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CAN 2025 : le Sénégal va enfin ouvrir son autre bataille juridique au Maroc

Le feuilleton de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc s’apprête à vivre une nouvelle semaine décisive. Tandis que le recours devant le Tribunal arbitral du sport se prépare en coulisses et que le président de la CAF, Patrice Motsepe, multiplie les déplacements pour apaiser les tensions, l’ouverture du procès en appel des supporters sénégalais détenus au Maroc promet de raviver un dossier déjà explosif.

Par Valentin Feuillette
5 min.
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Le football africain retient son souffle depuis plusieurs semaines désormais. Avec les procédures judiciaires, les tensions diplomatiques et les déplacements du patron du football continental, la semaine qui s’ouvre pourrait marquer un tournant dans l’interminable feuilleton de la CAN 2025. Depuis près d’un mois, le Sénégal et le Maroc avancent dans une atmosphère mêlant crispations et appels au calme, chacun défendant sa position dans une affaire qui dépasse désormais largement le terrain. Alors que les regards restent tournés vers le recours déposé devant le Tribunal arbitral du sport par la Fédération sénégalaise, une autre échéance majeure s’impose à l’agenda judiciaire et politique. Le procès en appel des supporters sénégalais arrêtés lors de la finale de la CAN 2025 doit enfin s’ouvrir ce lundi à Rabat. Une audience très attendue qui intervient dans un climat déjà chargé et qui promet de peser lourd dans la séquence diplomatique entre Dakar, Rabat et les instances du football africain.

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Le mois de mars aura été particulièrement agité pour les deux nations. Le 17 mars, la décision de la CAF de retirer au Sénégal son titre acquis sur le terrain face au Maroc a déclenché une tempête politique et sportive. Le jury d’appel de l’instance continentale a considéré que la sortie temporaire des joueurs sénégalais de la pelouse lors de la finale équivalait à un forfait, offrant ainsi la victoire administrative au pays hôte. Une interprétation vivement contestée à Dakar. Les avocats de la fédération sénégalaise ont dénoncé une décision « grossière, absurde et irrationnelle », promettant de porter l’affaire devant la juridiction suprême du sport mondial. Depuis, la bataille s’est déplacée sur le terrain juridique. La FSF affirme rester « juridiquement championne d’Afrique » et réclame une procédure accélérée devant le TAS afin d’obtenir un verdict avant la Coupe du Monde 2026. Dans cette confrontation à distance, la Fédération royale marocaine assure de son côté agir dans le strict respect des règlements et coopérer pleinement avec les instances internationales, à l’heure où les Sénégalais ont célébré leur victoire au Stade de France pendant la dernière trêve internationale avec un match amical contre le Pérou.

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Un procès très attendu ce lundi

Au cœur de cette période de turbulences, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a multiplié les déplacements pour tenter d’apaiser les tensions. Après une visite à Dakar où il a rencontré le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le dirigeant sud-africain s’est rendu à Rabat pour afficher une volonté de dialogue et de réforme. Devant la presse, il a promis un football africain « débarrassé de tous les problèmes qui peuvent entacher son équité ». Motsepe a également reconnu que les règlements de la CAN devraient évoluer à la lumière des événements survenus lors de la finale. « Les sanctions doivent être exemplaires et les règles doivent être améliorées », a-t-il expliqué, tout en appelant à respecter la procédure en cours devant le TAS. Le président de la CAF a par ailleurs rejeté les accusations de corruption formulées au Sénégal, les qualifiant de « fausses et sans fondements », et a insisté sur la nécessité de préserver « l’intégrité et la réputation des 54 associations membres ». Mais l’échéance la plus immédiate concerne désormais le procès en appel des 18 supporters sénégalais arrêtés après les incidents survenus lors de la finale de la CAN à Rabat. Initialement prévu fin mars, le procès a été reporté à plusieurs reprises avant d’être fixé demain, le 13 avril, devant la cour d’appel. Condamnés en première instance à des peines allant de trois mois à un an de prison pour hooliganisme et violences lors d’un événement sportif, ces supporters sont devenus un symbole sensible dans la crise actuelle. Le Conseil national des droits de l’Homme du Maroc assure suivre la procédure de près afin de garantir la transparence et le respect des droits fondamentaux.

L’institution explique avoir assisté aux audiences, examiné les dossiers et même rencontré les détenus dans les prisons d’Al Arjat, sans la présence de l’administration pénitentiaire. Selon le Conseil, les accusés n’ont formulé « aucune allégation de violation de leurs droits », tandis que l’observation du procès vise à garantir « la présomption d’innocence, la publicité des audiences et l’accès effectif aux droits de la défense ». Pour rappel, la FRMF n’a pas de rôle direct en tant que partie civile ou requérante devant les tribunaux marocains. Cette procédure pénale relève du droit interne marocain, déclenchée par les autorités judiciaires locales à la suite des incidents de violence et d’envahissement de pelouse qui ont éclaté à l’issue de la finale de la CAN 2025, et non d’une action judiciaire initiée par la fédération sportive. En ce sens, ce sont les forces de l’ordre et le parquet marocain qui ont engagé les poursuites pénales pour des chefs d’accusation tels que l’intrusion non autorisée sur le terrain, les actes de violence liés à un événement sportif, les jets de projectiles et les violences contre les forces de l’ordre, et ce devant les juridictions marocaines compétentes à Rabat. Le rôle de la FRMF reste strictement sportif et institutionnel avec une implication directe dans les démarches auprès de la CAF dans le litige sportif avec la Fédération sénégalaise concernant la finale, mais pas dans la poursuite judiciaire des supporters qui est encadrée par le droit pénal marocain. L’attention sur cette procédure, notamment via l’observation du Conseil national des droits de l’Homme marocain, vise à garantir un procès équitable, mais ne modifie pas la nature civile ou pénale des autorités compétentes qui poursuivent ces affaires. Autant d’éléments qui devraient contribuer à éclairer une affaire devenue, au fil des semaines, l’un des dossiers les plus sensibles du football africain.

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