurs ont partagé comment la Super League représente une opportunité unique d'offrir aux fans du monde entier le meilleur spectacle possible et de renforcer l'intérêt mondial pour le football, ce qui n'est pas un fait immuable et qui est soumis aux nouvelles tendances générationnelles. En outre, ils ont partagé que l'un des principaux objectifs est la promotion du football féminin à l'échelle mondiale, une opportunité énorme, mais actuellement sous-estimée, pour le secteur.

(IV) Nous sommes pleinement conscients de la diversité des réactions à l'initiative de la Super League et, par conséquent, de la nécessité de réfléchir aux raisons de certaines d'entre elles. Nous sommes prêts à reconsidérer l'approche proposée si nécessaire. Cependant, nous serions très irresponsables si, conscients des besoins et de la crise systémique du secteur du football qui nous ont amenés à annoncer la Super League, nous abandonnions la mission d'apporter des réponses efficaces et durables aux enjeux existentiels qui menacent le secteur du football.

(V) Nous sommes attristés de voir que les clubs, nos amis et partenaires fondateurs de la Super League sont désormais dans une position incohérente et contradictoire après avoir signé hier de nombreux engagements avec l'UEFA. Cependant, comme les problèmes concrets qui ont conduit les douze clubs fondateurs à annoncer la Super League il y a quelques semaines demeurent, nous réitérons que pour honorer notre histoire, respecter les engagements pris envers nos parties prenantes et nos supporters pour le bien du football, et pour la viabilité financière du secteur, nous avons le devoir d'agir de manière responsable et de persévérer dans la réalisation de nos objectifs, malgré les pressions et menaces continues et inacceptables de l'UEFA.

(VI) Surtout, nous réitérons à la FIFA, à l'UEFA et à toutes les parties prenantes du football, comme nous l'avons fait à de nombreuses reprises depuis l'annonce de la Super League, notre engagement et notre ferme volonté de discuter ensemble, dans le respect des principes du droit mais sans pressions intolérables, des solutions les plus appropriées pour la pérennité de toute la famille du football.»

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