PSG : les questions que personne ne veut se poser après le succès époustouflant contre Chelsea
Malgré le succès spectaculaire du Paris Saint-Germain contre Chelsea (5-2) au Parc des Princes en 8e de finale aller de la Ligue des Champions, tout n’a pas été parfait dans la prestation parisienne. Derrière l’euphorie et les performances marquantes de certains joueurs, quelques interrogations subsistent et rappellent que l’exigence reste totale pour une équipe tenante du titre qui vise encore très haut en Europe.
Le Paris Saint-Germain a frappé un grand coup mercredi soir au Parc des Princes en dominant Chelsea (5-2) lors du 8e de finale aller de la Ligue des Champions. Dans un match spectaculaire, Paris a d’abord été bousculé avant de renverser la rencontre grâce à une seconde période étincelante, symbolisée par l’entrée renversante de Khvicha Kvaratskhelia, auteur de deux buts et d’une passe décisive. Entre la prestation parfaite de Bradley Barcola, le retour au but d’Ousmane Dembélé et l’activité précieuse de João Neves, le PSG a envoyé un message fort à l’Europe. Certains grinceront peut-être des dents à la lecture de cet article tant la soirée fut brillante. Mais le PSG est champion d’Europe et, comme le répète souvent Luis Enrique, l’exigence doit rester maximale. Derrière ce succès spectaculaire, quelques questions subsistent encore. Pas des signaux d’alarme, mais des points d’attention qui méritent d’être soulignés avant le match retour à Stamford Bridge mardi prochain.
Faut-il s’inquiéter pour Désiré Doué ?
Au milieu de cette soirée offensive réussie, la prestation de Désiré Doué a laissé un goût plus mitigé. L’ancien Rennais n’a pas été catastrophique, loin de là. Il est impliqué sur l’ouverture du score et délivre une passe décisive inspirée pour Dembélé avant la pause. Mais dans l’ensemble, son match a laissé apparaître une certaine déconnexion avec ses partenaires, comme si le jeune Parisien cherchait parfois à faire la différence seul plutôt que de servir le collectif. Dans un PSG aussi huilé offensivement, ce léger décalage saute rapidement aux yeux. Cette impression est d’autant plus marquante que son remplaçant a complètement changé la physionomie du match.
L’entrée de Kvaratskhelia a été foudroyante, avec une passe décisive et deux buts en moins d’une demi-heure. Le contraste a forcément marqué les esprits. Doué affiche pourtant des statistiques solides cette saison en Ligue des Champions avec quatre buts et deux passes décisives en sept matchs. Mais dans le contenu, il apparaît moins propre et moins influent ces dernières semaines, notamment en Ligue 1. Sa passivité sur l’action qui amène l’égalisation de Chelsea n’a pas aidé non plus. Le talent est indéniable, mais dans des soirées européennes de ce niveau, le PSG aura besoin d’un Doué plus constant. « Il y a toujours du bruit autour de nous, cela veut dire que nous sommes une grande équipe et un grand club. Il faut s’habituer à cela dans les grands clubs», soulignait bien Luis Enrique en conférence de presse.
La défense du PSG représente-t-elle un vrai problème ?
Si l’attaque parisienne a encore frappé fort, la défense continue de susciter quelques interrogations. Depuis un soir glacial du 13 février en Bretagne, le PSG a encaissé douze buts sur le dernier mois toutes compétitions confondues, avec trois réalisations concédées contre le Stade Rennais, trois contre l’AS Monaco en Ligue 1, et quatre sur la double confrontation en Ligue des Champions, auxquels il faut ajouter les deux pions pris face à Chelsea mercredi soir. Des chiffres qui interrogent pour une équipe qui ambitionne d’aller loin en Europe. Face aux Blues, les deux buts encaissés ont illustré certaines fragilités déjà aperçues ces dernières semaines. «Les erreurs défensives ? On est une équipe qui joue très offensif. Quand on joue comme ça, on peut prendre des buts… En face, il y avait beaucoup de qualité. Après, on reste très solides même si on peut parfois encaisser des buts, les autres équipes jouent très bien aussi. Mais le plus important, c’est qu’on a pu gagner et nous lancer pour le match retour avec cet avantage», a d’ailleurs affirmé Lucas Hernandez en zone mixte.
Sur ces actions, plusieurs erreurs évitables ont été observées. Nuno Mendes a notamment été fautif sur les deux réalisations londoniennes, tandis que Marquinhos a parfois semblé en difficulté face aux accélérations de Pedro Neto. Dans ce contexte, Willian Pacho a souvent été celui qui a sauvé les meubles avec des interventions décisives. Au-delà des erreurs individuelles, on a aussi aperçu des moments de flottement collectifs, avec des incompréhensions et un manque de communication entre les défenseurs. Rien de dramatique pour l’instant, mais face à des adversaires encore plus redoutables, ces trous d’air pourraient coûter bien plus cher.
Le traumatisme de la CAN est-il toujours présent chez Hakimi ?
La prestation de Achraf Hakimi mérite également réflexion. Le latéral marocain a livré un match correct, ponctué d’une passe décisive et de plusieurs actions intéressantes dans son couloir. Il est impliqué sur l’ouverture du score en lançant le premier décalage et participe également à la construction du second but. En toute fin de rencontre, son déboulé de cinquante mètres et son centre en retrait permettent même à Kvaratskhelia d’inscrire son doublé. Offensivement, Hakimi reste un joueur capable de faire basculer un match.
Mais ce match relance aussi un débat autour de sa forme actuelle. Depuis l’échec douloureux lors de la dernière CAN avec le Maroc, défait en finale à domicile contre le Sénégal dans un contexte tendu, le latéral parisien peine parfois à retrouver son volume de jeu habituel. Défensivement, il a encore souffert face à Neto et son positionnement très haut, voire même en repiquant dans l’axe, a parfois laissé des espaces dans son dos. Pour un joueur qui a été sacré Ballon d’Or africain 2025 et qui reste l’un des cadres du PSG, l’exigence est forcément élevée. Si Paris poursuit son aventure européenne et croise des équipes comme Liverpool ou Galatasaray, il faudra probablement un Hakimi encore plus dominant des deux côtés du terrain. Comme il l’a si bien fait la saison passée.
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