CdM 2026 : Fabio Cannavaro a conquis toute l’Ouzbékistan
Pour la première fois de son histoire, l’Ouzbékistan s’apprête à disputer un match de Coupe du Monde. Portée par les investissements massifs réalisés ces dernières années et par l’expérience de Fabio Cannavaro, la sélection d’Asie centrale veut transformer cette grande première face à la Colombie en point de départ d’une nouvelle dimension.
L’histoire de l’Ouzbékistan à la Coupe du Monde 2026 dépasse largement le simple cadre d’une première qualification. Derrière cette apparition historique se cache une transformation profonde engagée depuis plusieurs années par une nation qui a fait du football un véritable projet de développement. Lorsque Fabio Cannavaro accepte de prendre les commandes de la sélection en octobre dernier, l’ancien capitaine de l’Italie championne du monde ne débarque pas dans une aventure improvisée. Il découvre au contraire un environnement structuré, porté par des investissements massifs dans les académies, les centres de formation et les infrastructures de haut niveau. Le pays a multiplié les réformes, modernisé ses installations grâce à un soutien institutionnel fort et développé une filière capable d’identifier puis d’accompagner les meilleurs talents dès le plus jeune âge. Les résultats se sont progressivement accumulés avec les succès des équipes de jeunes sur la scène asiatique, l’émergence de joueurs capables de rejoindre les grands championnats européens et l’organisation d’événements internationaux qui ont renforcé la crédibilité du football ouzbek. Et en ce sens, Cannavaro n’a pas seulement apporté le prestige de son nom ou l’expérience d’un Ballon d’Or. Il est devenu le visage d’un projet qui cherchait une référence mondiale pour franchir un nouveau cap. Son discours, fondé sur l’exigence, la culture de la gagne et la transmission de son vécu au plus haut niveau, a trouvé un écho immédiat dans un pays de 38 millions d’habitants passionné de football.
La qualification historique obtenue en 2025 a libéré une ferveur longtemps contenue après des décennies d’échecs frustrants aux portes du tournoi. Depuis, l’attente n’a cessé de grandir autour d’une sélection qui ne veut plus seulement participer, mais démontrer que son ascension repose sur des fondations solides. À quelques heures du duel face à la Colombie dans le mythique stade Azteca, Fabio Cannavaro incarne ainsi bien davantage qu’un simple sélectionneur étranger. Le technicien italien est devenu le symbole de la nouvelle ambition ouzbèke, celle d’un football qui refuse désormais d’être considéré comme un invité surprise. Depuis son arrivée, il n’a cessé de mettre en avant la qualité du travail réalisé dans le pays, convaincu que les investissements consentis aujourd’hui permettront à davantage de joueurs ouzbeks d’évoluer prochainement dans les plus grands clubs européens. Cette confiance s’appuie déjà sur une génération prometteuse menée par Abdukodir Khusanov, défenseur de Manchester City, ou encore par le capitaine Eldor Shomurodov, figure emblématique de cette sélection. Cannavaro a rapidement compris que l’Ouzbékistan possédait l’un des réservoirs de talents les plus intéressants d’Asie et que la qualification mondiale ne constituait qu’une étape dans un processus beaucoup plus large. Son défi consiste désormais à transformer l’enthousiasme national en performances sur la plus grande scène du football mondial.
Cannavaro prêt à écrire l’histoire
En conférence de presse, Cannavaro a levé le voile sur le secret de sa préparation particulière. Il a partagé avec ses joueurs les souvenirs de ses propres débuts en Coupe du Monde afin de les préparer à l’événement, dans l’espoir de les voir profiter de l’instant sans subir son poids, afficher une identité forte et prouver que la spectaculaire montée en puissance du football ouzbek n’est pas un feu de paille, mais le résultat d’une stratégie mûrement construite qui porte aujourd’hui ses fruits sur la scène mondiale. «J’essaie de les aider à relâcher la pression. La scène est difficile. J’essaie de leur expliquer qu’il faut en profiter parce que c’est la première fois, on n’a rien à perdre. Mais cela ne veut pas dire que nous allons simplement profiter de l’instant présent. Nous savons que nous devons nous battre. J’ai essayé de partager mon expérience avec eux. J’ai essayé de leur raconter mon premier jour en Coupe du monde, car c’est quelque chose dont on se souvient. Alors je leur ai dit d’en profiter pleinement, d’apprécier tout ce que nous avons vécu depuis notre arrivée ici au Mexique. Il s’agit de montrer aux gens notre culture, notre philosophie. C’est vrai que nous sommes ici pour la première fois, et bien sûr, nous voulons faire part de notre état d’esprit. Si vous voulez réussir, il faut souffrir. J’étais joueur… ils se plaignaient toujours et disaient être fatigués. Je leur disais : "parfois, il faut écouter". Et parfois, en tant qu’entraîneur, il vaut mieux ne pas écouter». Face à une Colombie expérimentée et portée par des milliers de supporters attendus dans les tribunes, les Ouzbeks s’apprêtent à vivre le match le plus important de leur histoire. À des milliers de kilomètres de Tachkent, la présence ouzbèke reste discrète dans les rues de Mexico.
Seuls quelques journalistes et représentants de la délégation ont été aperçus à l’approche de cette première historique. Au pays, en revanche, l’engouement est immense. Des millions de supporters devraient se lever dès l’aube pour assister au tout premier match de l’Ouzbékistan en Coupe du Monde. Un rendez-vous attendu depuis des décennies par une nation où le football occupe une place centrale. «L’un des éléments importants qui m’ont incité à signer pour l’Ouzbékistan était que la fédération investit beaucoup d’argent dans les académies et les infrastructures. Ils ont ouvert un centre national de football bien équipé l’année dernière. À l’avenir, nous verrons davantage de joueurs ouzbeks en Europe, j’en suis certain. Les futurs footballeurs ouzbeks vont progresser et nous en verrons davantage jouer en Europe. J’en suis convaincu car la mentalité qu’ils développent est excellente On a la chair de poule quand on entre dans ce stade. Maradona et Pelé ont marqué l’histoire ici, c’est un rêve pour nous. C’est une première pour l’Ouzbékistan, mais la fédération souhaite poursuivre sur cette lancée. Je suis ravi de continuer à travailler ici, car j’ai constaté beaucoup de points positifs et un fort potentiel au sein de cette équipe nationale. C’est l’un des trois stades les plus emblématiques au monde, et y entrer donne la chair de poule. Entraîner une équipe lors d’une Coupe du monde est différent de ce à quoi je suis habitué. C’est très stimulant, mais lorsque l’arbitre donne le coup d’envoi, mon travail s’arrête et celui des joueurs commence». L’ambiance s’annonce bien différente dans les tribunes de l’Azteca. Les supporters colombiens ont investi en nombre la capitale mexicaine et plus de 65 000 spectateurs sont attendus pour soutenir la sélection sud-américaine, de retour sur la scène mondiale. La veille de la rencontre, les rues du centre-ville ont déjà pris des airs de fête. Drapés de jaune, des milliers de fans colombiens ont envahi les artères de Mexico dans une atmosphère survoltée, multipliant les chants, les fumigènes et les démonstrations de ferveur autour du drapeau national.
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