Banderoles, chants, grève… le Vélodrome a fait vivre l’enfer à l’OM !
Sous tension depuis le Classique et le départ de Roberto De Zerbi, l’OM a vécu une soirée irrespirable face à Strasbourg (2-2) avec une grève annoncée des ultras, des banderoles incendiaires et une bronca du Vélodrome. La fracture entre le club et une partie de ses supporters a éclaté au grand jour.
Dans le cadre de la 22e journée de Ligue 1, l’Olympique de Marseille recevait le Racing Club de Strasbourg dans un Vélodrome sous haute tension. Mais bien plus qu’un simple rendez-vous de championnat, cette rencontre intervenait au terme d’une semaine chaotique, déclenchée par la lourde défaite lors du Classique face au Paris Saint-Germain (5-0). Dans la foulée, le licenciement de Roberto De Zerbi a été acté dans la nuit, symbole d’une crise sportive profonde. L’onde de choc ne s’est pas arrêtée là. La position de Medhi Benatia, qui aurait annoncé à ses joueurs son intention de démissionner après l’échec du projet sous la houlette du tacticien italien, a accentué le climat d’instabilité, tandis que le départ annoncé de Giovanni Rossi se profile en coulisses. À la tête de l’équipe pour assurer l’intérim, Jacques Abardonado s’est retrouvé propulsé dans une mission commando en attendant l’arrivée d’Habib Beye la semaine prochaine, avec pour tâche de remobiliser un vestiaire ébranlé et de faire face à un public en colère. En toile de fond, la gouvernance incarnée par Frank McCourt et Pablo Longoria cristallisait déjà toutes les critiques.
Ce match contre Strasbourg marquait donc le premier sans De Zerbi sur le banc, et l’accueil réservé aux Olympiens s’annonçait électrique. Comme révélé par Ici Provence, les groupes ultras avaient prévu une grève partielle. En effet, le virage Depé est resté vide pendant les quinze premières minutes, tandis que la zone CU84, suspendue par la commission de discipline de la LFP, était déjà fermée. Un scénario rappelant le funeste OM-Rennes de 2016, lorsque les tribunes ne s’étaient garnies qu’après un début de match catastrophique. Dès l’échauffement, les joueurs marseillais ont été copieusement sifflés, avant une bronca nourrie à leur entrée sur la pelouse du Vélodrome. Au micro de beIN Sports, Abardonado avait tenté de désamorcer la tension : « les joueurs savent pourquoi les supporters font grève. C’est à nous de retourner le stade en notre faveur ». Mais l’atmosphère restait lourde, pesante, presque irrespirable, sous les yeux d’un McCourt installé en tribune présidentielle aux côtés de Shéhérazade Semsar de Boisséson, autre dirigeante pointée du doigt cette semaine pour des propos islamophobes sur les réseaux sociaux.
Une contestation largement partagée
Très vite, la contestation s’est matérialisée par des banderoles explicites. Avant même le coup d’envoi, les South Winners avaient déployé un message sans ambiguïté : « vous avez fait sauter le fusible, mais c’est tout le système qui est pourri ! », visant clairement la direction après l’éviction de De Zerbi. Quelques secondes après le début de la rencontre, une nouvelle banderole apparaissait dans le virage Nord : « Virage vide en signe de contestation, pour un club en auto-destruction ! Tous vos projets partent en fumée depuis toutes ces années gâchées… McCourt, Longoria cassez-vous ». Les chants ont accompagné ces messages, entre sifflets nourris et slogans hostiles à la gouvernance actuelle. Seul contrepoint paradoxal dans cette fronde, un chant lancé par le virage Nord une fois rempli : « Même si vous le méritez pas, nous, on est là », traduisant l’attachement viscéral au maillot malgré la défiance envers les décideurs. La pression ne s’est pas relâchée au fil des minutes. Une autre banderole est venue cibler directement le propriétaire américain : « McCourt, capitaine d’un navire fantôme qui n’a jamais traversé l’océan ! », allusion mordante à un projet jugé sans cap ni réussite durable. Même son de cloche en seconde période avec une autre banderole déployée rapidement en virage : « Joueurs surcotés et désintéressés. Bougez-vous ».
Entre tribunes partiellement clairsemées, insultes descendues des virages et des messages cinglants, le Vélodrome a offert un spectacle de contestation rarement vu ces dernières saisons. Au coup de sifflet final, le constat demeurait implacable avec une pluie de huées, des échauffourées de frustration sur la pelouse et un Medhi Benatia descendu sur la pelouse. La fracture entre une partie du public et la direction semble désormais consommée. «Cela fait mal. Il n’y a rien à dire, les supporters en ont marre d’entendre des "on va travailler, on va faire ceci…", à un moment, il n’y a qu’une réalité, c’est le terrain», s’est d’ailleurs lamenté Aguerd. Suite aux banderoles et coups de sifflet, et à la conclusion tumultueuse du match avec un fumigène jeté sur le terrain. Il y a eu une petite tension au parvis du stade, où un groupe de supporters marseillais, plutôt en effervescence, a tenté d’accéder aux loges présidentielles. L’action des stadiers a aidé à maîtriser la fureur de ces supporters. Par la suite, les accès ont été fermés et sécurisés par les CRS. L’OM traverse l’une des périodes les plus instables de son ère McCourt, et la soirée face à Strasbourg, conclue par une nouvelle remontada (2-2), aura surtout confirmé que, pour beaucoup de supporters, le malaise dépasse largement le simple départ d’un entraîneur.