« Nous sommes l’équipe la plus maltraitée de toute la Coupe du Monde », l’Iran est écoeurée par la FIFA et les États-Unis
Après le match nul face à la Nouvelle Zélande, les Iraniens ont pris la parole pour tacler la FIFA et les conditions dans lesquels ils disputent le tournoi.
La bonne surprise de cette première journée de la Coupe du Monde. Si l’affiche entre l’Iran et la Nouvelle Zélande ne faisait pas rêver sur le papier, les deux sélections ont déjoué tous les pronostics pour nous offrir un joli spectacle. De nombreux médias du monde entier pensent même que ce match nul (2-2) est la meilleure rencontre du tournoi jusqu’à présent. Pourtant, tout ne s’est pas passé parfaitement à Los Angeles. Dans une ambiance pesante, la Team Melli, qui a dû changer son camp de base avant le Mondial ou qui a encore mis du temps à obtenir des visas, a fait face à quelques soucis.
La sélection iranienne a notamment été huée lors de la diffusion de son hymne national. Les joueurs ont aussi été mis au courant de manifestations contestataires aux abords du stade de Los Angeles. Les manifestants ont notamment brandi des portraits de victimes du régime ou encore des drapeaux de l’Iran avant la révolution de 1979. Au-delà de l’atmosphère très particulière, l’Iran doit aussi gérer des soucis d’organisation. Après le nul, le sélectionneur national Ghalenoei, qui s’était déjà plaint de nombreux visas refusés au sein de la fédération (11 membres recalés) a fait savoir que la sélection devait quitter le sol américain très vite.
Les Iraniens se plaignent
«Ils nous ont dit que nous devions partir immédiatement. Cela nous inquiète beaucoup. Franchement, nous ne comprenons pas pourquoi ils nous renvoient. C’est très étrange. On dirait que d’autres décident de notre départ. Notre équipe est la plus opprimée de toute la Coupe du monde. Notre président n’est pas là, nos médias ne sont pas là, une grande partie de notre équipe dirigeante n’est pas là.» Mehdi Taremi, qui avait déjà déclaré à la veille du match que la fête était gâchée, a conclu : « en réalité, tout est comme une catastrophe pour nous. »
Le joueur a aussi précisé que Gianni Infantino, le président de la FIFA, leur a rendu visite dans les vestiaires après le nul contre les Kiwis. Le boss du football mondial leur a promis son aide. Ce qu’il avait déjà fait avant la compétition. Pour le moment, cela ressemble plus à des paroles qu’à des actes de la part de la FIFA; qui se refuse à commenter cette affaire tout comme la Maison Blanche. Après leur match, les Iraniens ont donc quitté le stade à 22h07 avant de prendre un vol prévu à 23 heures (heure américaine) hier soir afin de rentrer à Tijuana, à la frontière mexicaine.
Un traitement qui fait jaser
Ils étaient déjà agacés d’avoir dû rejoindre Los Angeles seulement la veille du match, alors qu’ils auraient aimé arriver deux jours avant le coup d’envoi afin de se préparer au mieux. « On se fatigue. Je trouve ce genre de chose un peu injuste, vous savez ? », a lancé Mohammad Mohebi, buteur face à la NZ. Taremi est du même avis.« Ce n’est pas bon pour nous, vous savez ? Ce n’est pas bon pour le football, car en Coupe du monde, il faut bien se préparer pour le match suivant, car c’est une période très stressante pour les joueurs, le staff et tout le monde. Mais nous n’avons pas ce soutien, et je pense que la FIFA doit nous aider davantage. »
Le joueur, que des membres de la FIFA ont tenté de faire taire en zone mixte où il s’exprimait face à la presse selon The Athletic, poursuit : «c’est une mauvaise situation, et nous en avons assez, car depuis deux mois, le mois dernier, nous avons beaucoup de problèmes, vous savez ? Et c’est vraiment grave, et cela affecte notre équipe.» Son sélectionneur est d’accord. « Nous sommes heureux de retrouver le peuple mexicain à Tijuana, mais d’un point de vue technique, nous aurions dû rester ici ce soir. Ils compliquent de plus en plus la situation, ils multiplient les obstacles, mais nous continuerons à faire de notre mieux.» Taremi, qui a refusé de citer les États-Unis mais qui a laissé entendre qu’ils étaient responsables, a ensuite évoqué le cas Infantino. « Bien sûr, il veut nous aider, mais il y a aussi d’autres choses. Vous savez, tout le monde le sait. Je n’ai pas besoin d’en dire plus, vous savez où nous en sommes. » Mohebi a ajouté : « ce n’est pas juste… L’atmosphère est difficile pour nous. » Dans ce contexte, l’Iran va pourtant devoir tracer sa route.
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