Coupe du Monde 2026 : l’incroyable histoire du Petit Poucet Curaçao, plus petit pays de l’histoire du Mondial
Plus petit pays de l’histoire de la Coupe du Monde, Curaçao sera l’une des attractions de l’été et dispose d’une histoire vraiment surprenante.
C’est désormais parti pour la Coupe du Monde 2026. Depuis ce jeudi et le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud, la compétition est lancée. Petit à petit, les différentes nations débutent et c’est le cas ce dimanche pour Curaçao. Petit nouveau de la compétition, l’île des Caraïbes a étonné tout son monde et sera l’une des attractions de la compétition. À l’instar de la Jordanie, de l’Ouzbékistan et du Cap-Vert, elle sera l’une des quatre nouvelles nations à disputer la Coupe du Monde pour la toute première fois. Un joli tour de force pour une île de moins de 160 000 habitants, quatre fois plus petite que la Guadeloupe et cinq fois plus petite que la Réunion.
Une montée en puissance rapide
Plus petit pays de l’histoire de la Coupe du Monde, Curaçao a connu un véritable tournant en octobre 2010 avec la dissolution des Antilles néerlandaises et le pays est devenu un État autonome comme Saint-Martin et Aruba. Bien que la sélection existe depuis 1924, c’est sous la bannière des Antilles néerlandaises qu’elle s’est illustrée, atteignant en 1963 et 1969 la troisième place de la Gold Cup. Battue par Haïti au 2e tour des éliminatoires de la Coupe du Monde 2010, qui l’empêchait de figurer parmi les douze meilleures nations d’Amérique du Nord, la sélection des Antilles Néerlandaises n’aura jamais vraiment vécu le rêve de la Coupe du Monde. Le 9 février 2011, Curaçao fait alors son grand retour sur la scène internationale. Pays plutôt adepte du baseball, Curaçao sera néanmoins ambitieux en voulant attirer des joueurs néerlandais d’origine curacienne et des coachs de renom.
Entre 2015 et 2016, la légende néerlandaise Patrick Kluivert a dirigé l’équipe, avant que Guus Hiddink fasse un passage entre 2020 et 2022. Depuis 2024, c’est Dick Advocaat qui a pris en main la sélection. Trois noms très connus aux Pays-Bas et qui ont aidé l’équipe à s’élever. En 2017, lors de la dernière Coupe Caribéernne des Nations, Curaçao a remporté son premier trophée en battant la Jamaïque. Un joli tour de force pour une sélection qui obtenait sa première qualification en Gold Cup la même année. Quart de finaliste en 2019, Curaçao a continué ses progrès, notamment grâce à la Ligue des Nations de la CONCACAF où Curaçao s’est installé parmi les meilleures équipes d’Amérique du Nord. Les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026 ont confirmé cela.
Une qualification historique
Faciles premiers de leur poule au deuxième tour devant Haïti qu’ils ont battu (5-1), les Curaciens ont ensuite brillé au troisième tour dans une poule où on retrouvait la Jamaïque et Trinité-et-Tobago, deux nations qui ont connu la Coupe du Monde en 1998 et 2006. Outsider, Curaçao a terminé invaincu avec 3 victoires et 3 nuls, dont une belle victoire (2-0) contre la Jamaïque. Tenant le 0-0 au dernier match face aux Reggae Boyz, les hommes de Dick Advocaat ont enfin décroché le Graal. Un projet de 15 ans enfin couronné qui a récompensé tout un peuple.
« Peu importe qui sont nos adversaires, personne ne croyait en nous, mais nous l’avons fait », confiait le capitaine Leandro Bacuna. De son côté, le président de la fédération, Gilbert Martina exultait : « nous sommes petits par la taille, mais grands par l’âme et le cœur. Qu’ils viennent tous, nous avons déjà gagné la Coupe du Monde ! » Se retrouvant dans un groupe E très concurrentiel avec l’Allemagne, la Côte d’Ivoire et l’Équateur, Curaçao aura peut-être du mal à briller, mais a atteint son objectif en vibrant le temps d’une compétition de grande ampleur.
L’histoire émouvant Dick Advocaat
Parmi les hommes clefs de cette qualification, on retrouve Dick Advocaat auteur d’une belle et longue carrière avec des passages remarqués au PSV Eindhoven, avec les Glasgow Rangers et le Zenith Saint-Pétersbourg. Qualifiant les Pays-Bas pour la Coupe du Monde 1994 et l’Euro 2004, il a emmené la Corée du Sud à la Coupe du Monde 2006 et la Russie à l’Euro 2012. Vivant peut-être sa dernière grande compétition à 78 ans, il avait toutefois surpris son monde en février dernier en démissionnant suite aux problèmes de santé de sa fille, laissant sa place à Fred Rutten. « J’ai toujours dit que la famille passait avant le football. C’est donc une décision évidente pour moi. Mais ça ne changera évidemment rien au fait que Curaçao va me manquer, les gens ici et mes collègues vont beaucoup me manquer », avait-il alors confié.
Mais son successeur a démissionné suite à des mauvais résultats en mars contre la Chine (défaite 2-0) et l’Australie (défaite 5-1). « Il ne doit pas y avoir un climat qui nuise aux relations professionnelles saines au sein de l’équipe ou du staff. C’est pourquoi démissionner est la bonne décision. Le temps presse et Curaçao doit avancer. Je regrette la tournure des événements, mais je souhaite le meilleur à tout le monde », avait-il expliqué. C’est donc dans ce drôle d’imbroglio que Dick Advocaat est de retour et va devenir le plus vieil entraîneur à diriger une équipe lors d’une Coupe du Monde.
Curaçao peut faire quoi à la Coupe du Monde ?
Présentant un effectif assez expérimenté composé de 25 joueurs natifs des Pays-Bas, Curaçao ne peut compter que sur un seul natif de l’île, avec Tahith Chong de Sheffield United. Outre l’ancien milieu offensif de Manchester United, on peut noter les présences d’Armando Obispo du PSV Eindhoven, des frères Leandro et Junior Bacuna, mais aussi de l’attaquant Jürgen Locadia, ancien du PSV Eindhoven, de Brighton et d’Hoffenheim. Globalement, les joueurs de Curaçao disposent de certaines références, notamment en Eredivisie ou en D2 néerlandaise. Pour autant, cela ne pourrait pas suffire à la Coupe du Monde.
Placé dans un groupe compliqué, Curaçao a été balayé par l’Écosse (4-1) en préparation même s’ils avaient mené avant de concéder un carton rouge. La victoire 4-0 contre Aruba a permis de reprendre confiance, mais c’était contre un adversaire très faible. Face à l’Allemagne (14 juin), l’Équateur (21 juin) et la Côte d’Ivoire (25 juin), Curaçao voudra essayer de montrer un beau visage comme ses compères caribéens auparavant. En 1998, la Jamaïque avait terminé 3e de son groupe derrière l’Argentine et la Croatie, mais devant le Japon qu’elle a battu 2-1. Huit ans plus tard, Trinité-et-Tobago a accroché la Suède (0-0) et a failli faire de même contre l’Angleterre concédant deux buts en fin de match. Des inspirations dans lesquels Curaçao doit puiser pour faire sensation.
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