Karl-Heinz Rummenigge veut réformer le système économique du football

La crise du coronavirus et son énorme impact financier sur les clubs de football incitent les dirigeants à revoir le système mis en place, notamment au niveau des salaires. Karl-Heinz Rummenigge, le patron du Bayern Munich, qui a souvent pointé du doigt les tarifs excessifs sur les transferts, appelle à une nouvelle initiative pour changer les mauvaises habitudes prises sur les salaires des joueurs.

Karl-Heinz Rummenigge, le patron du Bayern Munich
Karl-Heinz Rummenigge, le patron du Bayern Munich ©Maxppp

Karl-Heinz Rummenigge quittera son poste de PDG du Bayern Munich à la fin de l'année, après 30 années de présence à la direction du club. Pas le dernier pour critiquer la gestion des autres clubs européens, il a lui aussi été confronté aux récentes dérives d'un football professionnel aux tarifs devenus fous. On peut citer le dossier David Alaba. Le défenseur autrichien réclamait un salaire de 20 M€ brut par an pour prolonger son contrat, ce qui a été refusé par la direction bavaroise, qui avait déjà concédé un grand effort financier pour conserver Robert Lewandowski.

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Alors aujourd'hui, c'est bien le problème des salaires qui interpelle Karl-Heinz Rummenigge, alors que la crise sanitaire a placé les clubs face à leurs responsabilités. « Le problème est ancien et a commencé avec l'arrêt Bosman de 1996. Puis au cours des dix dernières années, nous avons tous commis des erreurs, car nous avons dépensé de plus en plus en faveur des joueurs et des agents. La pandémie a montré que nous devons revenir en arrière, à un modèle plus rationnel. J'espère que c'est possible, mais ce ne sera pas facile », a-t-il expliqué dans les colonnes du Corriere della Serra.

Stopper la surenchère salariale

Si le Bayern a revendiqué son côté anachronique ces dernières années en ne tombant pas dans la surenchère systématique dans les transferts (hormis Lucas Hernandez, recruté 80 M€, le Bayern n'est jamais monté au-delà des 45 M€), il a par contre dû suivre le mouvement sur l'inflation des salaires pour garder ses meilleurs éléments. Et le club bavarois n'a pas apprécié la pression mise récemment sur les dossiers Lewandowski et Alaba. Alors il espère désormais que tout le monde va aider à changer le système.

«J'ai l'impression que les prix des transferts ont dans certains cas chuté jusqu'à 50%. Quant aux salaires des meilleurs joueurs, en revanche, les agents sont toujours en mesure d'obtenir des solutions à la hausse. Nous devons trouver une solution européenne : en Allemagne, nous en avons discuté avec un groupe de travail, qui a impliqué des politiciens et des supporters. Les gens veulent un football plus rationnel », a-t-il affirmé, avant de revenir sur l'hypothèse d'un plafond salarial.

«Ce serait peut-être une bonne initiative, mais en 2008 avec Platini comme président de l'UEFA et Infantino comme directeur général, nous sommes allés à Bruxelles voir si c'était une voie viable : les politiciens nous ont toujours dit que nous irions à l'encontre du droit européen. Le moment est peut-être venu de prendre une nouvelle initiative et de corriger ce que nous avons fait ces dix dernières années ». Il aura quand même fallu une pandémie mondiale pour que les grands clubs souhaitent stopper la surenchère salariale !

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