Mehdi Zeffane : « le championnat russe m'a immédiatement séduit »

Un nouveau départ. Libre depuis son départ du Stade Rennais en fin de saison dernière, Mehdi Zeffane imaginait rebondir et retrouver un nouveau point de chute, lui qui avait notamment montré de belles choses durant la Coupe d'Afrique des Nations avec l'Algérie. Mais le latéral droit a dû prendre son mal en patience. Sans club, il a continué à travailler d'arrache-pied avant de finalement rebondir en Russie, au Krylia Sovetov Samara à la fin du mois de janvier. Pour Foot Mercato, l'ancien joueur de l'OL revient sur les moments difficiles qu'il a pu vivre tout en évoquant sa nouvelle vie en Russie, un pays où il se sent bien. Entretien.

Mehdi Zeffane se confie à Foot Mercato
Mehdi Zeffane se confie à Foot Mercato ©Maxppp

**Foot Mercato : la dernière fois que nous nous sommes parlé, vous étiez libre et en quête d'un nouveau challenge. Comment s'est passé l'approche du Krylia Sovetov Samara et pourquoi avoir fait ce choix ?

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Mehdi Zeffane** : oui, il est vrai que la dernière fois que nous nous étions parlé, j'étais libre de tout contrat et en quête d'un nouveau challenge. Heureusement pour moi, ça a changé. Je suis actuellement à Samara, au Krylia Sovetov. Je suis très content (...) Samara s'est manifesté fin décembre, début janvier. Il est vrai que plusieurs clubs étaient intéressés. Mais Samara est celui qui a montré l'intérêt le plus concret et c'est surtout celui qui a montré le plus de respect. Ce qui m'a convaincu de signer ici et j'en suis très content car tout se passe bien pour le moment. J'avais, en plus, la possibilité de découvrir une autre culture et un nouveau pays. Tout cela était très intéressant pour moi. En tout cas, ça me fait beaucoup de bien de pouvoir rejouer au football et de faire mon métier du mieux possible.

**FM : d'autres clubs vous avaient-ils contactés ?

M.Z** : oui, d'autres clubs se sont manifestés. Mais pour certains, cela n'en est resté qu'au stade de l'intérêt. Moi, j'avais besoin de concret. C'est ce qui m'intéressait le plus. Et c'est le Krylia Sovetov qui a montré le plus d'intérêt et de respect pour moi. Donc c'est tout naturellement que je suis venu ici.

**FM : j'imagine que c'était un soulagement pour vous...

M.Z** : oui, complètement c'était un soulagement. J'étais ravi de cette signature, mes proches aussi. C'est une période qui m'a appris quand même pas mal de choses. Mais bien sûr, évidemment, c'était un soulagement pour moi de signer dans un club et de pouvoir rejouer au football.

**FM : qu'avez-vous appris sur vous et sur le foot en général durant les quelques mois que vous avez passés sans club ?

M.Z** : vous savez, quand on donne l'information à son cerveau d'accepter le fait de ne pas jouer et de ne pas pratiquer sa passion pendant six mois, il faut un laps de temps et il faut être bien entouré. J'ai la chance d'avoir ma famille et mes amis près de moi. Donc ça m'a aidé évidemment. J'ai essayé aussi de prendre beaucoup de recul sur la situation, d'analyser les choses et de tirer le positif de tout ça. C'est vrai que je pense avoir pris beaucoup en maturité car j'ai pu voir le football de loin. J'ai pu faire des choses que je n'avais pas l'habitude de faire. Ça faisait longtemps que je n'avais pas passé autant de temps avec ma famille et mes amis. Donc j'ai pu en profiter. Néanmoins, avec David (Venditelli) mon agent, on a mis en place certaines choses. Comme tout le monde le sait, je travaille aussi avec Fouad Ezbiri, qui était mon coach personnel sur Lyon. Donc ce n'était pas non plus de tout repos. C'est vrai que ce n'était pas une situation évidente, on ne va pas se mentir. Mais elle m'a fait beaucoup grandir. J'espère, bien sûr, que ça ne se reproduira pas. Je me suis aussi remis en question, c'est d'ailleurs la première chose que j'ai faite. J'en ai tiré les leçons. Aujourd'hui je suis en Russie et je suis très content d'être là.

**FM : aviez-vous peur aussi pour votre place en sélection algérienne ? Avez-vous échangé avec Djamel Belmadi ?

MZ** : peur, c'est peut-être un grand mot. Mais quand on ne joue pas au foot, quand on n'est pas sur les terrains, tout est remis en question c'est normal, c'est le jeu. Néanmoins, j'ai la chance d'avoir eu Djamel (Belmadi) plusieurs fois au téléphone lors des six mois où je ne jouais pas. Il m'a soutenu et il m'a montré qu'il était toujours là. Ça m'a fait beaucoup de bien durant cette période. Ça m'a aussi aidé à me maintenir. Deux ou trois jours avant ma signature, je l'ai eu au téléphone pour le prévenir de ce qu'il se passait et de la direction que je prenais. Il m'a toujours soutenu. Je sais que Djamel est un grand professionnel et qui'l regarde tout ce qu'il peut se passer sur la planète foot. Pour moi, c'était un soulagement de rejouer au football.

Mehdi Zeffane est tombé sous le charme de la Russie

**FM : que pensiez-vous du championnat russe avant d'y jouer ? Et qu'en pensez-vous à présent ?

M.Z** : avant d'arriver en Russie, c'est vrai que j'ai beaucoup regardé les grandes équipes russes dans les grandes compétitions européennes, que ce soit la Ligue Europa ou la Champions League. Il y en a beaucoup. Il faut savoir que la Russie est un championnat où il y a énormément de grandes équipes, surtout historiquement parlant. Quand Samara s'est manifesté, j'ai évidemment regardé le championnat russe de plus près. J'ai pu constater que ce n'est pas un championnat évident du tout. Il y a beaucoup de qualité. Maintenant que j'ai pu y jouer un petit peu, je peux vous confirmer que c'est un championnat difficile. Il y a beaucoup de bons joueurs. C'est un très bon championnat. Les stades sont magnifiques. Donc ça rend la chose agréable. C'est vraiment un bon championnat. Les gens ici adorent le foot. Je suis heureux d'être ici.

**FM : en quoi est-ce différent de la Ligue 1 ?

M.Z** : je ne sais pas s'il y a une grande différence, mais en tout cas le jeu est peut-être un peu plus dur dans les duels. Ce serait la seule chose que je retiendrai. Mais sinon au niveau des installations, il y a vraiment tout ce qu'il faut ici. C'est très professionnel. Comme je vous l'ai dit, les stades sont magnifiques. Beaucoup avaient été refaits pour la Coupe du Monde 2018 je pense. Mais ça embellit le championnat et ça séduit pas mal de joueurs. Comme la plupart des terrains sont beaux, c'est beaucoup plus facile pour pratiquer un beau football et pour jouer au ballon. C'est la politique que l'on a en plus ici à Samara. C'est top. J'avais pris toutes les infos avant de venir à Samara et c'est vrai que le championnat russe m'a immédiatement séduit.

**FM : comment jugez-vous votre adaptation et vos premiers pas là-bas ?

M.Z** : mon adaptation a été plus ou moins facile car le traducteur m'accompagne pratiquement partout où je vais. Donc c'est beaucoup plus simple. J'essaye également d'apprendre les bases en langue russe pour pouvoir m'intégrer plus facilement aux entraînements. On verra après pour la suite. Mais je suis en train d'apprendre un peu le russe. J'ai été très bien accueilli par tout le monde, du coach au staff, en passant par les dirigeants et évidemment les principaux acteurs, les joueurs. Plusieurs d'entre eux parlent anglais ou espagnol, donc je peux m'exprimer tranquillement. Du coup, ça a facilité beaucoup de choses. Mais au final, on parle tous la même langue qui est le foot. Si jamais il y a un problème, le traducteur est là. Pour les automatismes, heureusement qu'il est là. Mais ensuite, une fois sur le terrain, j'ai réussi à vite comprendre comme je sais bien me débrouiller en anglais. Donc ça a facilité pas mal de choses. J'avais aussi la chance en signant en Russie d'avoir un stage de préparation. On a fait un stage en Turquie et un autre à Marbella (Espagne). Ça m'a laissé le temps de pouvoir bien me remettre physiquement, avec des entraînements collectifs. Ce qui était très important. Du coup, j'ai eu le temps de m'adapter et de faire connaissance avec tout le monde ainsi que la culture russe au niveau du football.

**FM : vous n'avez pu jouer que trois rencontres, j'imagine que c'est quelque part frustrant.

M.Z** : depuis la reprise du championnat, il n'y a eu que trois matches. J'ai pu jouer les trois rencontres. Ça m'a fait beaucoup de bien. Pour des raisons évidentes, le championnat a dû s'arrêter comme un peu partout dans le monde. Donc évidemment qu'on a tous envie de reprendre, que ce soit les entraînements ou les matches. Mais il y a des choses plus importantes dans la vie, à commencer par la santé de tous. C'est logiquement qu'on a arrêté le championnat pour une durée indéterminée. Maintenant, il faut se maintenir en forme chacun de son côté en espérant qu'on reprenne tous notre travail rapidement.

**FM : que pensiez-vous du fait que l'on continue de jouer en Russie alors que dans d'autres pays, cela s'arrêtait ? Avez-vous compris ?

M.Z** : en Russie, actuellement, on ne joue plus. Le championnat a été suspendu jusqu'au 10 avril minimum il me semble. Alors, c'est vrai qu'on n'a pas arrêté en même temps que la France, on a eu un match de plus. Mais ça s'est joué à quelques jours près. La Russie a vite pris les choses en main et a saisi l'ampleur de la situation. C'est logiquement que le championnat a été suspendu temporairement. Il y a eu une réactivité en Russie et des décisions qui ont été prises. On a évidemment hâte de reprendre, mais il y a des choses plus importantes que le football dans la vie, en premier lieu la santé de tous. La fédération russe a pris la meilleure décision, à savoir suspendre le championnat temporairement, comme dans le monde entier.

**FM : le football est à l'arrêt actuellement. Comment vivez-vous cette période ? Avez-vous des nouvelles concernant une potentielle reprise du championnat?

M.Z** : je suis actuellement en Russie, à Samara. Je n'ai pas voulu rentrer en France car il y avait des chances que je ne puisse pas revenir tout de suite en Russie. Donc je n'ai pas voulu prendre de risques. Pour le moment, la reprise de l'entraînement collectif a été fixée à début avril, à moins que ça soit prolongé. On verra bien. Je vis à l'hôtel actuellement. On a la chance pour le moment de ne pas avoir de confinement, comme ça peut être le cas dans certains pays. Néanmoins, on fait très attention. Le docteur a parlé à toute l'équipe. Ils ont employé les grands moyens aussi. Pour ma part, il m'a même rapporté du gel hydroalcoolique et des masques jusqu'à mon hôtel. Chaque jour; il y a un suivi de la part du docteur. Ce qui est très important pour nous. On n'a pas encore de nouvelles concernant une reprise potentielle du championnat. De mémoire, il me semble qu'elle est programmée pour le 10 avril. Si ça doit être reporté, ça sera reporté. C'est la santé de tous qui prédomine. Mais on espère tous reprendre bientôt du service. En attendant, je suis à mon hôtel où j'ai la salle de sport à disposition. Je regarde aussi les horaires et en fonction il est possible que je puisse venir m'entraîner au centre d'entraînement. Les équipements sont très bien. On fait tous très attention en Russie. On est bien suivi. Je suis content d'être ici, tout se passe bien pour le moment. J'espère qu'on pourra tous reprendre bientôt et qu'on laissera ça loin derrière nous car c'est une situation qui n'est pas évidente pour tout le monde actuellement. En espérant qu'on arrive à vaincre ça, que ça soit un mauvais souvenir et qu'on puisse regarder vers l'avant très bientôt

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