Serie A

Le message poignant de Samuel Umtiti contre le racisme

Par André Martins
2 min.
Samuel Umtiti avec Lecce @Maxppp

Champion du monde 2018 et jeune retraité, Samuel Umtiti est revenu sur l’épisode de racisme qu’il a vécu en Serie A lors d’une rencontre entre Lecce et la Lazio Rome le 4 janvier 2023. Lui et son coéquipier Lameck Banda ont été victimes de cris de singes venant du parcage des supporters du club romain, poussant l’arbitre à interrompre le match quelques minutes. À la fin de la rencontre, Umtiti avait fondu en larmes sous les acclamations de ses propres supporters et dans les bras de son président, Saverio Sticchi Damiani. « Je vais rétablir la vérité. C’est vrai que j’entendais des cris de singes dès que j’avais le ballon. Mais je vais vous dire la vérité, j’ai tellement souffert pour revenir sur les terrains et jouer… Je me sentais tellement bien sur ce match, comme si j’étais un Avengers. J’ai dit : "Personne ne va venir me déranger dans mon plaisir, pas même les supporters. On continue à jouer." Les joueurs de la Lazio me disaient : "Non, si tu veux on arrête." Je répondais : "Non, je gère la situation, on continue." J’ai été submergé par l’émotion à la fin du match, mais pas du tout à cause des supporters. Je m’en foutais », a raconté Umtiti dans Génération After sur RMC.

La suite après cette publicité

Pour l’ancien défenseur, le problème dépasse la seule réaction des joueurs sur le terrain et nécessite l’implication des instances : « Ce qui s’est passé dans les tribunes m’a marqué, mais c’est comme ça dans la vie de tous les jours, dans le foot aussi. On voit que ça n’avance pas du tout. En toute honnêteté, ça n’avance pas. Les joueurs qui décident d’arrêter le match (en cas de cris racistes, ndlr), ça change quoi ? Ça se reproduit un mois après ? Ça ne change rien », a-t-il accusé, avant d’expliquer que des mesures concrètes peuvent être prises pour endiguer ce fléau : « Je pars du principe que si on ne fait pas tout le nécessaire et tous ensemble pour que tout ça s’arrête, ça ne va pas s’arranger. On vit dans un monde où moi ça me choque vraiment que ça se passe encore et qu’on dise : "Ah c’est normal ce sont les supporters de la Lazio…" Ce n’est pas normal du tout mais au final moi, je sais que je ne vais pas pouvoir changer les choses. Je vais le dire franchement, c’est du semblant ce qui se passe parce que réellement si tu veux faire quelque chose, tu peux le faire. Je ne fais pas partie des instances, mais il y a tellement d’outils, c’est facile. Tu cibles. Avec la vidéosurveillance ? Exactement. Tu fais un gros travail et ça va vite s’arrêter. On le voit, dans certains pays, dans certains clubs, ça ne se passe plus, mais dans d’autres clubs, ça continue. Si vraiment on a envie de stopper quelque chose, on le stoppe… ».

La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Copié dans le presse-papier