Comment l'OM a décidé d'aller dénicher des pépites au Brésil

Peu enclin par le passé à sévir au Brésil concernant ses mercatos, l'Olympique de Marseille semble avoir changé de stratégie. Voici comment l'OM s'est enfin positionné sur le marché auriverde.

Pablo Longoria en conférence de presse
Pablo Longoria en conférence de presse ©Maxppp

En cette fin de mercato, l'Olympique de Marseille s'est affolé pour essayer d'arracher quelques éléments offensifs capables d'ajouter un peu de variété aux attaques de la formation emmenée par André Villas-Boas. Les Phocéens ont recruté l'ailier de Botafogo, Luis Henrique, qui a été présenté ce mardi. Mais, dans le tourbillon des rumeurs du mercato, les Marseillais se sont montrés intéressés par de nombreux joueurs auriverdes.

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On peut notamment citer Marcos Paulo (Fluminense) ou Kaio Jorge (Santos). Dans le passé, plus ou moins récent, les Marseillais ont déjà fait marcher leur réseau en Amérique du Sud pour recruter quelques éléments, comme nous vous le rappelions la semaine passée. Pourtant, si quelques clubs comme Lyon ou le Paris Saint-Germain sont bien affiliés au Brésil, ce n'est pas vraiment le cas de l'OM.

Made in Zubizarreta

« L'OM c'est l'Argentine », a-t-on l'habitude d'entendre. Les couleurs du clubs (bleu ciel et blanc) rappellent bien celles du pays de Diego Armando Maradona et on a tendance à préférer la grinta que le talent artistique pur dans la Cité Phocéenne. Mais alors, que s'est-il passé pour que l'OM pénètre enfin le championnat brésilien ? Pour commencer, dans un dossier que nous avons publié, nous expliquions certaines difficultés de la formation argentine. Mais surtout, l'arrivée de Pablo Longoria, le directeur général chargé du football, a changé bien des choses, l'Espagnol regardant attentivement les ligues cariocas.

Mais ce n'est pas tout. Jacques-Henri Eyraud s'est trouvé un homme sur le terrain. Enfin, c'est plutôt Andoni Zubizarreta qui a fait tout le travail. L'ancien attaquant, devenu entraîneur ensuite, Paulo Jamelli, qui a remporté la Coupe d'Espagne en 2001 avec Saragosse, est devenu l'œil du club français sur le continent. Il avait déjà participé au transfert de Dario Benedetto l'année passée.

Longoria maintient sa confiance

« Tout a commencé grâce à l'un de mes anciens coaches, Narcis Julia, adjoint à Saragosse. Plus tard, il a fait équipe avec Andoni Zubizarreta quand il est devenu directeur sportif du Barça. Quand Narcis se rendait au Brésil pour observer des joueurs, il m'appelait. On allait au stade ensemble, on discutait. Mais je n'avais aucun rôle officiel. Lorsque Zubizarreta a rejoint l'OM, il m'a demandé d'occuper ce rôle de scout pour l'Amérique du Sud. J'ai accepté. Et Pablo Longoria m'a maintenu à ce poste », explique-t-il d'ailleurs dans France Football.

Une manière de faire qui étonne un peu et surtout qui tranche avec le passé récent de l'écurie hexagonale en termes de scouting et surtout d'implantation sur un marché. Les anciens scouts de l'OM ont quasiment tous refusé de répondre à certaines questions et on a fini par trouver la raison de ces refus chez un ex-recruteur de l'OM, qui nous a demandé de conserver son anonymat.

Les scouts n'ont pas été écouté

« C'est bien simple, à l'OM, on n'a jamais été écouté. On a connu un président qui jouait tout seul à Football Manager, des directeurs sportifs plus ou moins impliqués aussi. On travaillait comme des fous, on rendait de très nombreux rapports et on se demande s'ils ne finissaient pas tous à la poubelle. Même les anciennes gloires du club, qui proposaient des joueurs qui sont devenus des tops mondiaux, n'étaient pas du tout écoutées. En plus de cela, le Brésil, on a toujours eu beaucoup de retard. Cela n'a jamais été vraiment un terrain de jeu pour nous, nous n'avions personne pour le défricher », nous a-t-on confié.

La grande majorité du temps, les joueurs qui arrivaient à l'OM étaient plutôt des suggestions d'agents ou des opportunités, comme c'était le cas de Doria, dont le potentiel ne faisait pas de doute vu ses performances avec les jeunes. Aujourd'hui, avec un Longoria qui connaît très bien le métier de scout, les choses semblent changer un petit peu. Reste à savoir maintenant si l'OM a bien fait de se tourner vers le Brésil et si Luis Henrique sera la première d'une longue liste de réussites.

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