Coupe du Monde U20 : les pépites qui ont porté le Maroc jusqu’en finale
Ce dimanche soir (ou plutôt lundi matin, car la rencontre aura lieu à 1h du matin), le Maroc affronte l’Argentine en finale de la Coupe du Monde U20. L’occasion pour les Lionceaux de l’Atlas de créer un nouvel exploit et de continuer d’écrire une histoire déjà très belle. Et la sélection marocaine pourra compter sur plusieurs pépites dans le onze de départ.
Une première historique. Il y a quelques jours, le Maroc a réussi à se hisser en finale de la Coupe du Monde U20, une première toutes générations confondues. Pour ça, les Lionceaux de l’Atlas ont dû sortir lors des tirs au but l’équipe de France (1-1, 5-4 aux t.a.b). Une qualification symbolique et loin d’être anecdotique qui a confirmé les énormes progrès du football marocain ces dernières années, marqués par une formation de plus en plus efficace et des talents qui s’affirment de plus en plus tôt dans le monde professionnel.
Une attaque de feu
Pourtant, au moment du tirage au sort de ce Mondial U20 au Chili, très peu voyaient le Maroc réaliser un tel parcours. En tombant dans le groupe de l’Espagne, du Brésil et du Mexique, les chances de qualification de la formation entraînée par Mohamed Ouahbi semblaient minces. Mais c’était sans compter sur une génération pleine de caractère et de talent sur laquelle a pu s’appuyer le jeune coach, ancien formateur à Anderlecht. Car dans ce Mondial U20, le Maroc peut se reposer sur un noyau plus que solide avec des joueurs principalement formés au Maroc, preuve d’un système de formation de plus en plus performant.
Si pendant longtemps, le Maroc misait beaucoup sur les binationaux (notamment de France), désormais, les clubs locaux produisent des talents reconnus. Pour preuve, il n’y avait que 5 joueurs nés en France dans la liste des 21 joueurs convoqués pour ce Mondial (Othmane Maamma, Yanis Benchaouch, Ibrahim Gomis, Naim Byar et Gessime Yassine). Pour le reste, essentiellement des joueurs formés. Durant la compétition, ils sont nombreux à avoir impressionné, surtout dans le secteur offensif. Le joueur de Dunkerque Gessime Yassine a régalé et a confirmé qu’il avait tout pour aller bien plus haut que la Ligue 2 à l’avenir. Gaucher, à l’aise techniquement, il s’est montré décisif à 5 reprises (2 buts et 3 passes décisives). Il a d’ailleurs bien combiné avec l’ailier gauche de cette équipe : Othmane Maamma.
Passé par la Ligue 1 et Montpellier, l’attaquant de 20 ans qui évolue désormais à Watford a été l’un des meilleurs offensifs de la compétition, élu 2 fois homme du match face aux États-Unis (3-1) et à la France (1-1). Physiquement déjà prêt pour le monde pro, il a souvent imposé son rythme face aux adversaires (1 but, 3 passes décisives). Il a notamment pu régaler le buteur de cette équipe, Yassir Zabiri. Formé à l’académie M6 (comme Ounahi, Aguerd, En-Nesyri, Targhalline), le jeune attaquant de 20 ans a été la belle découverte de cette compétition. Dans le viseur de Lille et Strasbourg, il y a quelques années, il a finalement poursuivi sa progression au Portugal à Famalicão. Doté d’un bon jeu de corps et d’une très bonne finition, il a souvent pesé sur les défenses et pourrait terminer meilleur buteur de la compétition (3 buts et 1 passe décisive) s’il inscrit un doublé en finale (face à l’Argentine).
Le secteur offensif a donc tiré son épingle du jeu et il aurait pu être encore plus étoffé puisque des joueurs comme Eliesse Ben Seghir (Monaco, pas Leverkusen) ou encore Chemssdine Talbi (Sunderland) étaient éligibles. Mais d’autres joueurs ont aussi montré de très belles choses. Dans les cages, le gardien de Monaco Yanis Benchaouch a aussi brillé même si malheureusement pour le Maroc, il ne pourra pas disputer la finale après sa blessure face aux Bleuets. Au milieu de terrain, le capitaine Hossam Essadak, proposé en Ligue 1 et Ligue 2 cet été, a aussi été dans tous les bons coups, montrant un calme et une sérénité balle au pied qui ont de quoi impressionner. Naim Byar, vainqueur de l’Euro U17 avec la France aux côtés de Mathis Tel, Warren Zaïre-Emery et Désiré Doué, a aussi répondu présent dans l’impact physique. Enfin, en défense, la charnière Ismail Bakhti et Ismaël Baouf a été très intéressante et le dernier cité, snobé par Anderlecht, fait les beaux jours de Cambuur en D2 néerlandaise. Mention spéciale aussi pour le latéral droit Ali Maamar qui a tapé dans l’œil de plusieurs écuries lors de cette compétition. Le joueur d’Anderlecht est un habitué du groupe pro en club et l’a montré lors de cette compétition. Son absence face à la France s’est ressentie. Il sera de retour face à l’Argentine. Et comme les joueurs cités, il souhaitera terminer en beauté un tournoi déjà historique. Cette génération 2005-2006 du Maroc est à suivre assurément.
En savoir plus sur