Coupe du Monde

Coupe du Monde 2026 : l’Angleterre ne veut pas tirer sur la sonnette d’alarme

L’Angleterre a gagné, mais elle n’a pas totalement rassuré. Malgré les polémiques autour des choix de Thomas Tuchel et un succès poussif contre la Nouvelle-Zélande, les Three Lions gardent le cap avant une Coupe du Monde où les attentes restent immenses.

Par Valentin Feuillette
5 min.
Thomas Tuchel @Maxppp

À quelques jours du grand plongeon dans la Coupe du Monde 2026, l’Angleterre avance sur une ligne de crête. L’ambition demeure immense, comme toujours lorsqu’il s’agit des Three Lions, et le projet porté par Thomas Tuchel depuis plus d’un an continue de susciter autant d’espoir que de débats. Le technicien allemand a progressivement façonné un groupe à son image, avec des principes affirmés, une exigence élevée et une volonté de créer une identité collective forte. Pourtant, à mesure que le tournoi approche, le climat autour de la sélection se charge d’interrogations. Les attentes sont immenses pour une génération qui possède sans doute l’un des réservoirs de talent les plus riches de la compétition. Dans un pays où la moindre décision est disséquée, la publication de la liste finale a ravivé les discussions et placé le sélectionneur sous le feu des projecteurs.

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Les absences de Phil Foden, Cole Palmer, Harry Maguire ou encore Morgan Gibbs-White ont provoqué une onde de choc outre-Manche. Thomas Tuchel a défendu ses choix avec fermeté, expliquant avoir privilégié la cohésion, les équilibres tactiques et les liens créés au fil des derniers rassemblements. Une justification qui ne convainc pas tout le monde. Une partie du public et des observateurs estime que certains talents majeurs auraient dû trouver leur place dans l’aventure mondiale. Le sélectionneur assume toutefois une sélection pensée pour fonctionner comme un ensemble plutôt que comme une addition de noms prestigieux. Cette prise de position courageuse pourrait renforcer son crédit en cas de réussite, mais elle pourrait aussi rapidement se retourner contre lui si l’Angleterre venait à trébucher. Dans un environnement où la patience est souvent limitée, Tuchel sait que son avenir se jouera désormais sur les résultats. Sur le terrain, les premiers pas de cette Angleterre version Mondial n’ont pas totalement dissipé les doutes.

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Attention malgré tout…

Sous la chaleur lourde de Tampa, les Three Lions ont dominé la Nouvelle-Zélande sans réellement convaincre dans le contenu. La victoire est bien là grâce à une tête d’Harry Kane juste avant la pause, mais l’impression générale laisse un sentiment d’inachevé. Les occasions ont existé, la maîtrise également, pourtant le manque de tranchant dans les derniers mètres a empêché les Anglais de donner davantage d’ampleur au score. Thomas Tuchel a utilisé cette rencontre comme un laboratoire grandeur nature afin d’acclimater son groupe aux conditions climatiques qui l’attendent durant la compétition. «Avant tout, je suis heureux qu’il n’y ait pas de blessés. Nous avons eu quatre bonnes séances d’entraînement et maintenant ce match en deux temps, sous une chaleur accablante, sur un terrain très difficile. Ce n’était pas facile, tout le monde est en forme, nous avons une victoire, nous n’avons pas encaissé de but et à partir de là, nous devons progresser et la qualité viendra. Plus l’adversaire progresse, plus nous progressons. C’était comme essayer de marquer encore et encore, comme cela peut parfois paraître dans ce genre de matchs Avec le temps, on s’habituera à l’humidité et au soleil. Le plus positif, c’est de continuer à s’entraîner avec tout le groupe ; on n’a aucune plainte et personne n’est blessé. Demain sera une journée de récupération, puis direction le Costa Rica où plusieurs joueurs bénéficieront de plus de temps de jeu. La présence des joueurs d’Arsenal nous apporte qualité et énergie, et après ce match, nous aurons un jour et demi de repos avant de nous préparer pour la Croatie», a expliqué Tuchel.

L’absence de blessure constitue une excellente nouvelle, mais le sélectionneur lui-même a reconnu que son équipe devait encore gagner en rythme, en discipline collective et en efficacité pour prétendre rivaliser avec les meilleures nations. «Tout le monde est en forme, on a gagné, on n’a pas encaissé de but. On peut continuer sur cette lancée. L’énergie est là et la qualité suivra. Je pense que plus l’adversaire sera fort, plus on le sera aussi. J’étais plus satisfait de la seconde mi-temps. Nous avions plus d’envie, plus de combativité, mais nous n’avons pas marqué. Harry a marqué notre seul but de la première mi-temps, mais nous avons manqué de discipline dans nos positions et n’avons pas joué conformément à notre plan. Cela a ralenti notre jeu. La deuxième mi-temps a été meilleure, mais globalement, pour remettre les choses dans leur contexte, beaucoup de nos joueurs n’étaient pas avec nous depuis novembre et ont manqué le stage de mars. C’est une période assez longue. C’est le premier match après la saison, donc tout va bien». Pour autant, personne ne semble prêt à sonner l’alarme à St George’s Park. Harry Kane, auteur de son 79e but sous le maillot national, reste la figure centrale autour de laquelle s’articulent les espoirs anglais.

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Roy Keane l’a encore rappelé en le décrivant comme le meilleur joueur du monde à son poste et comme la clef d’une éventuelle conquête mondiale. Le capitaine affirme traverser la meilleure période physique et mentale de sa carrière, un discours qui nourrit l’optimisme au sein du groupe. L’Angleterre sait qu’elle possède encore une importante marge de progression et que les retours de plusieurs cadres apporteront davantage de qualité lors des prochains rendez-vous. Le succès face à la Nouvelle-Zélande ne restera sans doute pas dans les mémoires, mais il ressemble davantage à une étape de construction qu’à un signal inquiétant. «J’étais content de la deuxième mi-temps, nous avons eu plus d’envie, de combativité et de détermination, mais nous n’avons pas marqué. En première mi-temps, nous avons manqué de discipline et n’avons pas respecté notre plan de jeu, ce qui a ralenti notre rythme. Mais pour remettre les choses dans leur contexte, beaucoup de joueurs étaient avec nous pour la dernière fois en novembre et ont manqué le stage de mars». La route vers les sommets est encore longue, et malgré les remous provoqués par sa sélection, Thomas Tuchel conserve la conviction que son équipe grandira à mesure que le niveau de l’opposition s’élèvera. C’est précisément ce que tout un pays attend désormais.

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