Belgique : Rudi Garcia fait passer ses premiers messages
Officiellement nommé à la tête des Diables Rouges ce vendredi matin, le coach français de 60 ans a été présenté cet après-midi. Comme toujours, Rudi Garcia a su tenir un discours séduisant, chargé en messages. Extraits.

Changement de cap pour Rudi Garcia. Après avoir fait carrière en club (Dijon, Le Mans, Lille, AS Roma, Olympique de Marseille, Olympique Lyonnais, Al-Nassr, Napoli), l’entraîneur français, qui était libre de tout contrat depuis son départ de Naples, va découvrir le métier de sélectionneur. Nommé à la tête de la Belgique, il a succédé au très critiqué Domenico Tedesco. Une opportunité que le principal intéressé n’a pas mis longtemps à accepter. « Avec Naples, contrairement à ce que je peux lire, il y avait des résultats plutôt bons, mais quand vous avez un problème plus relationnel (avec le président De Laurentiis), les choses peuvent s’arrêter. Après Naples, j’ai convoqué mes adjoints plusieurs fois. On a fait quelques journées de rassemblement. On a balayé les clubs et les sélections qui pouvaient nous intéresser. C’est un autre travail parce qu’on n’a pas les joueurs au quotidien. Quand l’équipe nationale belge s’est présentée, évidemment que ça pouvait être intéressant pour moi. J’ai tout de suite dit que ça m’intéressait, que c’était le challenge sportif qui m’intéressait, pas l’économique », a-t-il indiqué, avant d’être relancé sur ce qu’il compte changer au sein de la sélection.
Garcia appelle à l’union sacrée
« Ce qu’il y a à changer ? Je ne sais pas encore, je vais amener la sauce Garcia. Influer sur le match, être acteur, s’appuyer sur nos forces et ne pas faire en sorte de s’adapter à l’adversaire, quel qu’il soit. On était une des meilleures nations au niveau mondial, on peut le redevenir. J’en suis certain. Ça passe par beaucoup de travail, de sérieux, de travail, d’écoute et que les joueurs ne veinent pas à reculons, comme j’ai pu le sentir. Il faut qu’on soit fier de venir porter ce maillot. » Devant son auditoire, Rudi Garcia n’a pas vraiment dévoilé les grandes lignes de son projet. Le Français s’est surtout contenté d’envoyer des messages positifs à une sélection en proie à de grosses dissensions en interne. Comme à son habitude, l’ancien coach de l’OM a donc sorti tous ses outils de bon communiquant pour envoyer un message fort, un message d’unité.
« Je peux juste vous dire que je suis très motivé. Depuis qu’on discute début décembre, j’ai toujours eu en tête cette sélection nationale. Elle a toujours un potentiel, il faut redorer les résultats de l’équipe. Elle était au top mondial il y a peu et ces derniers temps ont été compliqués. Il reste un grand potentiel. J’ai envie d’être entouré de gens positifs, dynamiques. Il faut me laisser le temps d’apprendre cette sélection et le pays même si j’ai eu la chance d’être frontalier quand j’étais à Lille. Il me faut du temps pour comprendre toutes les dynamiques. Je souhaite que tous nos supporters soient derrière leur équipe nationale. L’union fait la force. Il faut être conscient qu’il y a eu une génération dorée qui aurait été capable de glaner un Euro ou une Coupe du Monde. Aujourd’hui, il reste des joueurs de cette génération, qu’on va appeler les cadres, qui doivent jouer leur rôle et il y a un formidable potentiel de jeunes. Ça ressemble un peu à la France dans le sens où les jeunes joueurs belges sont déjà dans les grands clubs. On a tout un travail à faire avec ces jeunes pour les accompagner et les faire briller. Il y a un gros travail pour se connaitre, aller à l’essentiel. La Belgique a été première au classement mondial pendant des années. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, il faut faire des résultats et montrer au football mondial que la sélection belge est une sélection qui compte. J’en suis persuadé », a-t-il déclaré avant de confirmer les deux principaux objectifs de sa mission : « rester en poule A de Ligue des Nations et se qualifier pour la Coupe du Monde aux États-Unis, au Mexique et au Canada. »
Hazard et la génération dorée à la rescousse
Positif, rassembleur et ambitieux, Rudi Garcia a également confirmé l’information sortie plus tôt dans la journée, à savoir sa volonté de faire revenir Thibaut Courtois en sélection. Pour rappel, le portier du Real Madrid s’était brouillé avec Tedesco, qui lui avait enlevé le brassard de capitaine. Homme de caractère, Courtois avait alors déclaré en août 2024, après avoir raté l’Euro, qu’il ne comptait plus revenir chez les Diables Rouges tant que l’Italo-Allemand resterait en place. Tedesco parti, Garcia semble avoir marqué des points. « Je ne peux pas révéler tout ce qui s’est passé depuis peu, ça s’est conclu qu’hier. On avait évoqué cette histoire de pouvoir compter sur certains des joueurs expérimentés. Courtois en fait partie. Bien évidemment qu’on a de la qualité dans les buts avec Sels et Casteels. Mais quand vous avez le meilleur gardien du monde, ça serait bien de l’avoir. Les signes sont positifs, Thibaut aura l’occasion de s’exprimer. On compte bien sur lui, mais on verra ce que l’avenir proche nous réserve », a-t-il confié, avant d’ajouter qu’un certain Eden Hazard pourrait l’aider dans sa mission. « Il peut être important, il a fait partie de l’équipe. Je lui ai demandé des informations. Eden peut nous donner un coup de main pour ce rapprochement (avec les anciens). J’ai surtout parlé avec Eden Hazard. Il connaît tous les leaders de cette équipe. Il habite Madrid, donc c’est un avantage pour faire revenir Thibaut Courtois. Il sera à même de dire à certains joueurs ce qu’ils peuvent trouver avec moi à la tête de la sélection belge. Dans le staff ? Ce n’est pas du tout prévu comme ça, mais vous lui poserez la question ».
Rappeler Courtois, demander à Hazard un coup de main : vous l’aurez compris, Rudi Garcia compte toujours sur les grandes figures de la génération dorée belge pour remettre les Diables Rouges sur de bons rails, même si certaines ne sont plus sur les terrains. Et si certains voient plusieurs cadres sur le déclin et source de problèmes à cause de leur égo, Garcia, lui, leur a envoyé un message très clair. « J’ai toujours pensé que les grands joueurs étaient les plus faciles à manager. Il faut être honnête, transparent avec tout le monde. Le jeune sélectionnable a autant d’importance qu’un joueur expérimenté, sauf qu’il y a des joueurs qui sont des relais pour le coach. C’est intéressant d’avoir leur avis, notamment sur la préparation des matches. J’ai toujours eu par le passé beaucoup d’intérêt à discuter avec ces joueurs-là, pour leur présenter la philosophie de jeu. Si ces joueurs-là adhèrent, c’est très important pour l’équilibre du groupe. Les anciens ont un vrai rôle à jouer. Il faut qu’on soit tous remobilisés. Tout est encore possible. On a des objectifs clairs et on y arrivera avec l’adhésion à 100% de tous. » Le message est passé. Reste maintenant à savoir si cela sera suivi d’effets sur le terrain. Pour rappel, la Belgique disputera le barrage de Ligue des Nations face à l’Ukraine les 20 et 23 mars prochains.
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