Euro 2020 : pourquoi l'Espagne a fait le forcing pour Aymeric Laporte

Aymeric Laporte devrait défendre les couleurs de la Roja lors du prochain Euro. Mais il y a bien longtemps que les instances du football espagnol rêvaient de le voir revêtir la tunique de la Roja.

Aymeric Laporte avec l'Espagne
Aymeric Laporte avec l'Espagne ©Maxppp
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Un vivier fragile

Paradoxalement, la Roja avait peut-être plus besoin de lui à une époque un peu plus lointaine, notamment autour des années 2015 et 2016 quand les premières rumeurs concernant son avenir international ont commencé à apparaître. Aujourd'hui, Luis Enrique peut compter sur plusieurs défenseurs encore assez jeunes et qui ont un avenir assez brillant devant eux, à l'image de Pau Torres (24 ans), qui sort d'une saison brillante avec Villarreal et est annoncé dans les plus gros clubs européens, ou de Mario Hermoso (25 ans), cadre de l'Atlético de Madrid. Eric Garcia (20 ans) est aussi considéré comme un zaguero au potentiel débordant.

Mais globalement, c'est encore trop peu expérimenté par rapport aux autres gros pays du Vieux Continent, où les sélectionneurs peuvent aligner des joueurs confirmés, en se basant plus sur leurs acquis et leur niveau actuel que sur leur potentiel ou leurs bonnes prestations sur une ou deux saisons. Même s'il n'est plus vraiment titulaire à Manchester City, Aymeric Laporte a déjà une certaine expérience que beaucoup n'ont pas, notamment sur les rencontres de Ligue des Champions. Propulsé au plus haut niveau à un âge très précoce, on peut aller jusqu'à affirmer que sur le papier, il est le défenseur espagnol offrant le plus de garanties derrière Sergio Ramos.

L'après-Ramos

Justement, il va falloir penser à remplacer l'Andalou, qui vient de fêter ses 35 ans. Même si les deux hommes ont des profils assez différents, c'est Aymeric Laporte qui semble être appelé à prendre la relève du Merengue. Du moins, dans un premier temps, en attendant que certains des défenseurs cités plus haut puissent aussi prétendre à ce rôle de patron de la défense ibérique.

L'après-Piqué a par exemple été difficile à gérer, avec des sélectionneurs qui n'ont pas réussi à trouver un accompagnateur idéal pour Sergio Ramos, puisqu'Íñigo Martínez par exemple n'a jamais réussi à être régulier, de même pour Diego Llorente, alors que des joueurs sur lesquels beaucoup d'espoirs avaient été fondés comme Marc Bartra n'ont jamais réussi à être à la hauteur, à commencer par leur club. Pour Ramos, il ne faudra pas se louper, et aujourd'hui Laporte est le candidat idéal.

Un profil très apprécié

Si l'Espagne a tout fait pour naturaliser le natif d'Agen, c'est parce que son profil colle à merveille à ce que sont, ou que veulent être du moins, la Roja et le football espagnol en général. Grâce à ses classes au centre de formation de l'Athletic, Laporte a un profil très espagnol. Le gaucher répond tout simplement au critère principal qu'on attend d'un défenseur central de l'autre côté des Pyrénées : une qualité de relance impeccable. Peut-être moins bon dans les duels que les défenseurs français ou portugais - en grossissant les traits - il a tout du défenseur espagnol moderne.

En plus d'être brillant balle au pied, il a des qualités physiques plutôt supérieures à la moyenne. Il est à l'aise lorsqu'il faut jouer loin de la surface, tant sur les séquences de possession que sur les transitions défensives, ce qui n'est pas négligeable pour une équipe qui a tendance à jouer avec une ligne défensive assez haute sur le terrain. C'est un défenseur qui sait anticiper et est généralement bien positionné, ce qui en fait un complément parfait à Sergio Ramos, qui est lui plus dans le duel et le corps à corps.

Pas vraiment de soucis identitaire

Chez nos voisins ibériques, il y a logiquement des gens qui ne voient pas la naturalisation d'un joueur d'un bon œil. Le cas de Diego Costa avait beaucoup fait débat à l'époque par exemple. Mais pour Aymeric Laporte, c'est moins prononcé. Notamment parce que le défenseur franco-espagnol est arrivé en Espagne très tôt - l'Athletic l'avait recruté à 14 ans mais il a dû attendre ses 16 ans pour rejoindre Bilbao - et qu'il a plus ou moins toujours fait partie du paysage footballistique espagnol.

A l'image de Lucas Hernandez, qui avait finalement choisi de défendre les couleurs de la France, ou de Thiago Alcantara, qui a misé sur l'Espagne, il a plus ou moins toujours été considéré comme quelqu'un de la maison en Espagne. Le fait d'avoir été formé à l'Athletic, club à forte identité locale et fournisseur habituel de joueurs pour la sélection espagnole, y est aussi pour beaucoup. La décision ne fait donc pas grincer des dents de l'autre côté des Pyrénées. Il est d'ailleurs assez intéressant de voir que dans le cas de Gabriel Paulista, autre joueur "étranger" pressenti pour jouer avec la Roja, les avis sont bien plus mitigés... Nul doute que si la Fédération a autant insisté, c'est qu'elle savait que l'opinion publique serait plutôt favorable.

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