Taulier de sa génération en Ligue 1, il frappe à la porte des Bleus

Treize titularisations en Ligue 1 cette saison. De la génération 1999 qui évolue en France, seuls Boubacar Kamara, qui a démarré vingt-trois matches avec l’OM, Rafael Leao, quinze titularisations avec le LOSC, et Benoît Badiashile, présent dans la défense de l’AS Monaco à dix-sept reprises, font mieux au même âge. Cette expérience au plus haut niveau, à seulement 20 ans, est un argument qui pourrait bien faire pencher la balance du côté de Kalidou Sidibé au moment où Bernard Diomède, sélectionneur de l’équipe de France U20, couchera sur le papier les noms des joueurs invités à disputer la Coupe du Monde de la catégorie, en Pologne, du 23 mai au 15 juin prochain. S’il n’a encore jamais été appelé, ses concurrents au poste de numéro 6 en équipe de France, Boubakary Soumaré (13 entrées en jeu) et Michaël Cuisance (1 titularisation), jouent les seconds couteaux à Lille et au Borussia Mönchengladbach. Jean-Clair Todibo est lui en période probatoire au FC Barcelone.

Des problèmes de croissance au PSG, une explosion au Paris FC

Le Mali dans les veines, le jeune homme a choisi une photo des femmes de sa vie pour égayer son compte Twitter. Sourire aux lèvres, sa mère, sa soeur, qui l’ont aidé à grandir et surmonter les embûches à Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis, l’accompagnent depuis ses débuts, à Bry-sur-Marne, puis au PSG (U13-U15), qu’il quitte à 15 ans en raison de poussées de croissance. Le joueur grandit d’un coup et perd sa motricité. Il faut dire que c’est toute la fratrie des Sidibé qui en impose. Avec son mètre quatre-vingt-deux, Djibril, cousin de Kalidou qui fait les beaux jours de l’AS Monaco et des Bleus, fait figure d’exception. « Il ne pouvait plus jouer au football. Il lui aura fallu deux ou trois ans pour se stabiliser », raconte à Foot Mercato un proche du joueur. Kalidou intègre alors le Paris FC, chez les U17 nationaux, qu’il marque de son empreinte. Et c’est sans passer par la case U19 qu’il intègre le CFA, avec qui il ne tarde pas à se faire remarquer.

À Toulouse pour jouer numéro 6

À l’été 2017, Toulouse et Monaco lui font les yeux doux, le PSG est prêt à lui offrir une seconde chance. À l’étranger, Stoke City et le Red Bull Salzbourg se montrent curieux. Son choix se porte alors sur le Téfécé et la raison est simple. « Toulouse, souhaitait le développer en tant que numéro 6, là où il se plaisait, alors que les autres projets l’auraient certainement amené à basculer en défense centrale », précise l’entourage du joueur. Pour sa première saison en Haute-Garonne, Kalidou évolue quelques matches avec les U19 de Jean-Christophe Debu, avant de se faire une place dans la réserve de Denis Zanko (N3) et s’impose comme le titulaire au poste de numéro 6. Son éclosion coïncide avec le changement de poste de Jean-Clair Todibo, reconverti défenseur central. C’est d’ailleurs à ce poste que le FC Barcelone le recrute cet hiver. Le milieu de terrain manque de peu la montée en National 2, mais le club a d’autres projet pour lui.

Le « plus grand » joueur d’Europe a deux facettes

« Très famille », malgré l’éloignement le joueur s’est très bien acclimaté à Toulouse, où il se sent comme un poisson dans l’eau. De même au sein de l’effectif professionnel toulousain, qu’il a intégré l’été dernier. Très apprécié du staff, ses proches disent qu’il n’est pas la même personne sur et en dehors du terrain. « En dehors, il est très calme, souriant, il aime beaucoup rigoler. Sur le terrain, il parvient à garder son sang froid, mais il est très agressif, très dur sur l’homme, très peu impressionnable » , dit-on de celui qui du haut de ses 2m01 apparaît comme le plus grand joueur de champ des cinq grands championnats européens. Le 3 novembre, il profite de la blessure de Stéphane M’Bia pour célébrer sa première titularisation en Ligue 1, à la Meinau (1-1) et impressionne son coach, Alain Casanova, qui dira : « il a appris dix minutes avant son premier match qu’il allait être titulaire et il n’a pas froncé un sourcil, depuis, il franchit les étapes trois par trois ».

Il franchit les étapes trois par trois

Après seulement deux matches au plus haut niveau, Kalidou Sidibé a paraphé un premier contrat professionnel en novembre dernier. Lié au TFC jusqu’en 2022, il n’est pas certain qu’il reste dans la Ville Rose jusque-là. Lors de la rencontre disputée par le TFC au Groupama Stadium début mars (défaite 5-1 face à l’OL), des recruteurs venus d’Angleterre pour observer Ibrahim Sangaré, son partenaire du milieu, sont repartis avec des rapports sur le jeune Kalidou. Il faut dire que son profil colle aux attentes de nombreuses écuries de Premier League. Récupérateur hors pair, il perd peu de ballons. Son ratio passes tentées, passes réussies est impressionnant. Très mobile malgré sa grande taille, lorsqu’il joue 90 minutes, il passe très souvent la barre des dix kilomètres parcourus. « Malgré son double mètre, il est très technique. Il sort de l’ordinaire. Il est doté d’un très bon jeu en une touche et ne panique jamais », précise-t-on dans son entourage.

L’Angleterre et l’Allemagne s’intéressent à Kalidou Sidibé

Si le jeune milieu défensif aimerait s’inspirer de Sergio Busquets, la technique étant l’un de ses atouts, son agressivité le relie directement au championnat anglais, box-to-box. Dans le groupe toulousain, il apparaît en tout cas comme le joueur le plus puissant. À 20 ans, à six matches de la fin d’une première saison au plus haut niveau très prometteuse, Kalidou Sidibé attire déjà l’attention de nombreux clubs. Selon nos informations, ces jours-ci, le Toulouse FC reçoit des appels d’Angleterre et d’Allemagne. La France suit également de près les performances du jeune Toulousain. Il y a quelques jours, le joueur a franchi un nouveau cap en inscrivant son premier but en pro – et pas de la tête – sur la pelouse de la Mosson (défaite 2-1 du TFC face à Montpellier). De quoi faire grimper la cote d’un joueur à qui on serait tenté de promettre un avenir aussi grand que lui.