Allemagne : l'espoir Hans-Dieter Flick ?

Après l'humiliation du Mondial 2018, l'Allemagne a prématurément quitté l'Euro 2020 au stade des 1/8èmes de finale. Futur sélectionneur de la Mannschaft, Hans-Dieter Flick veut redresser une équipe nationale à la dérive.

Les Allemands célèbrent le but de Leon Goretzka
Les Allemands célèbrent le but de Leon Goretzka ©Maxppp

En 1990, l'année du troisième titre mondial des Allemands, Gary Lineker, désormais célèbre consultant de la BBC, avait lancé : « le football est un jeu où 22 types courent après un ballon, et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne. » Force est de constater que cette maxime devenue proverbiale a récemment pris du plomb dans l'aile. Après le terrible affront vécu en phase de poules lors du Mondial 2018, la Mannschaft a encore échoué dans une compétition majeure, se faisant éliminer dès les huitièmes de finale de l'Euro 2020 face à l'Angleterre (0-2). Cette déconvenue a ainsi sonné le glas de l'ère Joachim Löw, en poste depuis 2006. Son successeur - et ancien adjoint entre 2006 et 2014 - Hans-Dieter Flick (56 ans), se voit dès lors projeté sous les lumières. Mais pour faire à nouveau scintiller cette sélection aux quatre étoiles, celui qui entrera officiellement en fonction le 1er août prochain se devra d'éclaircir plusieurs zones d'ombre.

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Une «Kroos» révolution d'effectif ?

Et les choses vont très vite s'accélérer pour le futur patron de la Mannschaft. À un peu moins de deux mois de l'annonce de sa première liste pour les matches de qualifications de la Coupe du monde 2022 (Liechtenstein, Arménie et Islande) prévus début septembre, l'ancien coach du Bayern Munich va rapidement donner la tonalité du visage qu'il souhaite apporter à la formation allemande. Nouveau cycle ou maintien de l'ossature mise en place par son prédécesseur ? La question implique forcément d'évoquer l'avenir des différents champions du monde 2014.

Si Toni Kroos (31 ans) a récemment officialisé sa retraite internationale, Ilkay Gündogan pourrait en faire de même dans les jours à venir. Écartés du groupe puis rappelés, Mats Hummels (32 ans) et Thomas Müller (31 ans) semblent quant à eux décidés à poursuivre l'aventure, qui plus est avec Flick. Tout comme Jérome Boateng (32 ans) pour qui un retour en sélection n'est pas à exclure. Et pour cause, il est fort à parier que les munichois (Neuer, Kimmich, Goretzka, Gnabry, Sané, Musiala) fassent partie intégrante du nouveau projet porté par le tacticien allemand. Des cadres avec lesquels il a connu le succès (7 titres) lors de son expérience bavaroise.

Une philosophie de jeu à affirmer

Séduit par les profils de Timo Werner et Kai Havertz, un temps désiré pour son Bayern, le nouveau sélectionneur pourrait également faire confiance à la jeunesse. Parmi le vivier à sa disposition : Ridle Baku et Florian Wirtz, champions d’Europe U21, semblent disposer d'une longueur d'avance. Et si l'on se dirige donc vers un équilibre générationnel, comme le révèlent nos confrères allemands à travers un onze probable sous Flick, la philosophie de jeu demeure au cœur des préoccupations. Alors que le jeu allemand tend à se déliter ces dernières années, le très critiqué 3-4-3 mis en place par Löw lors de l'Euro devrait laisser place à un 4-2-3-1, bien connu en Bavière.

Un changement de système tactique entrainant dès lors une approche plus audacieuse. Avec des côtés doublés, le jeu sur les ailes deviendrait plus dangereux et laisserait l'opportunité à des Gnabry ou Musiala d'exprimer leur vivacité. Confronté à certains manques au sein même du réservoir allemand que ce soit en défense centrale ou à la pointe de l'attaque, Hansi Flick ne pourra pas non plus mener une révolution sans précédent. Il n'en reste pas moins que des changements sont attendus comme le replacement dans l'entre jeu d'un certain Kimmich, positionné latéral droit à l'Euro.

Le poids de l'institution

Outre le dispositif tactique à dessiner, le natif d'Heidelberg aura enfin la lourde tâche d'apaiser les tensions présentes au sein même de la Fédération allemande. Confrontée à de nombreux conflits internes, l'institution elle-même s'en ressent fragilisée. Et l'objectif de retrouver les sommets du football devra forcément passer par une harmonisation. Si Flick a déjà connu un tel climat délétère avec les dirigeants bavarois, son rôle sera essentiel pour retrouver une certaine sérénité. Ceci devra notamment passer par une communication réfléchie vers l'extérieur afin de réparer le déficit de popularité actuel de la sélection, mais également de maintenir un lien fort avec ses joueurs, élément parfois reproché à Joachim Löw. Proche d'Olivier Bierhoff, le directeur sportif de la sélection allemande, Hansi Flick pourra malgré tout compter sur ce soutien de poids pour tenter de calmer cette spirale négative qui fragilise la Mannschaft ces derniers mois.

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