Dix-neuf mille kilomètres à vol d’oiseau et pour s’y rendre trente heures de vol, avec au minimum une escale. Ce coup-ci, l’échange sera téléphonique. Au moment où il décroche, Maxime Oliveri sort de l’entraînement. « Une bonne partie consacrée au physique, ce soir ». Forcément, après un Christmas Break bien mérité. Il est dix heures du matin à Paris, vingt-deux heures à Napier. « C’est assez extraordinaire quand on y pense que l’on arrive à communiquer en direct, alors que je suis dans le futur par rapport à toi », lâche au bout du fil l’homme à la barbe fournie, détail découvert dans la presse locale. Quelques secondes de décalage entre les questions et les réponses. La chaleur estivale de Napier, station balnéaire située sur la côte Est de l’île du Nord de l’archipel néo-zélandais, transparaît dans la voix du joueur qui a fêté ses trente-et-un ans au début du mois de décembre.

Sur les rives du Pacifique, la trêve de décembre coïncide avec la venue de l’été. Les palmiers n’ont pas de guirlandes et le Père Noël gare son traîneau à même le sable, vêtu d’un costume sans manches de rigueur pour supporter les 30° à l’ombre. Maxime Oliveri nous raconte brièvement sa séance avec Hawke’s Bay United, club du milieu de tableau d’ISPS Handa Premiership, première division du football néo-zélandais, qu’il a rejoint au mois d’octobre dernier, à l’aube d’une nouvelle saison. Intégré à la Ligue Nationale, Hawke’s Bay United est, comme les neuf autres clubs affiliés, considéré comme professionnel. « La Ligue est professionnelle. Sept clubs de première division, dont Hawke’s Bay, évoluent sur l’île du Nord, trois sur l’île du Sud. Tous les déplacements se font en avion », explique le joueur.

L’ISPS Handa Premiership dans l’ombre du rugby et du cricket

Pour se déplacer sur la pelouse du Hamilton Wanderers, son adversaire le plus proche géographiquement, le club de la baie doit tracer à 300 km au nord. On comprend que la voie des airs soit privilégiée. « Là, on va aller jouer à Canterbury, sur l’île du Sud, un match important dans la course aux plays-offs ». Comme la plupart des villes de cet archipel d’environ 5 millions d’habitants, Napier dispose de son propre aéroport. « Tout est à 1h30 d’avion », explique Maxime Oliveri, qui loue l’organisation bien huilée d’un championnat qui n’attire pourtant pas les foules. « Les supporters qui suivent le championnat national sont très peu nombreux. Ici, le rugby remporte tous les suffrages. On parle de l’élite mondiale. Il y a aussi le cricket, deuxième sport national. Le rugby est joué l’hiver, alors que la saison de cricket se déroule l’été, en même temps que le championnat de football. Et il n’y a pas débat ».

À écouter Maxime Oliveri, le football prendra une place plus importante en Nouvelle-Zélande le jour où son approche chez les plus jeunes évoluera. « Les infrastructures sont là. Il y a la surface disponible pour développer ce sport. La désillusion vient du fait que les enfants font du foot comme ils feraient n’importe quel autre sport à l’école. C’est un hobby, une activité scolaire. Ils ne s’intègrent pas dans un cursus de développement footballistique. C’est beaucoup plus récréatif. Un peu comme en Amérique-du-Nord », regrette-t-il. En attendant, l’expatrié essaie de comprendre la culture du sport local. « Je m’intéresse à la culture maori. J’essaie aussi de comprendre les rouages de la formation sportive « élite » du rugby chez les jeunes locaux. Je ne sais pas si j’aurai le temps d’avoir toutes les réponses que je cherche, mais je m’y attèle ».

Curieux de tout, le footballeur-entraîneur-voyageur a débarqué il y a quatre mois, avec comme but premier l’apprentissage de l’anglais. Un projet commun avec sa compagne, Marion, rencontrée lors d’une première expérience à l’étranger, au Canada. «  La rapidité des démarches pour obtenir un visa de travail nous a confortés dans l’idée de rejoindre la Nouvelle-Zélande. Pour avoir un PVT (Programme Vacance Travail) de douze mois, tout s’est fait rapidement. C’était un peu l’aventure ». En arrivant, sac à dos vissé sur le dos, le couple sait ce qu’il ne veut pas, mais ignore ce qu’il va trouver. « Je cherchais une continuité sportive en rejoignant un nouveau championnat et j’avais vraiment à cœur d’intégrer un effectif anglophone. Le football est le moyen que j’ai choisi pour m’intégrer dans des environnements complètement différents et à travers d’autres cultures », nous explique-t-il.

Dix candidatures spontanées, une vidéo, trois réponses positives

Prévoyant, avant de quitter la France, Maxime Oliveri démarche les clubs du championnat local. « Autant je pouvais commencer à être connu dans le microcosme du football semi-professionnel en France, autant en Nouvelle-Zélande on ne me connaissait pas du tout. Plusieurs joueurs que j’avais rencontrés au Canada et qui avaient voyagé m’avaient dit qu’il fallait que je puisse présenter une vidéo. Ce n’était pas trop mon truc les compilations dans lesquelles tu n’es qu’en réussite. Un match est un lot d’échecs et de réussites. Mais en Amérique-du-Nord, c’est l’industrie du faux, il faut taper dans l’œil. Le meilleur, rien que le meilleur ». La dernière séquence de la vidéo, visible sur Youtube, le voit marquer un but décisif contre l’Ukraine avec l’équipe de France universitaire, lors des Universiades 2015 en Corée du Sud. L’un de ses meilleurs souvenirs.

Le joueur se rapproche de la Fédération néo-zélandaise, récupère des contacts de clubs et d’entraîneurs et les sollicite directement. « J’ai expliqué le pourquoi de ma venue et ce que je souhaitais réaliser sur place. Suite à ça, sur les dix clubs que compte le championnat national, trois ont répondu favorablement à mon projet... ou à mon profil. Il ne faut pas se leurrer, au départ ce qui les intéresse c’est ton potentiel. C’est l’élément d’accroche. Et j’ai compris que la vidéo pouvait jouer un rôle ». De ces trois retours, celui d’Hawke’s Bay United et de son entraîneur, l’Anglais Brett Angell, retient toute son attention. Le pied à peine posé sur le tarmac, le joueur se dirige vers Napier, où il participe à une semaine d’entraînement avec le club local. Les premiers échanges le confortent rapidement dans l’idée de ne pas explorer d’autres pistes et de s’engager sous les couleurs de United.

Napier, lieu de villégiature des touristes locaux

Dans cette « petite ville art-déco, où tout est proche », Maxime Oliveri se sent bien. « Hawke’s Bay est une immense baie avec de grandes plages et des palmiers. On se croirait en Californie. La vie est agréable. Le quartier dans lequel je suis est un lieu de villégiature pour les locaux. Un peu comme si les Néo-Zélandais allaient à Cannes, Nice, ou sur la Côte-d’Azur. Napier est un peu considéré comme ça parce qu’il s’agit d’une région très ensoleillée ». Le Français n’aime pas la routine et est plutôt adepte de l’imprévu. Il aime aller explorer les environs au hasard, pour récupérer. Ses pérégrinations ne l’ont pas encore mené sur la fameuse colline située à quelques kilomètres de son point de chute, Taumata­whakatangihanga­koauau­o­tamatea­turi­pukaka­piki­maungah­oronuku­pokai­whenuaki­tanatahu, considéré par le Guinness Book comme le nom de lieu le plus long au monde, hommage à Tama­tea, person­nage ances­tral maori.

Observateur, il peut néanmoins décrire avec précision la variété de paysages qui composent l’archipel. « Sur la pointe nord, tu as l’impression d’avoir un décor des îles du Pacifique. Un peu comme Hawaï. Vers l’intérieur des terres, tu as la partie volcanique, avec de grands volcans. Le Mont Ruapehu, qui sert de cadre à certaines scènes du Seigneur des Anneaux, est assez impressionnant. Pour le 1er janvier, on est allé faire un grand trail, dans le Parc National de Tongariro, avec l’ascension du volcan. Fabuleux. Et puis quand tu te déplaces vers la côte est, tu découvres des forêts surprenantes, qui m’ont parfois fait penser aux forêts jurassiennes, avec de grands sapins. Si tu descends un peu plus au sud, vers Wellington, tu retrouves des pins, un cadre un peu plus méditerranéen. Et sur la partie ouest, du côté de la mer de Tasmanie, là c’est une jungle tropicale. Cela dépend où tu vas en fait », raconte le guide.

On mange avec l’adversaire après le match

Lorsqu’il ne se perd pas dans les décors de cartes postales de l’île du Nord, Maxime Oliveri a la tête tournée vers le terrain. Principalement celui du Blue Water Stadium. Un stade avec deux petites tribunes, une seule couverte, qui héberge plusieurs équipes. Capacité : 5 000 spectateurs. « Chez nous, le fonctionnement annuel se divise en deux. La saison d’été n’est que pour la Ligue Nationale, donc pour nous, Hawke’s Bay United, et la saison d’hiver n’est que pour les ligues régionales, donc les clubs régionaux. Ce qui fait que l’hiver les infrastructures sont attribuées au club régional du coin, le Napier City Rovers ». Niveau ambiance, il ne faut pas s’attendre à ce que la cousine néo-zélandaise de la LFP inflige des amendes pour usage d’engins pyrotechniques. « Il y a des supporters, oui. Il y a des gens qui se déplacent. Mais la ferveur est beaucoup plus familiale ».

Des familles entières qui viennent assister au match, celles des joueurs notamment. Mais pas de réelle ferveur ni d’ambiance transcendante. « C’est agréable, sympa, il y a un peu de monde, mais pas de chants ni de fumigènes, comme dans des clubs de National en France, sans parler de la première division bien entendu ». Sur et en dehors du terrain, l’ambiance est bon enfant. Un détail que le joueur apprécie. « Ce qui est agréable ici, c’est de redécouvrir le savoir-vivre dans le sport. A chaque déplacement, chaque réception, à la fin du match on mange côte-à-côte. Avec les joueurs adverses, tout le monde se parle. Je te parle d’un pays pacifiste, mais sur le terrain c’est aussi le cas. Il n’y a pas d’animosité, il y a de la compétition mais les gens viennent pour le plaisir du jeu ». Si un peu comme au rugby l’atmosphère est fraternelle, tous les acteurs ne sont pas logés à la même enseigne.

« Ici, on ne vit pas avec un salaire de footballeur »

En première division néo-zélandaise, tous les joueurs ne sont pas payés. Cela dépend des profils. Qualifiés pour les demi-finales de la Coupe du Monde des clubs (face à San Lorenzo), à la surprise générale, en 2014, les joueurs d’Auckland City avaient dû demander une rallonge de congés à leurs employeurs pour tenter de rejoindre le Real Madrid en finale. Ici, de jeunes joueurs ou des joueurs de complément d’effectif ne reçoivent pas les mêmes contrats que d’autres. « Moi, quand je me suis engagé avec Hawke’s Bay United, j’ai signé un contrat avec une rémunération. Ici, c’est par semaine. Ce n’est pas mirobolant. Si on vient en Nouvelle-Zélande en pensant gagner plus d’argent qu’en France ou en Europe, on se trompe. On ne vient pas pour ça. Cela aide toujours un peu. Mais en Nouvelle-Zélande on ne peut pas vivre avec un salaire de footballeur », révèle le joueur. À Napier, l’apport de la compagne de Maxime aide le couple à payer les factures et lui permet « de jouir d’une certaine qualité de vie ».

Mais pour Maxime Oliveri, l’argent n’a jamais été une source de motivation. « L’environnement a toujours primé. J’ai pu un petit peu gagner ma vie grâce au football, c’était chouette d’en profiter. Ce n’est pas le cas partout. Ici, j’ai mis cet aspect de côté pour pouvoir garder le plaisir de jouer. Mes expériences à l’étranger, dans des pays où le football n’est pas le sport phare, n’ont jamais été motivées par l’argent ». Pour certains joueurs, ce sont des jobs à temps partiel qui aident à boucler les fins de mois. Parfois précaires, ces boulots de complément courent les rues et attirent nombre d’expatriés. Parce que le pays donne beaucoup d’opportunités au niveau de l’emploi. Avec tout autant de flexibilité. « Si tu veux travailler, tu peux trouver du travail. C’est parfois non qualifié, tu as du travail d’usine, dans des cafés, etc. Mais il y a en tout cas beaucoup de possibilités de travailler en Nouvelle-Zélande », appuie le joueur.

Objectif Ligue des champions d’Océanie

Chaque continent a sa Ligue des champions. Et l’Océanie ne déroge pas à la règle. Les quatre premières places sont très convoitées en Premiership, puisqu’à la suite de la saison régulière et des 18 rencontres aller-retour, des demi-finales, puis une finale, sont disputées. C’est une opportunité, en compagnie du champion de la saison régulière, de pouvoir disputer la Ligue des champions d’Océanie (OFC). L’objectif est d’atteindre l’une des deux places qualificatives. « Je te dirais que c’est la suite au prochain épisode... On se positionne pour y participer. Les trois prochains matchs seront déterminants », évoquait Maxime il y a quelques semaines. Septième d’ISPS Handa Premiership, Hawke’s Bay United vient de conclure une série de quatre matchs sans victoire face à des équipes du Top 5. Si les demi-finales semblent désormais inatteignables, à quatre journées de la fin reste à terminer le travail et bien.

À titre personnel, Maxime Oliveri n’a pas eu trop de mal à s’acclimater à ce nouvel environnement. Titulaire lors de 13 des 14 matchs de Premiership disputés par Hawke’s Bay cette saison, l’Aixois a inscrit cinq buts et été élu meilleur joueur lors de la 9e journée. Au-delà des statistiques, ce milieu créateur infatigable et toujours en quête du geste juste est devenu la pierre angulaire du collectif cosmopolite des Blanc et Noir. Dans le championnat néo-zélandais, chaque club a le droit à un quota de six joueurs internationaux. « À Hawkes’ Bay United, en dehors des Néo-Zélandais, je peux côtoyer un joueur japonais, un Ukrainien, deux joueurs canadiens et des joueurs anglais. Il y a quand-même beaucoup d’internationaux », confie Maxime Oliveri, seul Français du championnat, dont la venue a fait son petit effet. « Avec l’effet Coupe du Monde, on m’a beaucoup parlé de cette réussite française. Forcément, c’est agréable quand tu arrives ».

Auckland et Wellington trustent tous les titres

À l’instar de la Ligue 1, où Paris, Lyon, Monaco ou Marseille font toujours figure de favoris qu’importe l’atmosphère qui règne autour du club, ici quelques équipes trustent le haut du panier, avec des budgets conséquents et des infrastructures solides. « C’est un championnat dans lequel on sent des différences entre les clubs. Que ce soit en termes d’investissement financier, au sein d’une ligue privée, mais aussi de niveau. Auckland City FC est historiquement le plus titré de Nouvelle-Zélande. Ils ont fait une très bonne première partie de championnat, ils font vraiment partie des gros calibres ». Avec 14 victoires et 1 nul en 15 matchs, les Navy Blues sont déjà qualifiés pour les demi-finales du championnat. Ils restent également sur 7 victoires lors des 8 dernières éditions de la Ligue des champions de l’OFC, s’appuyant sur un effectif de plus de 12 nationalités différentes et de nombreux naturalisés.

Outre Auckland, Team Wellington (3e), l’une des deux équipes de la capitale, est également très prometteuse. « C’est l’équipe qui a gagné le championnat et la Ligue des champions d’Océanie la saison précédente, qui reste sur une bonne dynamique. Je dirais que ces deux clubs là sont vraiment deux cadors ici, par rapport à l’environnement. En dehors de ces deux ogres, des clubs comme Hamilton United, Canterbury United, Hawke’s Bay United, dans lequel je suis, de taille moyenne, sont assez similaires dans la structure, dans le niveau. Et après on a des clubs un peu plus faibles, en termes de niveau et d’organisation, comme Tasman ou la jeune réserve de Wellington Phoenix* ». Sur le niveau global, justement, « de ce que l’on peut connaître en France, cela ressemblerait au championnat National », précise Maxime Oliveri.

Des championnats semi-pros qui lui vont bien

Le joueur n’a jamais été obsédé par le monde pro. Cela n’a jamais été un objectif affiché pour lui. Celui de prendre énormément de plaisir en jouant, ça oui. « Mes choix je les ai entrepris dans l’idée d’évoluer dans des clubs où l’on me ferait confiance. Où l’on me donnerait une chance de m’exprimer sur le terrain. Peut-être pas directement comme titulaire, on ne m’a jamais rien promis, mais un club où j’aurais ma chance. Si la Ligue 2 m’a traversé l’esprit ? Peut-être un jour. Mais ce n’est pas quelque chose que j’ai recherché. Arriver dans un effectif quantitatif, pour être le 2e ou le 3e au poste ? Etre remplaçant plus que joueur, cela ne m’intéresse pas. Peu importe le niveau, à un moment donné le plaisir vient par le jeu ». Le milieu de terrain privilégie l’humain, le voyage. Des rencontres éphémères qui le marquent. « On dit souvent « les voyages forgent la vie », pour moi les voyages c’est la vie ».

Avant de s’exporter à l’international, Maxime Oliveri a, en marge de ses études en marketing et en management, connu les différents échelons du CFA. Tout d’abord à l’EP Manosque, dans son sud natal, avant une aventure dans la banlieue d’Orléans, du côté de Saint-Pryvé Saint-Hilaire, sous les ordres de Reynald Pedros, où le football est pour la première fois son activité principale. L’Aixois rejoindra ensuite l’US Saint-Malo. De ses expériences dans les championnats nationaux, Maxime Oliveri garde le souvenir de montées successives et d’épopées mémorables en Coupe de France. Notamment du côté de Jura Sud, où il atteint les huitièmes de finale contre l’AJ Auxerre (0-1), futur finaliste (défaite de l’AJA face au PSG en finale). Tenté par les Etats-Unis et l’émergence de la MLS, le joueur passera finalement deux années au Canada voisin, du côté de Montréal, aux Griffons puis à Longueuil, clubs de D3 du Québec. Une expérience anglo-saxonne qui sonne comme une répétition avant le grand saut en Nouvelle-Zélande.

Arriver en terre inconnue... sans faire de bruit

Peu importe où il pose son sac, Maxime Oliveri semble comme un poisson dans l’eau. Caméléon, le joueur s’imprègne de ce qui l’entoure, en retenu et sans a priori, avec l’espoir d’être accepté par ses hôtes. « Quand tu arrives quelque part, il faut savoir t’adapter, sans imposer ton propre bagage ou ta propre éducation. Tu ne changeras pas le quotidien, ni ce qui est déjà mis en place là où tu arrives. Si tu débarques en tant que Français, pensant tout connaître, certain que tu as la plus belle langue du monde et que tu connais mieux le football que les Québécois ou les Néo-Zélandais, qui n’ont pas une grosse culture foot, tu ne fais pas de vieux os. Certains expatriés, qu’ils soient Français, Européens ou d’ailleurs, ont tendance à être comme ça. Mais ils ne perdurent pas ».

En Nouvelle-Zélande, le joueur a signé pour un an. Et son visa ne durera pas plus longtemps. Mais il ne veut surtout pas se projeter sur l’après. « Je n’ai encore aucune idée de la suite. J’aime bien m’investir à fond dans le moment présent. C’est aussi une façon pour moi de vivre à cent pour cent ces moments-là et de ne pas être déjà parti, de ne pas avoir la tête ailleurs ». Titulaire du diplôme d’entraîneur UEFA B, il partage son expérience, acquise notamment du côté de l’Impact de Montréal, auprès des U19 d’Hawke’s Bay, qui disputent le même championnat que les grands, en parallèle. Maxime livre des analyses tactiques et techniques sur les adversaires. « C’est quelque chose que je souhaite continuer et améliorer, d’un point de vue anglophone, avec l’objectif, pourquoi pas, d’entraîner à l’étranger dans le futur ».

L’importance d’avoir autre chose que le terrain

Jeune coach, Maxime Oliveri semble déjà avoir adopté certains préceptes. Notamment en ce qui concerne la vie en dehors du terrain. Peut-être que ceux qui ne sont pas que footballeurs ont quelque chose de différent. Quelque chose que l’on perçoit généralement une fois donné le coup d’envoi. Un certain détachement. « Si tu as autre chose que le foot, cela dédramatise la chose quand tu démarres un match. Tu es mieux dans ta tête et plus performant aussi », croit Maxime. À Napier, le joueur tente, en parallèle de ses activités à Hawke’s Bay, de développer un projet humanitaire. Aider des enfants de communautés en difficulté, dans divers endroits du monde, et leur transmettre des règles de vie à travers le football. « Une ONG. J’aime passer du temps dans la préparation de ce projet là. C’est un petit peu mon quotidien. Je vais à la rencontre des gens. Les gens, ici, sont très réceptifs, la jeunesse notamment ».

« Parfois, ces jeunes, en allant chercher l’impossible, n’y parviennent pas forcément, mais atteignent au moins quelque chose de mieux que la normale. Cette insouciance me rappelle que je l’ai encore moi aussi. Cela me permet d’oser des choses ». « Oser », un mot qui symbolise bien le parcours du joueur, aujourd’hui sur la côte pacifique de la Nouvelle-Zélande, demain ailleurs sûrement. Quand on se dit qu’il est l’heure d’aller déjeuner pour nous et dormir pour Maxime Oliveri, on a le sentiment d’avoir atteint la dernière page d’un truc très beau, qui contient tout. À mi-chemin entre le guide du voyageur intrépide et un manuel de sagesse et de confiance en soi, le tout dicté par la voix reposante de son auteur. Pourtant Maxime Oliveri n’aime pas lire. Pas encore du moins. Pour le moment, son truc à lui c’est d’être le personnage principal de l’histoire. Un rôle qui lui va bien.

*l’équipe première de Wellington Phoenix évolue en A-League, première division australienne, au Westpac Stadium, stade de 34 500 places. Le club de la capitale a remplacé en 2007 le New Zealand Knights FC dans le championnat australien. Sa réserve évolue elle en première division néo-zélandaise.