L’Italie est furieuse contre Gianni Infantino
Les moqueries de Gianni Infantino sur la non-qualification de l’Italie à la Coupe du Monde ne passent pas du tout de l’autre côté des Alpes.
Un président ne devrait peut-être pas dire ça. Gianni Infantino s’est attiré les foudres de l’Italie vendredi. Durant un entretien, le patron de la FIFA s’est moqué du nouvel échec de la Squadra Azzurra au Mondial en plaisantant sur le nombre de sélections qualifiées au cours des prochaines éditions de la Coupe du Monde. « L’Italie se qualifierait peut-être avec 64 équipes… On pourrait même aller jusqu’à 208 pour voir si elle y arrive ». Même s’il a employé le ton de l’humour, le dirigeant italo-suisse s’est surtout mis tout le pays à dos, à commencer par cette réaction de la Repubblica.
« Comme si, pour nous Italiens, la déception de la troisième exclusion consécutive à la Coupe du Monde ne suffisait pas, nous devions aussi être tournés en dérision. Il faut encaisser également l’ironie du dirigeant le plus important de l’organisation qui gère la Coupe du Monde, le numéro un du football mondial, Gianni Infantino », écrit le quotidien dans ses colonnes. Après ses échecs contre la Suède pour le Mondial 2018, la Macédoine du Nord en 2022, l’Italie a été éliminée en finale des barrages aux tirs au but par la Bosnie. La déception n’a pas encore été avalée dans un pays sacré quatre fois dans son histoire.
Francesco Graziani : «il y a une part de vérité là-dedans, mais c’est une plaisanterie scandaleuse»
Marco Tardelli, champion du Monde 1982, n’a pas tardé non plus à exprimer sa colère. « Il a été irrespectueux envers l’Italie et un type comme lui n’est pas un supporter de l’Italie. Il ne devrait pas se permettre de dire de telles choses, surtout en tant que Président de la FIFA. Depuis qu’il fréquente Trump, il accumule les erreurs », estime le second buteur de la finale en Espagne, rejoint par un autre titulaire face à la RFA, Francesco Graziani. « Il y a une part de vérité là-dedans, mais c’est une plaisanterie scandaleuse. Le football italien devrait se remettre en question ».
Tout le monde est bien conscient que l’Italie du football ne doit pas se cacher derrière ce genre de propos pour adopter une position victimaire. Il n’empêche, cette affaire est remontée jusqu’à la sphère politique. Membre de la Chambre des députés, Gaetano Amato s’en est pris à Infantino, jugeant qu’il « prend plaisir à se moquer de l’Italie. N’oublions pas qu’il ne parle pas comme un simple supporter dans un bar, pas comme président de la FIFA. Un rôle qu’il occupe grâce au soutien de la fédération italienne et qui devrait imposer respect et sens des responsabilités ».
Infantino dans le viseur des politiques italiens
Il poursuit. « Nous sommes les premiers à avoir honte du déclin de notre équipe nationale et du désastre que traverse le football italien. Nous n’avons pas besoin de ces plaisanteries de mauvais goût pour le constater. Se moquer de l’Italie est d’une mesquinerie rare, surtout de la part de quelqu’un qui devrait représenter le football mondial tout entier, Italie comprise », conclut le député, en invitant le ministre des Sports et de la Jeunesse, Andrea Abodi, à réagir, ce qu’il a fait. « Les informations rapportées sont une chose, mais il est préférable de l’entendre directement. Je préfère d’abord vérifier les faits avant de me prononcer. Vais-je lui parler ? Je pense et l’espère vraiment. Je souhaite connaître son point de vue directement ». Infantino ne pensait sans doute pas monter tout un pays contre lui à travers un chambrage.
En savoir plus sur