Ligue 1

OM - OL : les choix osés mais payants d’Habib Beye

Pour son deuxième match sur le banc de l’Olympique de Marseille, Habib Beye a effectué des choix forts, ce dimanche soir, lors de l’Olympico (3-2). Un coaching finalement gagnant.

Par Josué Cassé
4 min.
Habib Beye a dirigé son premier entrainement à l'OM ce matin @Maxppp

Nouvel entraîneur de l’OM après le départ de Roberto De Zerbi en cours de saison, Habib Beye avait à cœur de réellement lancer son aventure dans le sud de la France. Une semaine après la défaite concédée à Brest (0-2) et tout juste revenu d’un stage à Marbella, le coach franco-sénégalais a finalement trouvé les ajustements nécessaires pour permettre aux siens de l’emporter, ce dimanche soir, contre l’OL (3-2). Dans un contexte mouvementé, l’ancien technicien du Stade Rennais a d’abord pris une première décision forte : celle d’enlever le brassard de capitaine à Leonardo Balerdi pour le confier à l’expérimenté milieu danois, Pierre-Emile Höjbjerg.

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Un nouveau capitaine et un onze de départ modifié

À l’Orange Vélodrome, les deux hommes précédemment cités étaient d’ailleurs bien présents dans le onze de départ, tout comme Geoffrey Kondogbia, Quinten Timber ou encore Hamed Junior Traoré, préféré à Igor Paixao pour animer le couloir gauche de l’attaque phocéenne. En défense, Aguerd, Weah et Emerson accompagnaient quant à eux l’Argentin. Pour le reste, Beye optait pour un 4-2-3-1 assez classique où Pierre-Emerick Aubameyang officiait en pointe. Une composition donnant donc déjà quelques indices avec la mise au banc de Medina, Pavard, Abdelli ou encore Nwaneri. Et si certains observateurs regrettaient quelque peu les choix du nouveau tacticien marseillais lors de la remise de la feuille du match, la suite des événements a finalement plutôt donné raison au nouvel architecte de la maison phocéenne.

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Au milieu de terrain, le revenant Kondogbia a ainsi globalement bien tenu son rang dans une rencontre où l’intensité restait le mot clé. Aligné aux côtés d’Höjbjerg, le Centrafricain s’est, en effet, montré conquérant. Un constat pas forcément applicable à l’autre grosse nouveauté de ce onze de départ : Traoré. Souvent servi par ses partenaires mais assez brouillon dans le dernier geste, l’Ivoirien de 26 ans, crédité d’un 5,5 par la rédaction FM, aura finalement livré 60 minutes globalement neutres. Oui mais voilà, outre les changements effectués dans la composition de départ olympienne, Habib Beye s’est également distingué par une lecture de match très juste. À la pause, il décidait, à ce titre, de rappeler Timber sur le banc pour lancer Paixao. Un choix qui n’a pas manqué d’en faire sursauter plus d’un en tribunes mais qui a rapidement été expliqué au coup de sifflet final.

Un coaching gagnant

«Je vais être très honnête avec vous. Ce n’est pas du coaching, c’est qu’il s’est démis l’épaule. Aujourd’hui, on lui a remis, mais la douleur était importante. C’est l’épaule et quand ça bouge ça fait mal très vite, donc on verra», confiait ainsi Beye en conférence de presse. Contraint de faire sans son milieu de terrain néerlandais, encore très impactant, dans l’entrejeu, le nouveau coach marseillais aura toutefois pu apprécier l’entrée déterminante de Paixao, buteur, passeur et impliqué sur le dernier but. Ce dimanche soir, le technicien de 48 ans se félicitera également très certainement d’avoir laissé Aubameyang sur le terrain malgré 80 premières minutes décevantes. Que dire enfin de son coaching avec les entrées successives de Nwaneri, passeur décisif pour le but de la victoire, et celle d’Abdelli, lui aussi impliqué sur la réalisation d’Aubameyang et convaincant en fin de rencontre.

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Forcément comblé après cette victoire arrachée sur le gong - qui permet par ailleurs à l’OM de revenir à deux petits points de l’OL au classement - Beye ne manquait pas de justifier ses choix, à commencer par celui d’enlever le brassard de capitaine à Balerdi. «Je vais expliquer pourquoi je souhaitais le décharger en quelque sorte de cette responsabilité. Je pense que Pierre-Emile aujourd’hui a cette expérience au sein du groupe. Mais ce que je veux dire aussi, c’est qu’aujourd’hui des capitaines, on en a beaucoup dans ce groupe-là. Je pense à Aguerd, je pense à Aubam, je pense à Benjamin Pavard qui a beaucoup d’expérience. Mais ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui le respect qu’il y a entre ces joueurs-là amène justement ces joueurs à considérer que celui qui est capitaine sera là aussi pour aider celui d’à côté. Je pense que Léo a eu une magnifique attitude vis-à-vis de ça, il a compris ce que je lui ai dit», avouait-il face aux journalistes.

Et de conclure en envoyant un message clair à ses troupes : celui de la continuité : «c’est un éternel recommencement, on peut profiter ce soir, mais dans trois jours, il y a un match tout aussi important au vu de nos objectifs. Il faudra que l’émotion redescende. L’avenir nous dira si on est une équipe différente, on veut installer une dynamique». Une chose est sûre, l’effet Beye - souligné par Aubameyang et Höjbjerg en zone mixte - se fait déjà sentir à Marseille et cette victoire pourrait bien marquer le début d’une très belle histoire. Réponse dès mercredi avec la réception de Toulouse en quarts de finale de Coupe de France…

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