«Il suffit de voir le PSG» : le sélectionneur intérimaire de l’Italie sort la sulfateuse
En conférence de presse, Silvio Baldini, qui assure l’intérim après le départ de Gennaro Gattuso suite au fiasco en Bosnie, a dézingué les dirigeants du football italien, responsables du déclin du Calcio. «Mon explication est simple. Le football italien est entre les mains de dirigeants qui privilégient leurs propres intérêts au détriment du développement du sport. Ils se concentrent sur les transferts de joueurs expérimentés plutôt que de jeunes talents, car cela sert leurs propres intérêts. Je n’ai pas à le cacher, je l’ai toujours dit. Je qualifie certains de malfrats, et ce sont souvent eux qui tirent les ficelles. Tant que nous n’aurons pas de dirigeants compétents, le problème persistera. Partir à l’étranger leur offre l’opportunité de découvrir différents championnats et cultures. Ce qui unit ces jeunes, c’est leur passion sincère pour le football, leur authenticité et leur soif de réussite et d’argent. Mon objectif est de les aider à comprendre que le football est un véritable mode de vie, un outil précieux pour trouver les réponses qu’ils cherchent». Pour rappel, hormis Gianluigi Donnarumma, tous les joueurs appelés pour les matchs amicaux face au Luxembourg et à la Grèce sont des Espoirs italiens.
Au sujet du retard pris par le football italien sur plusieurs sujets, Baldini n’y va pas non plus de main morte, citant le PSG en exemple. «Le seul moyen d’acquérir de l’expérience est de fouler le terrain : si un joueur ne joue pas suffisamment, son potentiel reste bridé. Le véritable enjeu ne réside pas dans les équipes nationales de jeunes, qui obtiennent d’ailleurs d’excellents résultats, mais dans la transition vers l’équipe nationale A. Le problème ne dépend pas de la Fédération, mais plutôt des choix des clubs. Quel est l’intérêt de recruter un joueur de 39 ans au lieu de former un jeune issu de son propre centre de formation ? Tant que les clubs italiens ne seront pas dirigés par une direction visionnaire et sérieuse, la situation ne changera pas. Cette approche influe également directement sur le rythme de jeu, qui est trop lent en Italie. Les jeunes joueurs apportent dynamisme, vitesse et enthousiasme ; les joueurs plus expérimentés, en revanche, ont tendance à gérer leur énergie et à moins attaquer l’adversaire ; il suffit de regarder des modèles européens comme le PSG ou Aston Villa. On parle de renouvellement, mais on se contente alors d’une défense resserrée, qui nous permet seulement de reprendre notre souffle. C’est une tactique qui peut suffire contre des adversaires moyens, mais elle montre toutes ses limites dès que le niveau de la compétition baisse».
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