Pourquoi l'haltérophilie est bénéfique pour le football

Physique
L'haltérophilie, une pratique bénéfique pour les footballeurs
L'haltérophilie, une pratique bénéfique pour les footballeurs ©Maxppp

Longtemps marginalisé, l’haltérophilie et ses deux mouvements olympiques, l’arraché et l’épaulé-jeté, commencent à être de plus en plus utilisés par les préparateurs physiques dans le football. On vous explique pourquoi ces deux sports sont loin d’être incompatibles.

« L’Haltérophilie, c’est pour les bodybuilders et ça alourdit plus qu’autre chose ! De plus l’haltérophilie, c’est dangereux et ça stoppe la croissance ! » Voici les principaux préjugés qui reviennent lorsque l’on évoque l’haltérophilie. Présent dès les premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne en 1896, l’haltérophilie est un sport qui a du mal à traverser les âges et à vaincre les préjugés. Considéré, à tort, uniquement comme un sport de force, l’haltérophilie sublime en réalité également la vitesse, l’accélération, l’explosivité. Soit des éléments cruciaux dans le football.

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Une optimisation du rapport force/vitesse

À l’heure où de nombreux observateurs et fans de football sont encore réticents quant à l’apport de la musculation (que beaucoup trop réduisent à tort au bodybuilding) dans le football, l’haltérophilie a encore du pain sur la planche pour se faire complètement accepté. Heureusement, la popularité du crossfit a permis une démocratisation de l’haltérophilie et les footeux sont de moins en moins frileux à l’idée de s’essayer à l’arraché et à l’épaulé-jeté. Mais pourquoi l’haltérophilie serait bénéfique pour le football ? Tout d’abord parce qu’il permet de travailler avec harmonie le rapport entre force et vitesse, qui permet notamment d’optimiser sa vitesse et sa détente verticale.

En effet, les deux mouvements olympiques de l’haltérophilie peuvent se décomposer en plusieurs phases. Après avoir assuré un bon place, la première phase du mouvement consiste à soulever une charge au sol (force), ce qui va mobiliser toute la chaîne musculaire en commençant par les chevilles jusqu’aux épaules. Dans la seconde phase du mouvement, il faut donner de l’accélération pour pouvoir propulser ou tirer la barre (chargée ou non) au niveau de sa poitrine. Dans la troisième phase, il s’agit de se servir de l’accélération pour pouvoir porter la charge au-dessus de soi (transfert de force/puissance). Enfin, il faut être capable de stabiliser cette charge au-dessus de soi (force et équilibre).

Vous pouvez donc constater que l’haltérophilie permet un travail complet des qualités athlétiques et qu’il ne mobilise pas uniquement la force mais aussi la vitesse, la puissance (force x vitesse), l’équilibre et le transfert de force, sans compter qu’il permet aussi un travail de triple extension (chevilles, genoux, hanches), qui est récurrente lors d’un match de foot. Cette pratique permet aussi de travailler les différents types de contraction musculaire, à savoir la contraction concentrique, excentrique, isométrique et même la pliométrie (sur la phase de tirage).

Une discipline très technique qui doit être encadrée et contrôlée

L’autre atout principal de l’haltérophilie, c’est que les mouvements doivent être réalisés à très grande vitesse et à haute intensité. Mais ces mêmes mouvements nécessitent une maîtrise technique parfaite pour éviter les blessures. Pour peu que la charge soit trop élevée, un mouvement mal exécuté peut engendrer des compensations maladroites pouvant entraîner des blessures. C’est pourquoi faire appel à un préparateur physique ou un coach sportif diplômé est une condition sine qua non si vous souhaitez vous lancer.

Pour une bonne progression en toute sécurité, il est conseillé d’apprendre les différents mouvements avec un bâton de fitness avant de passer à une barre non chargée. Une fois les mouvements complètement maîtrisés, votre préparateur physique ou coach sportif commencera à ajouter des charges, qui seront normalement de plus en plus lourdes. Pour les footballeurs et footballeuses, il n’agira pas de faire de l’endurance de force mais plutôt de travailler sur des répétitions courtes et de les coupler avec des mouvements de pliométrie (des sauts ou des sprints). Bien dosées, ces séances d’haltérophilie vous permettront à coup sûr d’optimiser vos performances athlétiques.