432 jours. Avant la victoire en Andorre (132e mondial) vendredi (2-0), l’équipe d’Islande n’avait plus remporté un match depuis 432 jours (9D, 6N). Le dernier succès des Islandais remontait au 14 janvier 2018 (4-1 contre l’Indonésie en amical), et il fallait remonter encore trois mois plus tôt pour trouver trace d’un succès dans une compétition officielle internationale (2-0 contre le Kosovo le 9 octobre 2017, en qualifications à la Coupe du monde 2018). Une statistique qui en dit long sur la méforme récente des Insulaires, eux qui pointent aujourd’hui à la 38e place du classement FIFA, alors qu’ils étaient 18e il y a un an.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce déclin, après deux années de folie marquées notamment par un quart de finale à l’Euro 2016 et la première qualification de ce petit pays pour une Coupe du monde. Premièrement, le départ du sélectionneur Heimir Hallgrímsson, qui a décidé de partir lui-même l’été dernier, juste après le Mondial russe. Son remplaçant, Erik Hamrén, qui auparavant a passé sept ans à la tête de la Suède, a souvent changé de système (quatre formations différentes utilisées lors des quatre rencontres de Ligue des nations), même si le 4-4-1-1, utilisé contre Andorre, semble désormais être le dispositif privilégié par le tacticien suédois.

Un fiasco en Ligue des nations

Ces changements de système fréquents forment un paradoxe avec la relative stabilité de l’effectif, qui peine à se renouveler. Seuls deux joueurs ont moins de 23 ans. Les attaquants Albert Gudmundsson (21 ans, AZ Alkmaar) et Arnór Sigurdsson (19 ans, CSKA Moscou). Ce dernier, qui a disputé l’intégralité de la rencontre face à Andorre, semble incarner le futur côté islandais. S’il n’est pas encore un titulaire indiscutable à Moscou, il avait démontré sa polyvalence en décembre dernier lors de la victoire contre le Real Madrid en C1 (3-0), inscrivant un but et délivrant une passe décisive. « Arnór est extrêmement efficace et c’est, bien sûr, un bon joueur, indiquait à son sujet Freyr Alexandersson, l’adjoint d’Erik Hamrén, au journal islandais Morgunblaðið. Nous avons une équipe très expérimentée et il est l’une des grandes forces de l’Islande pour ces éliminatoires. Nous espérons que cela nous aidera en course. »

Mais il est difficile de s’imposer pour les nouveaux arrivants chez les Strákarnir okkar, qui tentent par tous les moyens de profiter jusqu’au bout de leur génération dorée. Leur échec récent en Ligue des Nations, marqué notamment par la claque reçue face à la Suisse (6-0), suivi d’une relégation en Ligue B (dernier de leur groupe avec zéro point), semble pourtant montrer qu’une revue d’effectif apporterait un plus dans un groupe vieillissant. Mais dans un pays de moins de 350 000 habitants, il est toujours compliqué de trouver un vivier de jeunes pépites. Qu’à cela ne tienne, l’équipe peut toujours aller piocher dans sa réserve, comme avec Vidar Örn Kjartansson (29 ans), qui a remplacé Björn Sigurdarson, blessé, et qui a inscrit le deuxième but des siens contre Andorre.

Un adversaire capable de tout

Quoiqu’il en soit, les Islandais restent tout de même des adversaires coriaces, capables d’être très bien regroupés derrière. Ils avaient d’ailleurs posé beaucoup de problèmes aux Bleus le 11 octobre dernier, menant 2-0 jusqu’à la 86e minute, avant que Mbappé ne permette aux Tricolores de décrocher un nul inespéré (2-2). Et pour la rencontre de lundi, ils semblent galvanisés, prêts à effacer les mauvaises prestations de l’an passé. « Je me prépare contre les Français à cent pour cent », a confié le capitaine islandais Gunnarsson, après à la victoire en Andorre.

Son compatriote dans les cages, le portier Halldórsson, a tenu des propos similaires : « le staff a déjà préparé notre tactique face aux Français et nous nous concentrons désormais sur cette rencontre. » Les Bleus sont prévenus, il faudra qu’ils soient efficaces au Stade de France (lundi soir à 20h45, match à suivre en direct commenté sur notre site), s’ils veulent rester invaincus face aux Islandais (le bilan en leur faveur est pour l’instant de 9 victoires et 4 nuls).