Pourquoi le Real Madrid doit s'inquiéter d'affronter le Borussia Mönchengladbach

Battu par le Shakhtar Donetsk pour son entrée en lice dans cette édition 2020/2021 de la Ligue des Champions, le Real Madrid est déjà en difficulté au moment d'affronter le Borussia Mönchengladbach. Un adversaire à la portée de la Casa Blanca mais qui a le profil parfait pour poser des soucis à la bande de Zinedine Zidane.

Florian Neuhaus joueur du Borussia Mönchengladbach
Florian Neuhaus joueur du Borussia Mönchengladbach ©Maxppp

Vainqueur du FC Barcelone (3-1) ce samedi lors du traditionnel et attendu Clàsico, le Real Madrid a su se sortir d'une mauvaise passe en battant son rival de toujours. Dominé le samedi précédent par le promu Cadix (1-0) puis mercredi dernier par le Shakhtar Donetsk (3-2), le Real Madrid était au bord de la crise. Si la situation s'est calmée, cela n'a juste été une application de pommade sur les maux du club merengue. Sur la lancée de la saison dernière, cette équipe madrilène a montré de la solidarité contre le FC Barcelone et lorsque les principales individualités que sont Sergio Ramos, Thibaut Courtois, Toni Kroos et Karim Benzema sont au rendez-vous, cette équipe est capable d'atteindre un bon niveau de performance. Cependant, l'absence de relation technique autour du Français fait toujours aussi défaut. Ni Vinicius Junior, qui vendange toujours la plupart des opportunités qu'il obtient ni Marco Asensio qui est trop neutre, n'ont su se mettre en évidence face au FC Barcelone. Si on pense aussi à Rodrygo Goes qui est encore trop tendre, ainsi qu'Isco et Eden Hazard qui enchaînent les blessures et les méformes, on voit bien qu'offensivement le Real Madrid dépend trop de Karim Benzema ou des exploits individuels de ses milieux (Luka Modric, Federico Valverde, Toni Kroos ou encore Casemiro) ou bien du jeu aérien de ses défenseurs (Sergio Ramos et Raphaël Varane). Ce qui continue de fonctionner depuis un peu plus d'un an et le retour de Zinedine Zidane sur le banc de touche.

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Cependant, un mal persiste et fait parfois perdre totalement les pédales au Real Madrid. On l'a vu contre Cadix, on l'a vu contre le Shakhtar Donetsk. L'an dernier des équipes comme le Paris Saint-Germain, la Real Sociedad ou Manchester City ont mis le doigt dessus. Le Real Madrid est bien moins souverain aux changements de rythmes soudains et à la recherche incessante de la profondeur avec une transition rapide. L'an dernier, le duo de la Real Sociedad Martin Ødegaard - Alexander Isak avait semé la zizanie dans la défense madrilène en Copa del Rey en mettant en grande difficulté la charnière Eder Militao - Sergio Ramos ainsi que Marcelo, qui n'arrive plus à défendre quand les longs ballons se multiplient dans son dos. Ce même Marcelo qui a subi un véritable calvaire samedi dernier contre Cadix et mercredi contre le Shakhtar Donetsk. Dire que le latéral gauche brésilien n'est plus le joueur qu'il était encore il y a trois ou quatre ans et loin d'être une aberration. Lors de ces deux matches, il a tenté comme à son habitude, mais il a aussi beaucoup beaucoup trop subi. Tout d'abord face au promu espagnol, Salvi s'est régalé au même titre qu'Anthony Ruben Lozano dans le couloir quand il dézonait. Provoquant ainsi un déséquilibre défensif qui faisait voler en éclat la structure du Real Madrid. Contre le Shakhtar, ce sont les mouvements incessants de Tetê, Marlos et Manor Solomon qui lui ont fait perdre toute lucidité. Cependant faire reposer toutes les lacunes du Real Madrid uniquement sur Marcelo est réducteur. Tout d'abord, Ferland Mendy est devenu titulaire indiscutable à gauche et que les récentes titularisations du Brésilien résultent d'une volonté de faire souffler l'ancien Lyonnais ou bien de compenser la blessure de Dani Carvajal à droite. Surtout, le problème provient des faiblesses madrilènes dans un sens plus large.

Le Borussia Mönchengladbach a le style idéal pour faire déjouer le Real Madrid

Face à l'absence de véritables soutiens fiables à Karim Benzema sur le front de l'attaque, le Real Madrid essaye de porter le ballon assez haut pour accompagner son numéro 9 de la meilleure des manières. De ce fait, pour progresser dans le camp adverse et ainsi se retrouver en nombre au moment d'attaquer, le tempo de construction est lent avec Toni Kroos notamment qui doit se charger de réguler le jeu de la Casa Blanca. Une méthode qui permet de compenser le manque de joueurs décisifs au sein de l'effectif du Real Madrid, mais qui est suivie par un revers de médaille. Si une équipe joue rapidement en transition et empêche le Real Madrid d'imposer ce rythme lent sur 10, 15 ou 20 minutes, il est possible d'arriver en surnombre dans la moitié de terrain adverse. Les défenseurs se retrouvent alors en 1 contre 1 ou même en situation de 1 contre 2. Cela était marquant contre Cadix, mais encore plus contre le Shakhtar Donetsk où Marcos Antonio et Maycon se chargeaient d'une transition rapide et verticale. Devant, Dentinho, Manor Solomon, Marlos, Viktor Kornienko, Dodô ou encore Tetê n'avaient plus qu'à se régaler face au quatuor défensif du Real Madrid. Alors au moment d'aborder le Borussia Mönchengladbach, les doutes rencontrés depuis le début de la saison peuvent rester. Car si le Borussia Mönchengladbach risque de mettre en place un bloc plus haut que Cadix ou le Shakhtar Donetsk, cette équipe est l'une des plus verticales de Bundesliga.

Avec comme chef d'orchestre Marco Rose, l'ancien coach de Salzbourg, l'équipe allemande a opéré une évolution dans son jeu en se montrant davantage flexible et clinique. Avec une charnière assez solide (Elvedi - Ginter), des latéraux avec une mentalité de piston voire d'ailier (Lainer- Bensebaïni) et un double pivot qui sert de rampe de lancement (Neuhaus - Kramer, ce dernier profitant de la blessure de Zakaria), le Borussia Mönchengladbach dispose d'une base bien en place pour attaquer le dos de la défense. Florian Neuhaus s'illustrant notamment par son jeu court, mais surtout son jeu long afin de chercher la profondeur. Avec Jonas Hofmann dans un style box-to-box et des attaquants mangeurs d'espaces comme Breel Embolo, Marcus Thuram ou encore Alassane Pléa, la défense du Real Madrid devra faire attention à ne pas se retrouver en infériorité numérique sous peine d'exploser. Surtout qu'offensivement, les Fohlen ne manquent pas de densité avec des joueurs comme Patrick Hermann, Hannes Wolf ou Lars Stindl qui peuvent aussi débuter ou à minima entrer en jeu. Débutant par une défaite en Ligue des Champions, le Real Madrid doit absolument se méfier de son déplacement en Allemagne. Sous peine de sérieusement hypothéquer ses chances de qualification pour la suite du tournoi.

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