Ligue 1

L’AS Monaco est dans un sacré pétrin pour son mercato

En pleine crise sportive et sous pression financière, l’AS Monaco aborde son mercato dans un contexte explosif. Entre résultats catastrophiques, supporters en colère et contraintes imposées par l’UEFA, le club de la Principauté avance sur un fil, sans marge d’erreur.

Par Valentin Feuillette
3 min.
Thiago Scuro avec Monaco AS Monaco

L’AS Monaco traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Sportivement, le club de la Principauté est enlisé dans une spirale négative qui ne cesse de s’aggraver. Sept défaites sur les huit derniers matchs, un record historique peu glorieux, une prestation indigente face à Lorient à Louis-II et une 9e place au classement qui ne reflète ni les ambitions ni les moyens affichés ces dernières saisons. Le public, d’ordinaire mesuré, a fini par craquer, conspuant joueurs et dirigeants et réclamant des comptes en plein match. Les blessures en cascade n’expliquent pas tout, puisqu’il est aussi important de souligner le manque d’intensité, la passivité et l’incapacité à se créer des occasions inquiètent profondément. À quelques jours d’un déplacement périlleux au Santiago Bernabeu face au Real Madrid en Ligue des Champions, Monaco apparaît fragilisé mentalement, sans certitudes, et déjà sous pression maximale pour la suite de la saison.

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Dans ce contexte explosif, le recrutement estival apparaît aujourd’hui comme l’un des symboles de ce malaise. Malgré plus de 100 millions d’euros de ventes, l’ASM n’a investi qu’une somme dérisoire au regard de ses standards, laissant un effectif déséquilibré et trop court pour jouer sur plusieurs tableaux. Les renforts attendus n’ont pas compensé les départs majeurs, et certains choix ont rapidement montré leurs limites. L’hiver devait donc incarner une bouffée d’oxygène. Pour l’instant, il n’en est rien. Le début du mercato hivernal se résume à la seule arrivée de Wout Faes, en prêt depuis Leicester, un renfort défensif certes utile mais loin de répondre à toutes les carences identifiées. Pour des supporters désabusés, qui espéraient un électrochoc immédiat, ce mercato timide ressemble davantage à un aveu d’impuissance qu’à une relance ambitieuse.

Vendre avant d’acheter

Car derrière l’absence de mouvement se cache un véritable casse-tête financier. Le directeur général Thiago Scuro l’a reconnu sans détour en assumant ue Monaco devait impérativement vendre avant l’été sous peine de sanctions de l’UEFA. Une déclaration qui a refroidi les attentes et mis en lumière un paradoxe troublant. Comment un club ayant massivement vendu ces derniers mois peut-il se retrouver à nouveau contraint ? La réponse tient à la différence de lecture entre la DNCG et l’UEFA. Là où le gendarme financier français s’assure de la capacité d’un club à terminer la saison, l’instance européenne analyse les comptes sur trois exercices et impose des règles désormais beaucoup plus strictes, notamment sur le ratio entre dépenses sportives et revenus. Désormais plafonné à 70 %, ce ratio place Monaco dans une position délicate, indépendamment de la solidité de son actionnaire. Le véritable nœud du problème réside dans la structure des revenus monégasques.

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Contrairement à d’autres clubs français, l’ASM reste fortement dépendante des droits télé, qui se sont effondrés ces dernières saisons. La fin du deal CVC et la baisse drastique des recettes domestiques ont amputé le budget de plusieurs dizaines de millions d’euros, limitant mécaniquement les marges de manœuvre sur le marché des transferts. Malgré des efforts notables sur le plan marketing, Monaco ne génère pas encore suffisamment de revenus commerciaux pour compenser. Résultat : le club est contraint de vendre pour respirer, même en pleine crise sportive, et d’envisager une réduction de sa masse salariale à moyen terme. Dans ce contexte, le mercato hivernal devient moins un outil de reconstruction qu’un exercice d’équilibriste, où chaque mouvement est dicté par l’urgence financière plutôt que par les besoins sportifs immédiats. Un sacré pétrin, à tous les étages.

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