Il est rare que la sixième journée de la Ligue des Champions soit encore importante et décisive pour bon nombre de formations. Cette année, par chance, c’est le cas. Celui de l’Olympique Lyonnais notamment. En effet, en cas de victoire face au RB Leipzig, que l’OL recevait au Groupama Stadium, les Rhodaniens prendraient la première place du groupe et seraient donc qualifiés pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. En cas de défaite face aux Allemands, couplée à une victoire de Benfica contre le Zenit Saint-Pétersbourg, les hommes de Rudi Garcia, qui s’est passé de Jeff Reine-Adélaïde au coup d’envoi, ne goûteraient pas le goût de l’Europe en ce début d’année 2020.

Et tout a très mal débuté pour les Français. Bien lancé dans le dos de la défense, Yussuf Poulsen envoyait le ballon en touche juste avant d’aller au contact avec un Anthony Lopes qui était sorti à sa rencontre (7e). L’arbitre désignait tout d’abord la touche avant d’aller vérifier l’action à la vidéo et de désigner le point de penalty (8e). Emil Forsberg ne se privait pas et prenait Anthony Lopes à contre-pied (0-1, 9e). On attendait une révolte lyonnaise, pour enflammer le match, mais celle-ci tardait à venir et les supporters commençaient à siffler leurs joueurs sur les passes en retrait. Une statistique, aussi, n’allait pas apporter du baume au coeur des Lyonnais. L’OL n’a remporté aucun match de Ligue des Champions en ayant été mené depuis 2011.

L’OL doit beaucoup à Houssem Aouar

En plus, l’OL allait être une nouvelle fois sanctionné d’un penalty. Lucas Tousart fauchait dans la surface Christopher Nkunku. Cette fois, pas besoin de VAR, l’arbitre désignait le point de penalty (32e) et Timo Werner le convertissait en frappant fort au centre du but (0-2, 33e). Autant dire que cela devenait très compliqué, mais en toute fin de première période, l’OL n’était pas très loin de marquer son premier but de la rencontre. Après un joli travail côté droit, Martin Terrier centrait à ras de terre, Memphis Depay freinait le cuir et Moussa Dembélé envoyait le ballon fracasser la barre transversale de Gulasci (45e +2). À la pause, les Lyonnais n’étaient pas à l’abri d’un but de Benfica qui les éliminerait de coupe d’Europe.

Dès le retour des vestiaires les Olympiens tentaient le tout pour le tout offensivement alors que Benfica ouvrait la marque, renvoyant les Lyonnais à la maison. Mais finalement, ils allaient trouver la faille. Houssem Aouar récupérait le cuir côté gauche, entrait dans la surface et envoyait une frappe enroulée incroyable dans la lucarne de Gulasci (1-2, 50e). Les hommes de Garcia reprenaient du poil de la bête, mais pêchaient toujours dans le dernier geste comme lorsque Moussa Dembélé était trop court sur un centre venu de la droite (64e). Memphis Depay s’essayait sur un coup franc très excentré, mais trouvait Gulasci au premier poteau (75e). Tout seul aux abords de la surface, Memphis Depay faisait à nouveau briller Gulasci (82e) et dans la foulée, Houssem Aouar envoyait un centre au deuxième poteau que le capitaine lyonnais reprenait et croisait sa frappe pour égaliser (2-2, 82e). À cet instant précis, l’Olympique Lyonnais était deuxième de son groupe et donc qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Et ils ont réussi à conserver ce score malgré une ultime grosse occasion des Allemands (86e). L’OL verra la Ligue des Champions en février prochain.

Retrouvez le film de la rencontre sur notre live commenté.

- L’homme du match : Aouar (7) : l’autre ailier lyonnais a perdu beaucoup trop de ballons (9) en première période. Il est apparu un brin perdu sur le terrain même s’il a été relativement bon dans les duels (cinq gagnés sur 10). Il serait probablement mieux un peu plus dans le coeur du jeu. Il nous a par contre offert un véritable bijou de frappe enroulée pour réduire l’écart (50e). Il s’est souvent servi des appels de Rafael pour repiquer dans l’axe. Il offre, d’un joli centre, le second but de l’OL à Depay (82e). Une très belle deuxième période de sa part.

OL :

- Lopes (4) : il n’a pas eu grand-chose à faire et ce qu’il a fait, a été plutôt mal exécuté. Il sort absolument n’importe comment dans les pieds de Poulsen et concède un penalty évitable (7e). Sur les deux penalties, il n’a pas pu faire grand-chose. Il n’a pas eu de travail du tout en seconde période.

- Tete (5) : le latéral néerlandais alterne vraiment le chaud et le froid. Offensivement, il se propose et ses qualités de vitesse lui permettent d’effectuer de bon retour. Mais il est encore un peu juste pour ce niveau et il s’est fait souvent bouger par ses adversaires directs dans le couloir. Plus offensif encore en seconde mi-temps, il a été utile.

- Andersen (5,5) : le défenseur lyonnais a gagné la plupart de ses duels en première période. Une attitude positive qu’on n’a pas forcément retrouvée dans d’autres secteurs notamment au niveau des pertes de balles (7). Plus haut en seconde période, il n’a pas eu beaucoup de travail, mais est resté relativement vigilant.

- Denayer (6) : le compère d’Andersen dans l’axe a eu plus de mal face à la vivacité des attaquants adverses que son coéquipier. Il a perdu trois duels sur les quatre qu’il a joués en première période et fait trois pertes de balle. Il aurait dû/pu être plus vigilant sur les appels dans son dos. En seconde période il a été plus solide et a offert son corps à la science en se jetant en toute fin de match pour sauver une occasion brûlante (86e).

- Rafael (5) : c’est un latéral droit initialement et on l’a vu. Souvent lorsqu’il s’est proposé sur son flanc gauche, tout du moins offensivement, il est revenu sur son pied droit pour tenter de centrer. Des pertes de temps évitables notamment lorsque les siens étaient en supériorité numérique dans la surface de réparation allemande. En difficulté sur le plan physique, il est remplacé par Fernando Marçal (73e), qui a tenté de bien fermer son couloir.

- Mendes (4) : ce n’est clairement pas le milieu de terrain de Lille et de ces dernières semaines. Il n’a remporté aucun duel en première période (sur quatre joués) et il a perdu huit ballons, ce qui est beaucoup pour un joueur qui est aussi censé organiser les offensives des siens. Il prend aussi un carton jaune pour une contestation sur le penalty (33e). En seconde période, on ne l’a pas vraiment vu, mais il a aussi joué beaucoup plus haut.

- Tousart (5) : on se demande encore pourquoi le milieu de terrain français tente de mettre son pied en opposition sur le second penalty obtenu par Leipzig (33e). Toutefois, il a remporté la moitié de ses duels (cinq sur dix) en première période et il s’est offert deux frappes. Toujours actif en seconde période, il est remplacé par Jeff Reine-Adelaïde (64e), qui a tenté de mettre un peu de vitesse et de tranchant dans les offensives lyonnaise.

- Terrier (6,5) : il a été l’élément le plus dangereux de l’Olympique Lyonnais en première période. C’est lui qui fait absolument tout sur la grosse occasion lyonnaise où Mousse Dembélé trouve la barre transversale (45e +2). Toujours dans le ton en seconde période, il a été précieux dans ses retours défensifs et ses propositions offensives, remplacé par Marcelo (87e).

- Depay (6,5) : il était attendu au tournant pour plusieurs raisons. La première parce qu’il est le capitaine de cette équipe et la seconde parce qu’il a évoqué ce qu’il fallait faire pour l’emporter et se qualifier. On l’a peu vu en première période avec un déchet conséquent (63,2 % de passes réussies), un petit duel remporté et dix-huit pertes de balle. Il a été au four et au moulin en seconde période faisant briller Gulasci et surtout en offrant la qualification à l’OL avec un but (82e).

- Aouar (7) : voir ci-dessus.

- Dembélé (5) : l’attaquant de pointes de l’Olympique Lyonnais a beaucoup couru tout au long de la première période et on l’a peu vu avec le ballon. Il a eu du mal avec les défenseurs adverses et il ne s’est procuré qu’une seule grosse occasion, en fin de première période, en envoyant le cuir sur la barre transversale de Gulasci (45e +2). Il a été plusieurs fois trop court en seconde période pour marquer son premier but en Ligue des Champions cette saison.

RB Leipzig

- Gulacsi (5,5) : le portier a été impeccable en première période. Une petite peur à noter peu avant la mi-temps suite à la double occasion lyonnaise qui a terminé sur la barre transversale. S’il ne peut rien faire sur la réduction du score d’Aouar (50e), il a cependant effectué un arrêt miracle sur un nouveau coup franc de Depay (74e) puis lors de son face-à-face avec le Néerlandais (81e) qui a tout de même réussi à le tromper sur l’action suivante (82e).

- Mukiele (5) : une première période très propre pour le latéral droit avec de nombreux dégagements et interceptions face à Terrier notamment. Il aurait peut-être dû se montrer plus pressant sur Aouar lorsque ce dernier a tenté sa chance et a sublimement réduit le score (50e). Il a ensuite écopé d’un carton jaune après une faute sur ce même Aouar (52e). De quoi noter une deuxième période beaucoup moins aboutie que la première.

- Klostermann (6,5) : le défenseur central a livré un premier acte plutôt solide, mettant notamment à mal Dembélé et Depay devant la surface de réparation. Il aura finalement remporté la quasi-totalité de ses duels n’hésitant pas à monter parfois devant le but lyonnais.

- Upamecano (6,5) : il a écopé très vite d’un carton jaune suite à une faute sur Aouar qui partait en contre (2e). À la suite de cela, il a remporté la majorité de ses duels face à un OL plutôt brouillon offensivement. Sur la seconde période, il a continué à se montrer important. Ce qui ne l’a pas empêché d’être sorti très tôt par son entraîneur. Remplacé par Ampadu (54e) qui n’a pas été le plus serein à son entrée malgré ses quelques interventions.

- Saracchi (3,5) : le latéral gauche a eu beaucoup plus de mal que son coéquipier sur l’aile opposée. Il a été à l’origine de quelques fautes suite aux nombreux duels qu’il a perdus en première période. Il a écopé d’un carton jaune après une faute sur Tete (62e). Cela ne s’est donc pas arrangé en seconde période.

- Nkunku (6) : l’ancien Parisien a fait très mal à l’entrejeu lyonnais de par ses déplacements et ses passes. Il a par ailleurs été à l’origine du second penalty de son équipe puisque c’est lui qui est victime de la faute de Depay (32e). Une performance qu’il a réitérée en seconde période malgré la plus grosse domination de la part des Lyonnais l’empêchant de se montrer autant offensivement. Remplacé par Laimer (76e) qui n’a pas eu l’importance qu’a pu avoir son coéquipier en première mi-temps.

- Haidara (5,5) : lors des 45 premières minutes, le milieu de terrain a été important dans la récupération et l’utilisation du ballon. Il a par ailleurs remporté le peu de duels qu’il a eu à mener. Cela a été plus compliqué en deuxième période alors que Lyon s’est montré plus pressant. Il aura manqué de réalisme dans les 30 derniers mètres.

- Demme (5) : un constat plutôt similaire à son coéquipier dans le milieu en première période. Des duels remportés et des relances pas forcément menées au mieux par son équipe. Il a été à deux doigts d’inscrire le troisième but de Leipzig avant de se faire reprendre de justesse par Rafael (65e). Outre cela, il aura aussi payé la montée en forme de Lyon dans la seconde partie du match.

- Forsberg (6) : tout comme Nkunku, lui aussi a fait plutôt mal à l’équipe lyonnaise de par ses nombreuses infiltrations. C’est lui qui a ouvert le score, sur penalty, en prenant à contre-pied Lopes (9e). Il aurait pu s’offrir un doublé, mais sa frappe en dehors de la surface est passée au-dessus après une nouvelle percée (60e). Tout comme lorsque Lopes a capté sa frappe (78e). Un manque de réalisme qui aurait pu amener une victoire à son équipe.

- Werner (5) : l’attaquant allemand n’a pas été au mieux, à l’image de son match aller où il a manqué de justesse en attaque, signalé bien souvent hors-jeu. Il a néanmoins inscrit le second penalty de son équipe en frappant fort au milieu de la cage (32e). Remplacé par Cunha (54e) qui n’aura pas fait beaucoup mieux que celui qu’il a remplacé.

- Poulsen (4) : le moins en vues des joueurs offensifs de Leipzig en première mi-temps. Si c’est lui qui subit la faute sur le premier penalty (9e), il n’a pas eu l’occasion de s’illustrer avec aucune frappe sur cette période-ci. Un constat qui est à noter également en seconde mi-temps.