Ligue 1

Stade Brestois : le mercato de tous les dangers

Une nouvelle fois maintenu sans trop de problèmes en Ligue 1, le Stade Brestois avance vers des temps plus incertains. Grégory Lorenzi, son directeur sportif depuis 10 ans, est parti à l’OM, et l’avenir d’Éric Roy n’est pas assuré. Avant de poursuivre l’aventure, l’entraîneur veut des garanties. Or, ce début de mercato n’en offre aucune et le club breton entame peut-être même un virage plus large dans son histoire.

Par Maxime Barbaud
4 min.
Eric Roy, l'entraineur du Stade Brestois @Maxppp

La Ligue des Champions est déjà loin pour le Stade Brestois. Après la parenthèse enchantée et ce parcours mémorable jusqu’en barrages face au PSG, le retour aux affaires courantes est une chose entendue. Les supporters n’ont pas eu à s’habituer aux goûts de luxe. Malgré la manne financière apportée par la C1, le club breton a conservé son niveau de vie. L’été dernier, il n’a dépensé que 6 M€ sur le marché des transferts pour 30 M€ de ventes incarnés par Lilian Brassier et Mahdi Camara (Rennes), ou encore Pierre Lees-Melou (5,8 M€). Après un nouveau maintien acquis sans douleur il y a un mois, la suite s’annonce beaucoup plus incertaine.

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L’architecte de l’effectif, Grégory Lorenzi, s’en est allé du côté de l’OM. Le directeur sportif est resté 10 ans à son poste et aura porté son club de la Ligue 2 vers la plus prestigieuse des coupes d’Europe. Sans grands moyens mis à sa disposition, il parvenait tout de même à bricoler ses équipes à coup de joueurs prêtés, d’éléments dans le besoin de se relancer, libres de tout contrat. C’est lui aussi qui a su relancer Éric Roy à l’hiver 2023, quand personne ne croyait en lui. 12 ans après sa dernière expérience d’entraîneur, l’ancien milieu de terrain niçois est d’abord parvenu à maintenir les Ty Zefs, et surtout à les propulser 18 mois plus tard en C1.

L’optimisme n’est pas de mise pour Éric Roy

Le tout sans dépenser ou presque. Lorenzi parti, les signaux ne sont pas très encourageants pour le technicien. «Ma volonté est d’être là, mais en tous les cas je veux être là dans des conditions qui permettent d’assurer la pérennité du club», expliquait-il à Ouest-France en fin de saison. Il entretient volontairement le flou et pour cause. La direction elle-même ne semble pas vraiment savoir où elle va. Et puis Roy commence à se lasser de repartir de zéro à chaque été. «Si le projet sportif c’est de vendre nos meilleurs joueurs et d’encore bricoler, ça devient compliqué». Sa prolongation jusqu’en 2027 l’an passé avait déjà mis un certain temps à se dessiner.

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«Si on me dit que ce n’est pas possible, soit parce qu’on n’a pas les moyens, soit parce que… Je suis ambitieux aussi, se justifiait le coach. Donc à partir de là, j’ai besoin d’avoir des signes». Ces signes justement n’ont rien de positifs. Le SB29 n’a pas réussi à conserver Daouda Guindo. Le latéral gauche, auteur d’une saison convaincante dans son couloir, a préféré refuser l’offre brestoise pour s’engager à Reims d’après Ouest-France. Preuve que même face à une Ligue 2, le club ne peut pas rivaliser financièrement. Dans ces conditions, verra-t-on Eric The King à la reprise de l’entraînement le 2 juillet prochain ? Rien n’est moins sûr.

Lorenzi n’a toujours pas de successeur

La tendance n’est pas à l’optimisme. Personne autour de la direction n’est catégorique non plus. Cette impression de flou a même gagné tous les étages. À l’heure actuelle, personne n’a pris la suite de Grégory Lorenzi. Denis Le Saint, le propriétaire, annonçait même le 31 mai dernier dans L’Equipe vouloir prendre son temps, quitte à sortir des sentiers battus. «On a le droit d’être différentes, inventifs, créatifs». Une solution interne fait partie de ces pistes. Brest est train de toucher aux limites de son modèle, alors qu’en parallèle, le dossier de l’Arkea Park, le futur stade de 15 000 places dont la livraison est toujours prévue pour 2028, fait du surplace.

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Sans droits TV et avec un centre de formation qui peine à sortir des joueurs au niveau professionnel, le Stade Brestois regarde vers d’autres horizons. Une vente ou l’intégration à une multipropriété n’est pas un tabou pour Le Saint. «Il faut qu’on se prépare à trouver une solution. On a géré le club en bon père de famille et pour l’année qui arrive, il n’y a pas de souci. Mais on ne pourra pas vivre éternellement sur la cagnotte de la Ligue des champions. La baisse des droits télé nous contraint à ouvrir une réflexion. Car s’ils continuent de nous restreindre, on ne pourra plus faire face», interpelle le dirigeant finistérien. Et puis vendre à qui ?

L’avenir du Stade Brestois également remis en question

«Il est hors de question de vendre à quelqu’un qui ne ferait pas bon usage du club», avertit l’entrepreneur. Le «leader national de la distribution de légumes», aiment à rappeler avec humour les supporters, est très attaché à son territoire mais par les temps économiques incertains, difficile de trouver des partenaires régionaux pour une ouverture de capital. Il sera sans doute contraint à élargir les horizons sans trop se fourvoyer. Lui rêve de Liverpool. Il y voit des similitudes avec la cité du Ponant. «Imaginez qu’un grand club anglais qui joue en rouge comme nous, s’intéresse à un club comme Brest, une ville avec un arsenal militaire. Il n’y a pas de contact mais on ne pourrait pas dire non». Fenway Sports Group, propriétaire des Reds, a toujours fermé la porte à un second club. Malgré tout, l’appel est lancé.

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