Après la courte victoire de l’Iran sur le Maroc un peu plus tôt dans la journée, le groupe B assistait déjà à son choc. Le Portugal et l’Espagne se rencontraient au stade Olympique de Sotchi pour une "finale" de la poule. Les deux équipes ont vécu des journées agitées ces derniers temps entre les demandes de résiliation de contrat des joueurs du Sporting CP (Rui Patricio, William Carvalho, Bruno Fernandes pour ne citer qu’eux) et le licenciement de Julen Lopetegui côté espagnol. Le nouvel entraîneur du Real Madrid a laissé sa place à l’illustre Fernando Hierro. La Roja évoluait en 4-2-3-1 avec Nacho en latéral droit, une association Busquets-Koke devant la défense et un milieu créatif composé de David Silva, Iniesta et Isco. Les Portugais eux se présentaient en 4-4-2 avec Ronaldo et Guedes devant.

Et c’est d’ailleurs le Ballon d’Or qui lançait les hostilités dans cette rencontre. Dans la surface, il prenait de vitesse Nacho qui le déséquilibrait. Il ne tremblait pas face à De Gea et ouvrait le score sur penalty (1-0, 3e). La Seleçao pouvait vivre le meilleur scénario possible en attendant la Roja dans son camp pour profiter de contres. Certes, elle subissait un peu comme avec cette reprise de David Silva au-dessus (10e), mais elle profitait de la vitesse de ses attaquants devant. Guedes filait une première fois au but, mais se heurtait à Piqué (17e). Il effectuait ensuite le mauvais choix après une merveille de passe de Bernardo et un subtil décalage de Ronaldo (22e). La concrétisation n’était pas au rendez-vous et l’Espagne en profitait.

Ronaldo le super héros portugais

Sur un long ballon, Diego Costa gagnait son duel avec Pepe. Isolé face à deux défenseurs, l’attaquant effectuait une série de crochets et battait Rui Patricio sur sa droite (1-1, 23e). La Roja revenait vite et frôlait même un but d’extraterrestre par Isco dont la frappe surpuissante rebondissait sur la barre et la ligne du portier portugais (26e). La Seleçao das Quinas avait loupé le bon coup et commençait à subir sérieusement car elle touchait de moins en moins de ballons. Iniesta y allait de sa tentative croisée qui venait lécher le poteau (35e). Mais sur la dernière occasion de la première mi-temps, Ronaldo héritait d’un bon ballon à l’entrée de la surface et tirait en force à ras de terre. De Gea semblait serein, mais commettait une énorme faute de main qui profitait à la star portugaise (2-1, 44e). Ronaldo et le Portugal n’en demandaient pas temps, eux qui menaient à la pause.

On les pensait bien lancés dans cette rencontre décisive sauf que la Roja renversait la situation en quelques minutes. David Silva au coup-franc pour la remise de Piqué et c’est Diego Costa qui surgissait pour égaliser (2-2, 54e). Dans la foulée, Nacho donnait l’avantage à son équipe d’un but somptueux. Sans contrôle, le latéral envoyait une demi-volée qui tapait le poteau avant de rentrer (2-3, 58e). Ensuite, plus grand-chose à se mettre sous la dent avant la fin du match. L’Espagne paraissait supérieure mais le Portugal n’abdiquait par pour autant. Il fallait attendre la fin de rencontre pour un dernier rebondissement. Piqué commettait une faute évitable, offrant un excellent coup-franc à Ronaldo. La star prenait la balle au bond et frappait dans la lucarne d’un De Gea à nouveau battu (3-3, 87e), arrachant l’égalisation. Le Portugal frôlait même la victoire si Koke n’avait pas taclé dans les pieds de Quaresma (90e+2). Les deux équipes se séparent sur un nul spectaculaire et donnent le ton pour le reste de la compétition.

Revivez le film de la rencontre entre le Portugal et l’Espagne.

L’homme du match : Cristiano Ronaldo (9) : très remuant, il obtenait un penalty suite à une faute de Nacho dès le début du match. Il se chargeait de le transformer dans la foulée (1-0, 4e). Solide dans ce début de match, le joueur du Real Madrid délivrait un caviar pour Gonçalo Guedes qui ne parvenait pas à marquer (22e). Excellent dans ce match, il s’offrait un doublé en profitant d’une erreur de David De Gea (2-1, 44e). Moins constant en seconde période, il donnait le match nul à sa formation sur un coup franc magistral (3-3, 87e).

Portugal :

- Rui Patrício (5) : peu inquiété dans le début de rencontre, il vivait un match serein. Pourtant, il s’inclinait devant une frappe de Diego Costa (1-1, 23e). Il a ensuite subi une frappe exceptionnelle d’Isco, mais était sauvé par sa barre transversale (26e). Par la suite, il manquait de se faire surprendre par Andrés Iniesta (35e). Toutefois il s’imposait parfaitement devant une tentative d’Isco (42e). Il encaissait ensuite un second but signé Diego Costa (2-2, 54e) puis un nouveau de Nacho (3-2, 58e).

- Cédric Soares (6,5) : volontaire, il n’a pas rechigné sur les efforts et s’est beaucoup projeté pour apporter le surnombre. À la hauteur, défensivement il n’a jamais sombré lors des temps forts de la Roja. Auteur de centres lasers, il est d’ailleurs à l’origine du deuxième but de Cristiano Ronaldo (2-1, 44e). Au retour des vestiaires, il connaissait davantage de difficulté face aux assauts des Ibères, mais ne rompait pas.

- Pepe (5,5) : assez serein, il rentrait parfaitement dans le début de match. Au contact avec Diego Costa sur le but de Diego Costa, il ne parvenait pas à obtenir la faute (1-1, 23e). Auteur d’un match correct, il n’est pas mis en cause sur les buts de la Roja. Une rencontre mi-figue mi-raison pour le joueur de Besiktas.

- José Fonte (4,5) : propre dans ses relances, il était moins souverain dans ses interventions. D’ailleurs, il était complètement dominé par Diego Costa sur l’égalisation espagnole (1-1, 23e). Moins performant que son collègue de l’axe ce soir, il a malgré tout été à la hauteur de la rencontre.

- Raphaël Guerreiro (6) : profitant de la performance en demi-teinte de David Silva, il a eu la possibilité de se projeter vers l’avant sans trop être inquiété. Plus en difficulté par la suite, il a eu le mérite de ne jamais être totalement débordé. D’ailleurs son apport dans le jeu a été intéressant.

- João Moutinho (7) : bien rentré dans la rencontre, il se distinguait par son calme et sa solidité. Précieux dans les phases de transitions, il était le liant parfait entre l’attaque et la défense. Propre dans ses interventions, le Monégasque est l’un des seuls Portugais a avoir su conserver son niveau tout au long de la rencontre.

- William Carvalho (6) : travailleur de l’ombre, il a avalé les kilomètres sans faiblir. Ratisseur, il s’avérait important dans les phases défensives avec des interventions salvatrices. Son impact dans les duels a d’ailleurs été déterminant en première période. En seconde mi-temps, il ne parvenait pas à rester aussi influent.

- Bernardo Silva (5,5) : appliqué techniquement, l’ancien Monégasque se montrait dangereux par sa percussion. Capable de casser les lignes, il était à la baguette sur un bon nombre d’actions lusitaniennes. Néanmoins son apport dans le jeu ne cessait de diminuer au fil des minutes. Remplacé par Ricardo Quaresma (69e), qui a apporté du danger en fin de rencontre.

- Bruno Fernandes (5) : moins en vue que ses partenaires d’attaque, il n’a toutefois pas à rougir de sa performance. Techniquement au point, il n’a pas eu beaucoup de déchet et s’investissait dans la récupération. D’ailleurs il dépossédait le ballon à un Espagnol avant de déclencher une frappe qui manquait le cadre (50e). Le joueur du Sporting laissait sa place à Joao Mario (68e) qui n’a pas réussi à faire des différences.

- Cristiano Ronaldo (9) : voir ci-dessus.

- Goncalo Guedes (4) : volontaire, mais assez brouillon, il manquait de réussite dans le dernier geste. Servi par Cristiano Ronaldo, il ne parvenait pas à doubler la mise (22e). Néanmoins il se faisait pardonner en offrant un deuxième but à son capitaine (2-1, 44e). Il était cependant dominé dans les airs sur le doublé de Diego Costa (2-2, 54e). Assez décevant à l’exception de son décalage pour Cristiano Ronaldo, il n’a pas suffisamment pesé malgré de gros efforts.

Espagne :

- De Gea (2) : le gardien de Manchester United a vécu une soirée bien compliquée. Pris à contre-pied sur le penalty de Ronaldo (4e), il n’a plus eu grand-chose à faire avant son erreur : une frappe de Ronaldo où il commet une grosse faute de main (44e). Il passe aussi une seconde mi-temps tranquille mais ne rassure par pour autant comme sur cette sortie mal maîtrisée face à Ronaldo (77e). Il est encore spectateur sur le magnifique coup-franc de CR7 (87e). Un match raté.

- Nacho (5) : préféré par Hierro à Odriozola, le défenseur du Real Madrid concède déjà un penalty après 3 minutes de jeu seulement. Une mauvaise mise en jambes dont il a eu du mal à se remettre. Souvent timide dans son couloir, les contres du Portugal ont calmé ses ardeurs où il obtient seulement un bon coup-franc (20e). Heureusement, il marque un but de l’espace d’une demi-volée en poteau rentrant (58e).

- Piqué (4) : un match plutôt discret où il ne s’est pas vraiment mis en évidence. Un bon signe pour un défenseur sauf que l’Espagne a pris deux buts ce soir. Il n’intervient pas suffisamment rapidement face à Ronaldo (44e) mais s‘est montré solide devant Guedes où il ne s’est pas livré (17e). Un ballon aérien dans son dos compliqué à défendre (67e) et surtout une faute qui offre le dernier coup-franc à Ronaldo (87e).

- Ramos (5,5) : une première intervention dans sa surface décisive face à Bernardo (2e) mais le capitaine a globalement souffert ce soir. Il ne s’est pas jamais jeté mais la vitesse de Guedes l’a gêné tout comme les déplacements de Ronaldo et les crochets de Bernardo. Son jeu long est toujours aussi appréciable. Il a mis plus d’impact en seconde période.

- Jordi Alba (5) : toujours aussi remuant sur son côté, le Barcelonais ne s’est pas montré assez décisif offensivement car il a manqué trop de centres (15e). Une intervention importante devant Guedes qui aurait pu marquer (22e) mais il a souvent affiché un peu de retard dans les pieds de Bernardo. Il a offert plus de disponibilité en seconde période (70e).

- Busquets (6) : pas grand chose à retenir de lui en première période. Sérieux sans être majestueux, il a réussi à aérer le jeu sur quelques situations. Averti (17e) pour une semelle, le Catalan a joué avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête pendant un moment. Cela ne l’a pas empêché d’être décisif sur le second but espagnol (54e).

- Koke (6,5) : un gros bagarreur au milieu et une belle association avec Busquets. Quand le second pense, le joueur de l’Atlético court, travaille et propose. Il est le poumon de l’entrejeu à côté des joueurs plus lents et moins mobiles que sont Iniesta et Busquets. Il a su se montrer disponible et n’a pas hésité à dépanner pour couvrir les montées des uns et des autres. Un tacle ô combien important dans les pieds de Quarsema (90e+2).

- David Silva (5,5) : titulaire ce soir, le Citizen a mis une période à se mettre en route. Trop discret dans un premier temps, on l’a vu par intermittence comme lors de ce manqué sur ce centre de Diego Costa (9e) ou cette tentative avortée après le centre d’Iniesta (21e). Beaucoup plus actif en seconde période où il est décisif d’un coup-franc sur la seconde égalisation (54e), il a fait étal de toute sa technique. Remplacé par Lucas Vazquez (86e).

- Isco (5,5) : comme David Silva, il a mis un certain temps à se mettre en route. Placé entre les lignes, il a d’abord été privé de ses partenaires par le bon placement portugais. Quelques bons ballons comme sur ce centre (10e) ou cette frappe monstrueuse sur la barre (26e). Du mieux par la suite, il a aussi su dépasser sa fonction en donnant un ballon désespéré pour le but de Nacho (58e).

- Iniesta (6) : Don Andrés a été un peu à la peine face à la doublette Moutinho-Carvalho mais il est parvenu à s’en sortir en dézonant. Il a reculé d’un cran pour mieux s’illustrer. Toujours aussi habile balle au pied, il a tout de mêm eu des choix parfois curieux, prenant des risques considérables pour essayer de sortir balle au pied (62e). Remplacé par Thiago Alcantara (70e) qui n’a pas montré grand-chose lors de sa rentrée.

- Diego Costa (8) : ce fut dur dans un premier temps pour lui car la Roja était coupée en deux. Une bonne remise pour David Silva (10e) jusqu’à ce qu’il prenne la lumière. Un premier but magnifique quand il se débarrasse de trois défenseurs (23e) puis un second où, parfaitement placé à la réception d’une remise de Busquets, il égalise une seconde fois (54e). Il fait vivre un calvaire à la paire Pepe-Fonte. Remplacé par Iago Aspas (74e) qui n’a pas eu le temps de se mettre en évidence.