Le RC Lens s’agite en coulisses
Derrière l’ogre parisien, le RC Lens est indubitablement le club qui fait le plus parler de lui ces dernières semaines. Entre un parcours exceptionnel en Ligue 1, une victoire historique en Coupe de France et le départ inattendu de Pierre Sage, les Sang et Or monopolisent l’actualité. La direction sportive, menée par le tandem Benjamin Parrot – Jean-Louis Leca, est déjà à l’ouvrage. Leur méthode, inchangée depuis leur arrivée au club il y a un an, a largement fait ses preuves. Explications.
Ces derniers jours, les supporters lensois doivent avoir le cœur bien accroché. Après avoir brillamment remporté la première Coupe de France de leur histoire face à l’OGC Nice, les Artésiens ont vu, quelques jours plus tard, leur entraîneur prendre la tangente via une étonnante campagne de communication lancée sur la pelouse même du Stade de France quelques minutes après le sacre face au club azuréen. Les deux parties vont donc se séparer. Si certains estiment que les sirènes anglaises étaient impossibles à refuser, d’autres s’offusquent de voir l’ancien coach de l’OL succomber à l’appât du gain, abandonnant une direction qui lui avait tendu la main un an plus tôt alors qu’il se trouvait sans club.
Si Pierre Sage n’a en réalité jamais envisagé de rester une saison supplémentaire, contrairement à ce qui a pu se lire dans certains médias, la situation était de toute façon devenue intenable. Le cirque médiatique de ces derniers jours et la rumeur l’envoyant à Crystal Palace, qui n’a cessé d’enfler, ont définitivement scellé son sort. Quoi qu’il en soit, le projet lensois se poursuit. Il s’inscrira dans la même dynamique et la même direction que celles mises en place il y a un an, couronnées par l’insolente réussite que l’on connaît.
Lens va utiliser la même méthode de recrutement pour son futur coach
Concrètement, le directeur général Benjamin Parrot et le directeur sportif Jean-Louis Leca vont continuer à piloter le club avec la même philosophie, à commencer par la recherche du futur entraîneur. En février dernier, lors d’une rencontre à La Gaillette, le directeur sportif lensois nous avait d’ailleurs fait quelques confidences sur les coulisses du recrutement de Pierre Sage : « chacun accepte de se faire challenger et ne prend pas ça pour quelque chose de déplacé. Et ça, ça change tout. Pour prendre l’exemple du recrutement de Pierre Sage : on avait défini ce que devait être l’entraîneur du Racing Club de Lens pour nous, avec quatre ou cinq critères essentiels. Le nom de Pierre est sorti, parmi d’autres. J’ai passé les premiers appels en ciblant deux personnes. Puis, j’ai dit à Ben : 'Maintenant, je veux que tu viennes avec moi dans un appel’, parce que son ressenti et sa vision étaient très importants pour moi. Je n’ai aucun problème à lui livrer ma stratégie et à me faire challenger. »
Aujourd’hui, pour remplacer Sage, cette même stratégie est à l’œuvre. Le tandem Leca-Parrot est aux manettes pour dénicher la personne idoine, capable d’emmener le RC Lens au plus haut en Ligue 1, mais aussi de briller en Ligue des Champions. Dans la short list dressée par la direction, où figurent notamment Patrick Videira et, dans une moindre mesure, Alexandre Dujeux, c’est bel et bien Olivier Pantaloni (auteur d’une brillante saison avec Lorient mais libre depuis son départ des Merlus) qui tient la corde, selon nos informations. Toutefois, le processus de recrutement reste long, précis et clairement défini si bien qu’une surprise de dernière minute n’est pas à exclure. Lens souhaite prendre son temps et s’interdit de se tromper, d’autant que la direction n’avait pas prévu d’entamer de telles démarches, le plan initial étant de poursuivre l’aventure avec celui qui a été sacré meilleur entraineur de Ligue 1 il y a quelques semaines.
Jean-Louis Leca déjà à fond sur le mercato estival
En parallèle du dossier de l’entraîneur, la direction se penche sur les contours de l’effectif pour la saison prochaine. Du côté du staff, Yannick Cahuzac, ancien entraîneur adjoint (2022-2024) dont le retour avait déjà été sérieusement envisagé l’été dernier, fait son retour au club. Sur le terrain, l’objectif est d’offrir au futur coach le groupe le plus compétitif possible, tout en respectant les contraintes financières inhérentes au club. Exit les folies de la précédente campagne européenne qui avait fait tant de mal aux finances lensoises et qui avaient mis le club en danger. À l’instar de la saison passée et malgré les futures rentrées financières promises par la Ligue des Champions, la masse salariale sera rigoureusement maîtrisée. Le recrutement ciblera des joueurs à fort potentiel (à l’image de Sangaré, Risser ou Baidoo), tout en s’autorisant des paris sur des éléments revanchards (Thauvin, Édouard, Udol) et en intégrant les jeunes talents issus de La Gaillette (Ganiou, Antonio, Fofana, Mesloub).
Au rayon des départs, Wesley Saïd (Qatar), Adrien Thomasson (Rennes) et Allan Saint-Maximin (Charlotte) ont d’ores et déjà fait leurs adieux avec le sentiment du devoir accompli, tandis que Malang Sarr pourrait rapidement les imiter. Mamadou Sangaré, pisté par plus d’une dizaine de clubs européens, sera quasiment impossible à retenir. Pour compenser, Jean-Louis Leca s’active sur tous les fronts afin de densifier un effectif qui aura besoin de quantité autant que de qualité face aux nombreuses échéances à venir. Si l’arrivée de l’international belge Thorgan Hazard formé au club (12 buts et 8 passes décisives en Jupiler Pro League avec Anderlecht) est d’ores et déjà bouclée, que Saud Abdulhamid a été acheté définitivement à l’AS Roma et que Rémy Labeau-Lascary s’apprête à faire son retour après un prêt concluant au Stade Brestois (5 buts et 1 passe décisive en Ligue 1), le club artésien compte se renforcer dans tous les secteurs de jeu. Il n’exclut d’ailleurs pas de réaliser un nouveau grand coup, à la manière de celui réussi avec Florian Thauvin où plus récemment avec Allan Saint-Maximin.
Les mauvaises langues affirmeront que Lens semble déjà appauvri à l’aube d’une saison de tous les dangers. Les plus mesurés rappelleront que la situation sportive n’était guère plus reluisante au début de l’été 2025, lorsque Facundo Medina (OM), Andy Diouf (Inter Milan) et Neil El Aynaoui (AS Roma) avaient quitté Bollaert, quelques mois seulement après Kevin Danso (Tottenham) et Przemysław Frankowski (Galatasaray). La suite est connue de tous : le quasi sans-faute du mercato lensois avait rapidement balayé les doutes. Avec les mêmes architectes aux commandes du projet, les supporters lensois, encore chamboulés par les immenses émotions de ces dernières semaines, vont devoir une fois de plus confier le destin de leur club de cœur au tandem Leca-Parrot. En espérant, bien sûr, la même réussite.
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