Comolli, Yildiz, Spalletti… la Juventus préparerait une grande saignée à tous les étages !
La Juventus vit une fin de saison sous tension maximale alors que la qualification pour la Ligue des Champions semble lui échapper. Une absence dans la plus grande compétition européenne fragiliserait immédiatement le projet sportif et financier du club.
La Juventus avance au bord du gouffre avant une dernière journée qui pourrait faire basculer tout un projet. Battue par la Fiorentina dans un Allianz Stadium sous tension (0-2), la Vieille Dame s’est enfoncée à une inquiétante sixième place et voit désormais la prochaine Ligue des Champions lui échapper. Le Derby della Mole face au rival du Torino prend alors une dimension capitale puisqu’il pourrait décider du futur sportif, économique et institutionnel du club turinois. Cette saison devait marquer le retour durable de la Juve parmi les grandes puissances européennes. Elle risque finalement de devenir celle d’un nouvel échec historique. L’élimination précoce en barrages de Ligue des Champions contre Galatasaray dans un scénario fou a déjà laissé des traces profondes dans les finances et dans l’image du club. La sortie en quart de finale de Coppa Italia a accentué la frustration d’un environnement qui espérait enfin retrouver de la stabilité après plusieurs années de turbulences permanentes. Aujourd’hui, la Juventus donne l’impression d’un géant fragilisé à tous les niveaux, incapable de retrouver une continuité sportive malgré des investissements massifs et des changements incessants. Le climat est d’autant plus pesant que la saison a été marquée par une nouvelle secousse sur le banc. Igor Tudor a été remercié avant l’arrivée de Luciano Spalletti, présenté comme l’homme capable de relancer un cycle ambitieux.
L’ancien sélectionneur italien avait pourtant réussi à redonner une identité collective et une certaine cohérence technique à une équipe longtemps perdue. Mais la dynamique s’est brutalement cassée dans le sprint final. La Juventus occupait déjà une position délicate au moment de son arrivée et espérait revenir dans le top 4. Plusieurs mois plus tard, le club se retrouve encore plus loin des standards attendus avec un retard abyssal sur les premières places. Si Spalletti conserve le soutien d’une partie de la direction, notamment celui du propriétaire et cousin d’Andrea Agnelli, John Elkann, les dernières prestations ont provoqué une immense colère chez les tifosi. Le technicien italien lui-même est apparu marqué après la défaite contre la Fiorentina, conscient que l’échec d’une qualification pour la Ligue des Champions ferait basculer son projet dans une zone de fortes turbulences. « Je dois faire le point, car je dois apporter quelque chose de différent. Je parlerai à John Elkann cette semaine. La saison a été formidable, mais nous n’avons pas su saisir les moments clés pour en faire une saison vraiment exceptionnelle », avait-il expliqué en conférence de presse.
De Comolli à Yildiz, les victimes collatérales
La menace dépasse désormais largement le cadre sportif. Selon la Gazzetta dello Sport, une absence de Ligue des Champions pourrait coûter jusqu’à 80 millions d’euros à la Juventus avec les pertes liées aux primes UEFA, aux recettes du stade et aux conséquences commerciales. Une telle déflagration financière remettrait en cause toute la stratégie confiée à Damien Comolli par John Elkann. Le dirigeant français, arrivé avec l’objectif de restructurer en profondeur le club, voit son projet sérieusement fragilisé après une saison ratée. Les mauvais résultats, les choix de recrutement discutés et les dépenses importantes réalisées sur plusieurs dossiers poussent désormais la propriété à s’interroger. Elkann réfléchirait déjà à une nouvelle révolution interne si la Juventus venait à manquer la plus grande compétition européenne. Plusieurs départs pourraient alors être envisagés dans l’organigramme malgré les relations étroites entre le patron d’Exor et Comolli. Cette incertitude géante risque également de bloquer de nombreux dossiers mercato. Les pistes menant à Bernardo Silva, Alisson Becker ou encore Randal Kolo Muani deviendraient extrêmement compliquées sans les revenus de la C1 et sans garanties sportives solides. Le Portugais de Manchester City souhaiterait absolument évoluer dans la plus prestigieuse des compétitions européennes et la Juve pourrait voir s’effondrer des mois de travail sur ce dossier.
Le scénario noir ne s’arrête pas là puisque plusieurs sacrifices majeurs seraient dorénavant envisagés afin de rééquilibrer les comptes sous la surveillance du fair-play financier de l’UEFA. Gleison Bremer attire toujours la Premier League grâce à sa clause élevée. Khéphren Thuram possède une forte valeur marchande. Andrea Cambiaso reste très convoité. Francisco Conceição suscite des intérêts importants en Angleterre. Mais le dossier qui inquiète le plus les tifosi concerne Kenan Yildiz. Considéré comme le symbole du futur bianconero, le numéro 10 turc ne serait plus intouchable dans un contexte économique aussi tendu. La Juventus n’écouterait que des offres colossales, mais un éventuel assaut du Real Madrid pourrait totalement rebattre les cartes. Une vente à quasi 100 millions d’euros permettrait d’éviter une catastrophe comptable tout en provoquant un traumatisme immense chez les supporters. La Juve pourrait alors entrer dans un nouveau cycle de reconstruction avec un effectif amputé de plusieurs cadres, un projet dirigeant fragilisé et un entraîneur déjà sous pression après seulement quelques mois. Le Derby della Mole ressemble donc à bien plus qu’un simple rendez-vous de championnat puisque c’est peut-être toute l’architecture du futur bianconero qui se joue désormais sur 90 minutes.