L’énorme prestation du Stade Rennais, un désaveu terrible pour Habib Beye
4 jours après le départ d’Habib Beye, le Stade Rennais a proposé sa meilleure prestation de la saison pour battre le PSG (3-1). Difficile de ne pas y voir un lien, d’autant que les joueurs décisifs ont tous eu des relations compliquées avec leur ancien entraineur.
Le football est parfois désarmant d’irrationalité. La défaite du PSG (3-1), pourtant archi favori au Roazhon Park hier, en est un nouvel exemple. 5 jours après la gifle infligée à l’OM au Parc des Princes et juste avant les barrages aller de Ligue des Champions contre Monaco, le champion d’Europe en titre semblait avoir retrouvé son allant offensif et son collectif quasi infaillible. Sa prestation contre un Stade Rennais en plein doute, sans entraîneur, et au cœur d’une nouvelle saison décevante est venue rappeler la fragilité des certitudes dans le sport de haut niveau. Les Bretons ont réalisé leur meilleure prestation de l’année quand on les attendait le moins.
C’est aussi un désaveu terrible pour Habib Beye. C’est quand le technicien part que son ex-équipe se sublime. Ce n’est sans doute pas un hasard non plus. Brice Samba, Mousa Al-Tamari, Ludovic Blas, trois joueurs ayant eu des relations compliquées avec le natif de Suresnes, ont tous été décisifs hier soir. Le gardien a brillé dans son but (notre rédaction lui a attribué la note de 7,5), le Jordanien a ouvert le score d’une belle frappe sèche à l’entrée de la surface, quand le joueur formé à Guingamp, entré en jeu à la 65e, fut passeur décisif pour Embolo sur le 3e but de son équipe. Les propos de Samba après la rencontre ont d’ailleurs été assez équivoques, lui qui avait été écarté par Beye pour la rencontre à Lens.
Embolo : «On a perdu un coach, ça veut dire que collectivement on n’a pas été à la hauteur»
«C’est une petite revanche personnelle par rapport à la semaine dernière, des choses qui ne se sont pas bien passées. Maintenant, c’est le passé, la meilleure réponse est sur le terrain, réagissait le 3e portier des Bleus, remettant tout de même la régularité du collectif en question. Quand on est comme ça, on est très difficiles à battre. On le savait mais on avait du mal à le répéter assez souvent. Maintenant on est dans la merde parce qu’on ne doit plus faire moins par rapport à ce soir». Tout n’est pas la faute d’Habib Beye non plus comme l’affirmait Breel Embolo. «On a perdu un coach, ça veut dire que collectivement on n’a pas été à la hauteur».
«Ce n’est pas juste, je ne suis pas là pour critiquer l’ancien coach. Il a aussi fait du bon travail. C’est un mec qui s’est donné jusqu’au dernier jour», complétait le Suisse. Il n’empêche, Sébastien Tambouret, coach intérimaire le temps de formaliser la venue de Franck Haise, a redonné confiance et plaisir à un groupe devenu méfiant à l’égard de leur ancien patron. «Il y avait de la frustration chez les joueurs par rapport à ce qu’ils avaient montré dernièrement sur le terrain. On s’en est servi aussi comme bonne source d’énergie. Il fallait libérer, et en quatre jours, on est allé vers la clarté et l’engagement, des choses simples», analysait l’habituel entraîneur de la réserve.
Le tacle du RCK
Ce dernier a mis en place un autre système, une défense à 4 notamment, dans lequel les Rennais ont eu l’air de rapidement trouver leurs marques. Il n’y a pas eu non plus de changement majeur dans le onze de départ. Samba a fait son retour et Nagida a profité du forfait de Frankowski pour débuter. C’est bel et bien dans les têtes que le changement a eu lieu. Et puis la motivation est toujours plus facile à trouver dans ce qui est l’une des plus grandes soirées de l’année pour les supporters avec la réception de la meilleure équipe du pays. Esteban Lepaul évoquait «une soirée fédératrice, beaucoup de plaisir, de soutien des uns envers les autres» tout en assurant qu’il n’y avait «aucun rapport» avec le départ de Beye.
En coulisse, la donne est un peu différente. La personnalité du médiatique technicien a pu crisper, joueurs, dirigeants et supporters. Le RCK, principal groupe de fans, a d’ailleurs fait passer un message hier. Après avoir remercié les joueurs pour «les émotions au Roazhon Park plus vécues depuis très longtemps», ils n’ont pas hésité à tacler l’ancien entraîneur. «Ce soir, il y en a un chez lui, il doit se retourner. Beye est parti, maintenant, c’est que nous. Beaucoup le pense, en interne aussi… Je suis désolé pour lui, mais à un moment il faut savoir fermer sa gueule» adressait un leader au mégaphone, timidement applaudi par les joueurs sur la pelouse. Il était temps que ça se termine avec celui dont le départ se fait aussi dans le conflit. Si il le récupère, l’OM est prévenu.
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