Ligue des Champions : Wolfsbourg, un jeune loup aux dents longues

Premier adversaire du LOSC dans cette Ligue des Champions 2021/2022, l'actuel leader du championnat allemand est l'une des belles surprises de ce début de saison.

Maxence Lacroix célèbre un but avec Lukas Nmecha
Maxence Lacroix célèbre un but avec Lukas Nmecha ©Maxppp
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Demain soir, le LOSC débutera sa campagne de Ligue des Champions à domicile, face à Wolfsbourg. Pour rappel, les Dogues ont hérité d’une poule plutôt homogène (Séville FC, Salzbourg) et malgré ses dix points de retard sur le PSG au classement de L1, les hommes de Jocelyn Gourvennec ont les moyens pour se qualifier pour les huitièmes de finale. Mais attention à ne pas sous-estimer certains de ses adversaires. À commencer par leurs futurs visiteurs allemands. Certes, les Loups impressionnent moins que le Bayern Munich, le Borussia Dortmund ou le RB Leipzig, mais aujourd’hui, ce sont eux qui dominent, pour le moment, le classement de la Bundesliga.

Avec quatre victoires en autant de rencontres, les hommes de Mark van Bommel sont premiers, avec deux points d’avance sur l’ogre munichois et trois sur le BVB. Mais avant de vous présenter les forces et les faiblesses de cette équipe allemande, petit retour en arrière. Avant ce très beau départ en championnat, une drôle d’histoire est arrivée au nouvel homme fort du club. Une histoire qui lui a valu d’être immédiatement pris pour un touriste intronisé à la tête d’une des écuries les plus connues du football germanique. Mark van Bommel est arrivé cet été. Et pour ses débuts en tant que nouveau coach des Loups, l’ancien milieu batave a commis une faute qui aurait bien pu lui gâcher la vie.

Un gros raté pour lancer la saison

Le dimanche 8 août, Wolfsbourg lançait officiellement sa saison avec le match comptant pour le premier tour de la coupe d’Allemagne face à la modeste formation de Preussen Münster (4e division). Archi favoris, les hommes de van Bommel ont eu besoin d’aller jusqu’en prolongation pour se défaire de leurs adversaires (3-1). Pas terrible pour commencer, mais ce n’est pas ça qui a valu à van Bommel une vague de critiques. Durant la partie, le coach hollandais a procédé à six changements, au lieu des cinq autorisés par le règlement. Résultat : pour avoir enfreint les règles, Wolfsbourg a été déclaré vaincu. Le début des ennuis ? Pas vraiment.

Comme nous vous l’avons indiqué, Wolfsbourg a signé un départ parfait en Bundesliga. « Ce match (de coupe d’Allemagne) a eu lieu avant le coup d’envoi du championnat donc il y a immédiatement eu des doutes au sujet de van Bommel et de l’équipe. Mais il a prouvé aux médias qu’on avait tout faux. Le fait de voir Wolfsbourg démarrer la saison aussi bien a été une réelle surprise », nous a indiqué Dominik Schneider, journaliste chez Fussbaltransfers.com. Mais comment cette équipe en est-elle arrivée là ? Tout d’abord, il convient de rappeler que Wolfsbourg a terminé l’exercice 2020/2021 au quatrième rang, à seulement trois longueurs du troisième (BVB) et à quatre unités du deuxième (RB Leipzig). Oui, voir les Loups caracoler en tête cette année surprend, mais c’est loin d’être un événement complètement incroyable.

Premièrement, le club a visiblement su digérer sa mauvaise fin de saison 2020/2021 durant laquelle il a failli voir ses rêves de Ligue des Champions s’envoler. En effet, Wolfsbourg a perdu gros durant le money time avec des revers face à l’Eintracht Francfort (3-4, 28e journée), au Bayern Munich ici (2-3, 29e journée) et contre le Borussia Dortmund (0-2, 31e journée). Pas question de ruminer, les Loups sont immédiatement retournés au combat et ont su conserver leur quatrième place, un point devant l’Eintracht. « C’est ainsi que chaque club devrait penser. Je crois aussi que quelque chose est crucial : si vous maîtrisez de telles situations plus souvent ou atteignez de grands objectifs, alors vous gagnez cette aura et cette réputation. C'est exactement ce que Wolfsburg a montré la saison dernière : vous avez perdu trois des quatre matchs importants dans une phase cruciale et vous avez quand même réussi (à se qualifier pour la Ligue des Champions). Cette expérience est importante. Nous pouvons en dire beaucoup aux gars et aussi les préparer à de telles situations », s’est satisfait van Bommel dans un entretien accordé au Bietigheimer Zeitung.

L’expérience de van Bommel

De plus, avec van Bommel, les partenaires de Maxence Lacroix ont l’avantage d’avoir un coach dont la carrière de joueur a été exceptionnelle. « Il n'est pas nécessaire qu'un entraîneur ait lui-même toute cette expérience en tant que joueur. Il existe de nombreux exemples de réussite. Mais ça m'aide beaucoup. À l'époque, en tant que joueur et capitaine, j'étais à plusieurs reprises dans des situations où je devais parler à d'autres joueurs, à l'entraîneur ou au conseil d'administration. Je le vois maintenant avec mes joueurs. Les garçons savent que je sais exactement ce qui se passe. C'est un avantage pour moi. »

Cependant, cette force de caractère et cette expérience n’expliquent pas tout. Cet été, Wolfsbourg et son directeur sportif Jörg Schmadtke ont su réaliser un excellent mercato. Tout d’abord, en conservant deux éléments très courtisés : le défenseur français Maxence Lacroix et l’attaquant hollandais Wout Weghorst. Le premier est le pilier de la défense du club, tandis que le second est un buteur régulier (55 buts inscrits en 104 matches de Bundesliga). Ensuite, Schmadtke est allé chercher des éléments tels que Luca Waldschmidt, Sebastian Bornauw, Dodi Lukebakio (qui avait été courtisé par le LOSC il y a deux ans) ou encore le jeune champion d’Europe Espoirs allemand Lukas Nmecha.

Le pari jeune

Autant de joueurs à fort potentiel en guise de pari. Buteur à deux reprises en trois matches, Nmecha, que les Loups ont acheté à Manchester City 8 M€, donne pour le moment raison à l’écurie de Basse-Saxe. Le pari jeune, voilà qui plaît beaucoup à l’actuel sélectionneur des Espoirs allemands, Stefan Kuntz, ravi d’avoir vu débuter dans le onze de départ de Wolfsbourg contre Greuther Fürth samedi dernier Ridle Baku, Yannick Gerhardt, Maximilian Arnold, Lukas Nmecha, Maximilian Philipp et Luca Waldschmidt. « Cinq champions d'Europe U-21 et un finaliste U-21 dans la formation de départ de Wolfsbourg !!! », a-t-il posté sur ses réseaux sociaux, tout heureux de voir ses (anciens) protégés prendre leur envol. Et sur le terrain ? Comment ça se passe ?

Depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe, van Bommel a opté pour un 4-2-3-1. « L’équipe est très compacte défensivement, ils concèdent très peu d’occasions de but (Wolfsbourg n’a encaissé qu’un but en Bundesliga). Ils sont forts sur les ailes et les latéraux sont toujours impliqués dans le but de créer des situations de surnombre. À ce sujet, Ridle Baku attire l’attention, d’autant qu’il sait jouer aussi bien au poste de latéral que d’ailier droit. Ensuite, Weghorst est le parfait attaquant de pointe pour ce système. Il est très fort avec son jeu de tête (il mesure 1,97m), mais il n’est pas mauvais non plus balle au pied. Le seul véritable point faible que je noterais, c’est peut-être une déficience au niveau du numéro 10. Il y a Maximilian Philipp (que le club a définitivement acheté cet été) qui n’est pas mauvais. Mais il est parfois un peu fade. Aucun but, aucune passe décisive en quatre matches, ce n’est pas terrible pour un 10 quand votre équipe domine autant. Mais est-ce qu’on peut dire que c’est vraiment une faiblesse… », nous a confié Schneider.

En tout cas, après ses débuts d’entraîneurs au PSV, Mark van Bommel est bien content d’avoir rebondi à Wolfsbourg. « C’est très amusant de travailler ici. Car ce club est très bien positionné dans tous les domaines, pas seulement au niveau de l'infrastructure des conditions d'entraînement. Tout ici est du plus haut niveau. Avec le staff, nous n’avons qu’à nous occuper des garçons et du travail sur le terrain. Je savais que la Bundesliga était bien structurée. Mais Wolfsburg est remarquable ». Ravi du début de saison de ses hommes, van Bommel peut également croire en ses chances en Ligue des Champions. « Nous allons essayer de passer la phase de groupes et je pense que c'est possible. Il y a certainement des groupes qui sont plus difficiles. Mais les trois autres clubs le savent aussi. Dans un groupe avec Lille, Séville, Salzbourg et nous, n'importe qui peut battre n'importe qui. C'est ce qui le rend si dangereux. Ce groupe est très équilibré. » Les Lillois sont prévenus !

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