Real Madrid : rien ne va plus pour Florentino Pérez

Ces derniers jours, Florentino Pérez est au coeur d'une vaste polémique en Espagne, suite à la divulgation de fichiers audios privés où on l'entend dézinguer plusieurs personnalités passées par le Real Madrid. Parallèlement à cela, le président merengue doit gérer un mercato compliqué en raison de pertes financières colossales et les possibles conséquences juridiques liées au projet de la Super League.

Florentino Perez et Zinedine Zidane lors d'une conférence de presse du Real Madrid
Florentino Perez et Zinedine Zidane lors d'une conférence de presse du Real Madrid ©Maxppp
La suite après cette publicité

L'homme à abattre. À la tête de la Maison Blanche depuis 2009, après un premier mandat entre 2000 et 2006, Florentino Pérez, qui a été réélu président le 13 avril dernier, vit des jours difficiles. L'homme âgé de 74 ans est attaqué de toutes parts. Au niveau européen, sa fronde menée avec onze autres clubs pour la création d'une Super League n'est pas du tout passée aux yeux de l'UEFA, qui a menacé d'écarter les clubs récalcitrants, et d'autres poids lourds européens comme le PSG. Et si le projet est tombé à l'eau en 48 heures, puisque la majorité des écuries ont lâché l'affaire, Pérez, lui, n'en démord pas et y croit toujours.

Des menaces après le projet de la Super League

Mais ESPN a révélé le 5 juillet que les cadors de Premier League avaient demandé au patron de la Casa Blanca d'enterrer définitivement cette Super League sous peine de prendre des mesures pénales contre lui. À l'initiative de ce projet, Florentino Pérez pourrait donc être attaqué juridiquement, lui qui disposerait d'un délai jusqu'à début août pour mettre un terme à tout cela. Ensuite, cela se réglera donc devant les tribunaux. Une affaire dont se passerait bien le natif de Madrid, qui vit également une crise importante avec son club.

Au-delà de l'aspect sportif, puisque les Merengues sortent d'une saison blanche, le président a dû gérer le départ de son entraîneur Zinedine Zidane, qui l'a pointé du doigt dans une lettre ouverte où il a expliqué avoir manqué de soutien de sa part. Mais Florentino Pérez a assuré qu'il ne croyait pas que le Français avait pu écrire ces mots. Le président a également dû faire face à un autre départ de taille : celui de Sergio Ramos. Les discussions autour de sa prolongation de contrat n'ont pas abouti faute d'accord et le défenseur a rejoint libre le PSG. Ce qui n'est pas forcément passé auprès des supporters, attachés à SR4.

Un mercato et une gestion pointés du doigt sur fond de crise financière

Comme l'Espagnol, Raphaël Varane est aussi partant, ce qui n'arrange pas les affaires du dirigeant madrilène qui voulait en faire le successeur de Ramos. En pleine galère sur ce dossier, alors que le Français discute avec Manchester United, Pérez, qui fait face à des supporters inquiets voire remontés, doit gérer un mercato qui va au ralenti. Le dégraissage ne va pas aussi vite qu'espéré. D'autant que le club fait face à une crise financière. Hier, il a annoncé que le club avait connu une baisse de ses revenus estimée à 300 millions d'euros, auxquels «il faut ajouter la perte de nouveaux revenus qui auraient pu être réalisés en l'absence de la pandémie» entre mars 2020 et le 30 juin 2021.

Le Real Madrid a précisé ensuite que «le club passe d'une dette nette de 240 millions d'euros pour la saison 2019/2020 à 46 millions pour la saison 2020/2021». Dans le rouge financièrement, les pensionnaires du stade Santiago Bernabéu doivent vendre et vite. Recruter sera également très compliqué, eux qui ont accueilli libre David Alaba. Un soucis de taille donc pour le président merengue. Un président qui connaît d'autres problèmes ces derniers jours. Depuis mardi, El Confidencial publie les contenus de fichiers audios captés à partir de 2006, soit quelques mois après sa démission avant d'y revenir trois mois plus tard.

Des enregistrements compromettants

Remonté, il s'était lâché à l'époque sur de nombreuses personnalités de l'écurie madrilène comme Iker Casillas, qui en a pris pour son grade.«Il n'est pas le gardien de but du Real Madrid, que voulez-vous que je vous dise. Il ne l'est pas. Il ne l'a jamais été. Il a été la plus grosse erreur que nous ayons faite. Ce qui se passe, c'est que les...(l'enregistrement est interrompu) ils l'aiment, ils veulent lui parler... Je ne sais pas. Ils le défendent tellement... Mais, bon, c'est une des grandes arnaques». Raul, qu'il a traité "d'escroquerie" et qu'il accusé d'être à l'origine de son départ, a reçu le même traitement.

Le lendemain, mercredi, les extraits concernant CR7 ont été dévoilés. « Il est fou. Ce gars est un idiot, un malade. Vous pensez que ce gars est normal, mais il n'est pas normal, sinon, il ne ferait pas tout ce qu'il fait. La dernière bêtise qu'il a faite, que tout le monde a vu… Pourquoi pensez-vous qu'il ait fait cette bêtise ? » Son agent, Jorge Mendes, et José Mourinho (2010-2013) ont aussi reçu des tacles appuyés. Idem pour Vicente Del Bosque (1999-2003). «C'est un con. Il n'a jamais entraîné, il ne sait pas non plus entraîner. Il ne sait pas manager, il ne connaît rien à la tactique (...) Il ne sait rien».

Fabio Coentrão a aussi été visé : «encore un qui n’a rien dans la tête et Madrid mange ces gars. En ce moment, il fait de la merde et Mourinho est un idiot… Ce n'est pas qu'il ne veut pas jouer... Bon, il est un peu débile. Il conduit sans permis... Cela dit, il a été débordé par la pression, parce qu'il est malade. Mais l'autre s'en fiche s'il est malade parce que ça le tue». Ce jeudi, El Confidencial a publié le cinquième volet des enregistrements, captés entre mars 2007 et octobre 2012. Et c'est tout aussi compromettant pour l'homme qui a habituellement un discours posé en public. Cette fois-ci, on y entend Pérez se payer la presse et certains journalistes et mettre des coups de pression.

La contre-attaque de Florentino Pérez et du Real Madrid

Dans la tourmente, le président du Real Madrid a décidé de se défendre dès mardi via un communiqué de presse publié sur le site officiel de son club. «Suite à l’information publiée dans El Confidencial, dans laquelle figurent des phrases qui me sont attribuées, je crois qu’il est nécessaire de clarifier certaines choses. Les phrases reproduites sont prononcées dans des conversations enregistrées clandestinement par M. José Antonio Abellán, qui tente de les vendre sans succès depuis de nombreuses années. Il est aujourd’hui surprenant que, malgré le temps qui s’est écoulé, le journal El Confidencial les publie aujourd’hui».

Il a ajouté ensuite : il s’agit de phrases isolées tirées de conversations et sorties du contexte général dans lequel elles s’inscrivent. Si elles sont publiées aujourd’hui, alors que tant d’années se sont écoulées depuis que ces conversations ont eu lieu, je le vois comme une réponse à ma participation en tant que l’un des promoteurs de la Super League. J’ai remis l’affaire entre les mains de mes avocats qui étudient les actions possibles à entreprendre. Prêts à contre-attaquer, le patron ibérique et le Real Madrid sont à nouveau montés au créneau ce jeudi, après la publication du cinquième volet.

José Antonio Abellán, le journaliste qui avait les écoutes en sa possession, y est clairement visé. «Onda Cero révèle qu'Abellán a eu une rencontre en 2011 avec le vice-président du Real Madrid Eduardo Fernández de Blas, au restaurant Combarro, au cours de laquelle il l'a fait chanter en lui demandant 10 millions d'euros pour faire disparaître les enregistrements audio illégaux et manipulés». En pleine crise, le Real Madrid doit donc gérer cette fâcheuse affaire. Ce qui n'aide pas un Florentino Pérez qui s'était déjà fait de nombreux ennemis ces derniers mois.

Plus d'infos

Commentaires