PSG : le discours musclé de Leonardo sur la gestion des jeunes

Le PSG gère-t-il mal ses jeunes joueurs issus du centre de formation ? Comment peut-il expliquer les départs réguliers des éléments les plus prometteurs ? Le directeur sportif Leonardo a répondu à ces questions avec vigueur.

Leonardo ici au Parc des Princes
Leonardo ici au Parc des Princes ©Maxppp

Leonardo parle rarement pour ne rien dire. Le directeur sportif du Paris Saint-Germain programme minutieusement ses interventions dans les médias. En accordant un long entretien à la radio France Bleu, il a pu balayer les sujets d'actualité, et notamment celui des prolongations de contrat, comme nous vous l'avons relayé ce matin. Mais il a profité d'un temps de parole plus important pour évoquer un autre sujet qui lui tient à cœur, l'avenir des jeunes joueurs du centre de formation. Vous le savez, chaque départ d'un élément formé au club est mal vécu, par les supporters comme les observateurs, et le club de la capitale est souvent critiqué sur la gestion de ses titis.

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Alors, Leonardo a tenu à rectifier le tir sur le sujet. « Ce n'est pas vrai de dire que les jeunes n'ont pas eu l'opportunité de l'équipe professionnelle. On peut parler de Rabiot, Kimpembe, Areola, Dagba, et des autres qui sont partis, comme Nkunku, Diaby, Nsoki. Sans parler de Tanguy Kouassi. Ce qui se passe aujourd'hui, ce n'est pas que la question du PSG. Il y a une règle où tu es obligé de donner que 3 ans de contrat à un jeune de 16 ans. À 19 ans, il est libre. Dans ces moments-là, c'est le plus important pour les gamins de voir s'ils deviendront pro ou pas. Si tu fais jouer en équipe première, beaucoup de choses lui arrivent. Car aujourd'hui, le Français est prêt à partir à 16, 17, 18 ans. (…) C’est un règlement qui est complètement préjudiciable à la France. Tout le monde attend que le contrat se finisse pour dire "viens là" ! », a expliqué le Brésilien, très remonté sur cette question.

Le cas Tanguy Kouassi

Il a ensuite taclé le comportement des clubs anglais et allemands. « L'autre chose, ce sont les équipes qui se comportent comme ça, les équipes allemandes et anglaises. Elles parlent à la famille, elles cherchent à les convaincre en disant n'importe quoi quand ils n'ont que 15 ans. Ça devrait être interdit ! », s'est-il exclamé. « Tous les joueurs partis à 16, 17 ou 18 ans, ils sont où aujourd'hui ? Si tu fais le bilan, honnêtement je n'ai pas les chiffres précis. Ceux qui réussissent, ça représente un pourcentage très faible. » Mais il n'exonère pas pour autant le PSG de ses erreurs. « Après peut-être qu'on s'est trompé aussi. On doit améliorer notre rapport avec les jeunes. Aujourd'hui, on a des joueurs comme Michut, Xavi Simons, El Chadaille, qui sont très proches de l'équipe professionnelle. Et ils vont avoir l'opportunité, c'est quelque chose de très important. Tanguy Kouassi a joué avec nous la Ligue des Champions et il a passé un an pratiquement au Bayern Munich sans jouer. »

Le cas Tanguy Kouassi, qui a souvent été utilisé par Thomas Tuchel alors qu'il n'avait pas choisi de signer son contrat avec le PSG, a marqué les esprits côté parisien, puisqu'il est cité en exemple par Leonardo. Le PSG pensait avoir fait le nécessaire en lui offrant du temps de jeu mais il était malgré tout parti au Bayern Munich. « Ce n'est pas un regret. Le problème, c'est de penser qu'ailleurs, c'est le paradis. Il y a d'autres choses, par rapport au règlement qui n'est pas équilibré. C'est comme ça. On dit " le PSG a perdu un jeune ", mais parfois, je pense que ce n'est pas le PSG qui perd, mais les jeunes qui perdent le PSG. Il y a beaucoup de jeunes qui rappellent et qui ont envie de revenir », a constaté Leonardo. Le message sera-t-il entendu par la nouvelle génération ? On pense notamment à Kays Ruiz-Atil, qui se dirigerait vers un départ à l'issue de la saison...

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