Euro : Patrik Schick, l'atout majeur de la République Tchèque

Dans une forme étincelante depuis le début de l'Euro, Patrik Schick est parvenu à hisser la République Tchèque en 8e de finale, alors que sa carrière en club est en pente douce depuis quelques années.

Patrik Schick (Tchéquie) buteur contre l'Écosse
Patrik Schick (Tchéquie) buteur contre l'Écosse ©Maxppp
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Le match entre la République Tchèque et l'Angleterre a dû rappeler quelques souvenirs aux nostalgiques. Ceux de la grande épopée de 1996, quand la génération dorée emmenée par Pavel Nedved, Patrik Berger et Karel Poborsky allait jusqu'en finale de l'Euro, simplement battue à Wembley par l'Allemagne (2-1 b.e.o.) de ce diable d'Oliver Bierhoff. Ce stade maudit qui a pourtant été le théâtre des plus grandes heures de football de la jeune nation. 25 ans plus tard, la Tchéquie est à nouveau qualifiée pour la phase éliminatoire et affrontera XX ce soir en 8e de finale. Une petite surprise car cette équipe n'était pas vraiment attendue à ce stade de la compétition après une préparation compliquée ; une défaite en mars contre le Pays de galles (1-0) puis en juin face à l'Italie (4-0), à peine rattrapée par un succès compliqué contre l'Albanie (3-1).

Une dernière rencontre durant laquelle Patrik Schick avait ouvert le score, déjà. L'attaquant incarne à merveille ce retour inattendu au premier plan de la scène européenne de son équipe nationale. Double buteur magnifique face à l'Écosse (2-0), dont un lob exceptionnel de 45 mètres, il a de nouveau trouvé le chemin des filets contre la Croatie, sur penalty cette fois, malgré un nez ensanglanté. Avec trois réalisations depuis le début de la compétition, soit tous les buts marqués par la République Tchèque, il le co-meilleur buteur de l'Euro en compagnie de Romelu Lukaku et Cristiano Ronaldo. Excusez du peu. Au milieu de ces deux stars du ballon rond, l'attaquant de 25 ans tient une présence inattendue, même si en équipe nationale, son excellent ratio de 28 sélections pour 14 buts aurait pu mettre la puce à l'oreille.

«Schick, c'est un joueur exceptionnel, meilleur à certains égards que Ronaldo»

« Nous savons que Patrik est un grand buteur et il l'a confirmé. Je pense que nous irons plus loin dans ce tournoi et Patrik nous guidera avec ses buts. J'espère que ce n'était pas son dernier mot. S'il peut faire la même chose que Baros, ce serait formidable», commentait le sélectionneur tchèque Jaroslav Silhavy après le match contre la Croatie, faisant référence à l'excellent Euro de Milan Baros, 5 buts en 2004, et sacré meilleur artilleur de la compétition. «C'est un buteur affamé et c'est très bon pour nous», surenchérissait Vladimir Darida, le capitaine de la Narodni tym. «C'est un joueur exceptionnel, meilleur à certains égards que Ronaldo», s'enflammait carrément Jaroslav Hrebik, le directeur sportif du Sparta Prague, le premier club de Schick, dans les colonnes du Guardian.

Pourtant, la carrière du natif de la capitale tchèque navigue au ralenti depuis quelques années. Révélé à l'Europe du football à la Sampdoria durant la saison 2016/2017, le buteur file du côté de la Roma, plutôt qu'à la Juventus où sa visite médicale ne donne pas satisfaction. Son transfert pour environ 42 M€, un record pour la Louve, est un échec. Barré par Edin Dzeko, il est surtout victime de blessures à répétition. Après 8 petits pions en 58 apparitions, il est prêté avec option d'achat au RB Leipzig à l'été 2019. En Allemagne, il redresse la barre (10 réalisations en 28 apparitions toutes compétitions confondues) mais pas suffisamment pour que l'option soit levée et c'est finalement le Bayer Leverkusen qui le récupère contre 25 M€.

Briller en sélection pour rebondir

Ses 13 buts en 36 rencontres cette saison ne font toujours pas de lui un goleador redoutable, il ne l'a jamais été d'ailleurs. Néanmoins, Schick parvient à maintenir un certain niveau de performance depuis que les blessures l'ont laissé tranquille. Avec sa sélection en revanche, il est bien plus efficace. Dans une équipe qui brille davantage par son travail de pressing, la récupération et les duels, que dans la technique balle au pied, il parvient à tirer son épingle du jeu pour être la référence offensive. Briller dans un grand tournoi international comme son aîné Milan Baros il y a 17 ans au Portugal, voilà qui pourrait bien enfin conduire Patrik Schick dans une autre catégorie de joueurs, lui qui était annoncé comme un grand espoir en devenir il n'y a encore pas si longtemps.

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