Ligue 1

PSG : la muraille Matvey Safonov a encore tout arrêté

Impérial pendant toute la rencontre, Matvey Safonov a multiplié les arrêts décisifs pour offrir au PSG un succès capital à Lens et un nouveau titre de champion de France. De très bonne augure à quinze jours de la grande finale de Ligue des Champions contre Arsenal à Budapest.

Par Valentin Feuillette
5 min.

Dans une ambiance électrique et bruyante du début à la fin, le RC Lens a longtemps donné l’impression de pouvoir faire vaciller le Paris Saint-Germain ce mercredi soir à Bollaert-Delelis. Les Sang et Or ont démarré tambour battant, avec un pressing agressif, des transitions rapides et surtout une volonté évidente de ne pas laisser respirer les Parisiens. Sima, Saïd, Thomasson ou encore Edouard ont multiplié les appels et les projections pour tenter de faire craquer une équipe parisienne parfois bousculée. Pendant près d’une heure, les Artésiens ont probablement livré l’une de leurs prestations offensives les plus abouties de la saison face au champion de France. Mais malgré cette domination territoriale et cette succession d’occasions, les Lensois ont buté sur un homme infranchissable, Matvey Safonov. Le gardien parisien a écœuré Bollaert à lui seul. Dès la première période, il a répondu présent devant Edouard, Saïd puis Sima avec des interventions pleines d’autorité et beaucoup de calme. Après la pause, alors que Lens poussait encore plus fort pour revenir après l’ouverture du score de Kvaratskhelia, le portier russe a sorti plusieurs arrêts décisifs devant Sima, Sangaré ou encore Udol.

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Même lorsque le stade croyait enfin voir le ballon rentrer, Safonov surgissait encore, avec une manchette, une sortie maîtrisée ou une parade réflexe. Le PSG a souffert, énormément souffert même, mais son gardien a maintenu l’équipe de Luis Enrique à flot jusqu’au bout avant le contre fatal conclu par Mbaye dans le temps additionnel (0-2). «Il a été incroyable. Lens aurait mérité un meilleur résultat. C’est le football… Je me souviens du match de Coupe de France contre le PFC. On a dû défendre plus de temps que d’habitude. Mais si tu veux gagner des trophées, il faut dominer les aspects offensifs et défensifs. L’équipe a montré la mentalité qu’il faut pour gagner» a expliqué Luis Enrique en conférence de presse qui n’est néanmoins pas surpris par le niveau de son portier russe. «Vous êtes peut-être surpris. J’ai toujours dit qu’on a trois gardiens de très haut niveau. On a commencé avec Lucas Chevalier, on a changé. On cherche les joueurs qui sont les meilleurs pour l’équipe et ça peut changer, même chez les gardiens. Il faut être ouvert, c’est mieux pour les joueurs et ça veut dire qu’il faut être performant tous les jours. Les joueurs qui étaient sur le terrain montrent cette capacité. On avait sept blessés, mais ça ne change rien. Tu dois être performant quand tu joues au PSG et que l’entraîneur te donne la possibilité de jouer».

Un total de 8 parades

Après sa rencontre héroïque et malgré ses 8 arrêts, Safonov a pourtant refusé de tirer la couverture à lui malgré une prestation monumentale dans le Nord. Le gardien russe sait que son match a fait basculer le titre définitivement du côté parisien, mais l’international russe a surtout insisté sur la force collective du PSG et sur cette obsession qui habite encore le groupe de Luis Enrique avant la finale européenne. Très calme au moment d’évoquer sa performance personnelle, le portier parisien a également reconnu avoir bénéficié d’une certaine réussite face aux nombreuses situations lensoises. Une lucidité qui résume bien son état d’esprit depuis plusieurs semaines. «Personnellement, je ne sais pas, le plus important pour moi, c’est la victoire aujourd’hui. Les autres choses, c’est du bonus. Je ne préfère pas choisir un match, tous les joueurs de l’équipe ont fait une magnifique saison. Pour nous, ce n’est pas fini, cela se terminera le 30. C’est un chemin qui n’est pas facile et on préfère être concentré jusqu’à la finale. Il n’y a pas de secret, aujourd’hui, j’ai eu de la chance. Si les frappes vont de l’autre côté, il n’y a pas possibilité de l’arrêter. L’adversaire m’a donné un peu de chance et je l’ai utilisé», a-t-il déclaré sur Ligue 1+. Quelques minutes plus tard, alors que les chants parisiens résonnaient encore dans les couloirs de Bollaert, Safonov s’est présenté en zone mixte avec le sourire des très grands soirs.

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Élu homme du match après avoir écœuré les attaquants lensois pendant plus de quatre-vingt-dix minutes, le Russe a insisté sur la dimension collective de cette soirée et sur l’état d’esprit d’un groupe déjà tourné vers les prochaines échéances. Derrière son calme apparent, le gardien parisien a aussi laissé transparaître une immense fierté personnelle après une saison où il a dû gagner sa place et répondre présent dans les rendez-vous majeurs. «Tout le monde est content. Je pense que vous avez regardé cette ambiance de l’équipe après le deuxième but. Ça a été incroyable et très important pour nous à gagner aujourd’hui parce que Lens avait quelques chances mathématiques pour encore gagner le titre. Ça a été notre idée de finir aujourd’hui ici. Ça a été très important pour moi. Je pense qu’on a montré avec notre jeu aujourd’hui. Je ne pense pas que c’est quelque spécifique en général le stade, mais bien sûr, aujourd’hui, ça a été spécifique pour ce match. L’adversaire a créé beaucoup d’occasions. J’ai eu du travail aujourd’hui. Ce n’est pas tous les matchs comme ça. C’est le fruit de mon travail, notre mentalité, parce que je n’ai pas arrêté de travailler. Je suis ici depuis deux années et je pense que je n’ai pas eu un seul jour sans travailler. Les performances de notre équipe cette saison est aussi le résultat de mon travail. Je suis très content avec ça, mais notre chemin n’est pas fini. On a une idée dans notre tête, toute l’équipe, tout le monde. On va continuer le travail avec grande concentration». Sous les projecteurs de Bollaert, Matvey Safonov a rappelé qu’un titre se construit aussi avec des gardiens capables de gagner des matches presque à eux seuls.

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