L’Iran est déjà sous une énorme pression à la Coupe du Monde 2026
Dans la nuit de lundi à mardi, l’Iran va entrée en lice lors de cette Coupe du Monde 2026. Les Iraniens, qui seront opposés à la Nouvelle-Zélande, débarquent dans un contexte géopolitique très particulier avec des pressions venues de toutes parts.
L’Iran va bien participer à la Coupe du Monde 2026. Pendant très longtemps, la présence des Iraniens lors du tournoi n’était pas assurée. À un moment donné, il a même été question que la sélection nationale, qui a acquis sa qualification sur le terrain, jette l’éponge en raison du conflit géopolitique au Moyen Orient opposant le pays aux États-Unis et à Israël. Une autre sélection asiatique ou l’Italie ont même été envisagés afin de les remplacer au pied levé. Finalement, l’Iran va bien prendre part au Mondial. Pour les coéquipiers de Mehdi Taremi, le tournoi va débuter face à la Nouvelle-Zélande à Los Angeles dans la nuit de lundi à mardi. Forcément, tout le monde espère que tout se passera bien sur le terrain comme en dehors.
D’autant qu’une bonne nouvelle est arrivée il y a quelques heures avec l’annonce d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran et la réouverture du détroit d’Ormuz. La signature d’un accord est d’ailleurs prévue le 19 juin en Suisse. C’est dans ce contexte très spécial que l’Iran débute donc son tournoi. La sélection nationale a dû s’adapter à cette situation, elle qui a notamment déplacé son camp de base de Tucson (Arizona) à Tijuana, une ville frontalière au Mexique. L’Iran a aussi dû composer avec «des inquiétudes concernant les visas, la sécurité et la guerre» rappelle la BBC. Cela a forcément impacté le staff et les joueurs, qui doivent entrer et sortir des États-Unis le jour des matches. La préparation a aussi été tronquée ces derniers mois comme le rappelle le journaliste Hatam Shiralizadeh. «Chacun s’entraînait à la maison ou à la salle de sport. Le staff technique de l’équipe nationale restait en contact permanent avec eux.» Et ce n’est pas fini comme l’a expliqué Mehdi Taremi, de passage face à la presse.
Une préparation tronquée
« Ce genre de tension gâche la joie de la Coupe du Monde. J’ai ressenti la tension dès notre arrivée. La tension était palpable avant même que nous arrivions ici. » Un avis partagé par son sélectionneur, Amir Ghalenoei. « Il ne fait aucun doute que ce genre de comportement a nui à l’esprit du football. Le football est censé rassembler les nations et les cultures. Il est censé apporter de la joie. Ces circonstances ont affecté notre concentration, mais j’ai essayé de faire en sorte que les joueurs se concentrent sur la stratégie et la performance. Mais je sais à quel point ces joueurs sont déterminés à performer.» Taremi et ses coéquipiers veulent défendre tous les Iraniens et les couleurs du pays du mieux possible.
«En tant que joueurs de l’équipe nationale, nous jouons pour chaque Iranien, qu’il soit dans la diaspora ou en Iran. Dans chaque pays, les gens ont des opinions différentes. Nous sommes ici pour unir les gens et apporter de la joie. Chacun a le droit à son opinion. Nous ne nous impliquons pas en politique.» Sauf que la rencontre pourrait connaître quelques perturbations. Hier, il a été révélé que la FIFA craint que certains spectateurs affichent des messages politiques dans les tribunes du stade de Los Angeles. Une cité qui est surnommée «Tehrangeles» en raison de la présence d’expatriés iraniens, dont certains affichent leur opposition au régime en place au pays. La BBC confirme que la FIFA craint des débordements de la part de supporters qui ne viendront pas pour encourager et applaudir l’Iran, mais pour protester.
Une pression énorme qui colle au maillot de la sélection
«La FIFA a d’ailleurs interdit le drapeau du Lion et du Soleil d’avant la révolution, un symbole fort pour de nombreux Iraniens vivant à l’étranger», précise le média anglais, qui a pu échanger avec Arezo Rashidian, qui fait partie des organisateurs d’une manifestation prévue devant le stade avant le match. « On ne vient pas à Los Angeles pour nous dire qu’on ne peut pas brandir le drapeau du Lion et du Soleil. Il s’agit de la plus grande communauté iranienne hors d’Iran. Beaucoup d’entre nous sont arrivés ici après la révolution. Nous nous opposons à l’interdiction de la FIFA et nous sommes solidaires du peuple iranien. Il est regrettable que le régime instrumentalise les athlètes. Nous voulons que les athlètes restent des athlètes. Nous comprenons la pression qu’ils subissent. Nous porterons haut nos couleurs. Nous soutiendrons l’Iran, ce pays pris en otage par la République islamique.»
Face à cela, Ahmed Donyamali, le ministre des Sports iranien, a prévenu : «nous avons informé la FIFA que si [des protestations] hostiles à l’équipe nationale sont scandées (…), le sélectionneur de l’équipe sera tenu d’arrêter le match.» Le journaliste iranien, Samindra Kunti, estime que la sélection nationale va payer toute cette situation sportivement. « L’équipe iranienne n’a aucune chance de gagner. Compte tenu des circonstances, des pressions politiques, du lieu des matches et de la diaspora à Los Angeles, ils subissent une pression énorme. Il est impossible d’éviter la politique. Tout devient un rappel de leur situation.» En effet, les joueurs et le staff subissent des pressions venues aussi bien de chez eux que du pays hôte et de la diaspora, qui compte se faire entendre avec cette vitrine que représente la Coupe du Monde. Mais la Team Melli compte bien tout donner comme l’a confié un membre du staff à France Info. «On est forts. Rien ne peut nous arrêter. On va aller loin.» Un autre membre de la fédération, présent à Téhéran, a confié à nos confrères : «on pourrait être morts en ce moment. Même moi, quand je vois les cinq derniers mois, je n’arrive pas à y croire.» Pourtant, l’Iran va bien lancer sa Coupe du Monde cette nuit.
En savoir plus sur