La Juventus est devenue la risée de toute l’Italie
Humiliée 5-2 à Istanbul après avoir pourtant mené au score, la Juventus a sombré en seconde période et compromis presque définitivement ses chances de qualification. La Vieille Dame s’attire les foudres de la presse italienne et devient le symbole d’un football transalpin en pleine crise.
La claque reçue à Istanbul a résonné bien au-delà du RAMS Park. En s’inclinant (5-2) face à Galatasaray lors du barrage aller de Ligue des Champions, la Juventus est prise pour cible ce mercredi. Ce choc s’annonçait ouvert et équilibré, et il l’a été… pendant trente minutes. Après l’ouverture du score turque signée Gabriel Sara (15e), profitant d’une récupération haute d’Osimhen et d’un cafouillage de Noa Lang face à Bremer, la Juve avait pourtant su répondre avec autorité. Koopmeiners, pour son premier but européen sous le maillot bianconero, égalisait (17e) avant d’envoyer une frappe splendide en lucarne après un une-deux avec McKennie (32e). À 2-1, la Vieille Dame semblait avoir repris la main, malgré la sortie sur blessure de Bremer. Mais ce fragile équilibre allait voler en éclats après la pause avec Lang (50e, 75e), Davinson Sanchez (59e), et enfin Boey (87e) qui ont transformé l’avantage turinois en naufrage collectif. L’expulsion naïve de Cabal (67e), coupable de deux jaunes en quelques minutes, a scellé le sort d’une équipe déjà au bord de la rupture.
Ce qui frappe, au-delà du score, c’est l’effondrement psychologique. La Juventus menait, maîtrisait le tempo, puis s’est désintégrée. Locatelli a perdu son duel aérien face à Torreira sur l’égalisation, Thuram a mis Kelly en difficulté dans sa propre surface, et l’équipe a sombré dans un désordre incompréhensible. Osimhen, omniprésent au pressing, n’a peut-être pas marqué, mais il a été le catalyseur de la furia stambouliote. La Juve, elle, a reculé, perdu ses repères et toute maîtrise émotionnelle. En quelques minutes, l’espoir d’un résultat positif s’est mué en humiliation européenne. Déjà touchés par la défaite en Serie A face à l’Inter, les hommes de Spalletti enchaînent une seconde soirée cauchemardesque. Plus qu’une défaite, c’est un signal inquiétant envoyé au football italien. L’un de ses porte-drapeaux historiques a vacillé sans résistance.
La presse italienne pas tendre
La presse transalpine n’a pas tardé à tirer à boulets rouges. La Gazzetta dello Sport parle d’« une défaite historique qui met la Juve hors course » et évoque « une série d’erreurs individuelles incroyables » révélant « leur fragilité générale ». Le quotidien va plus loin : « certaines équipes laissent Icardi sur le banc, tandis que d’autres alignent McKennie en pointe : voilà comment l’Europe rejette l’Italie », fustigeant un football national « passé d’une situation instable à un véritable raz-de-marée ». L’amertume domine, tout comme l’idée d’un exploit désormais quasi impossible au retour. Tuttosport, pourtant souvent indulgent avec les Bianconeri, titre sans détour : « Cabal coule tout le monde, Kelly est désastreux, Yildiz a disparu ». Le journal souligne l’effondrement d’une équipe « excellente en première mi-temps » avant de « s’écrouler » et rappelle qu’« un véritable exploit sera nécessaire à l’Allianz Stadium » pour espérer renverser les Turcs. Quant à Sportmediaset, le constat est encore plus sévère : « La soirée de gala a rapidement viré au cauchemar » et la Juve a fait « non pas un, mais trois pas en arrière », dénonçant un « manque de caractère » et une incapacité à « réagir à l’inattendu »*.
Les comparaisons historiques ajoutent au malaise. Sportmediaset rappelle que seules la Lazio (2000), l’Inter (2011) et la Roma (2018, 2021) ont encaissé cinq buts ou plus à l’aller en Europe… et qu’aucune n’a renversé la situation au retour. L’ombre d’une élimination précoce plane donc déjà sur Turin. Les grandes années, celles des finales européennes, semblent lointaines. Le club qui incarnait la rigueur et la solidité italienne a offert une démonstration inverse avec fébrilité, indiscipline et absence de leaders capables de calmer la tempête. À ce niveau, le constat est brutal. La Juventus n’a pas seulement perdu un match, elle a perdu la face. Et dans un pays où la culture du résultat est sacrée, cette déroute fait d’elle, au moins pour quelques jours, la cible privilégiée des critiques et des moqueries. Le miracle est encore mathématiquement possible, mais l’Italie du football, elle, a déjà rendu son verdict.
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